POLICE
tion des messageries , et distribué par elle à plusieurs personnes. Ces administrations se plaignent, car elles se posent en victimes ; elles se plaignent de ce que les tribunaux prononcent contre elles des amendes exorbitantes. Pourquoi? C'est parce que les tribunaux sentent très-bien que la généralité des citoyens est plus ou moins à la merci de ces administrations.
Ils profitent avec beaucoup de justice et de raison du seul moyen qui leur est laissé par la loi pour faire sentir à ces administrations qu'elles ne doivent pas abuser des ayantiges qu'elles se sont créés par une industrie aussi légitime qu'honorable. 11 résulte de ces abus qu'on en est arrivé à l'absence totale de concurrence, en vertu de la coalition entre deux puissantes entreprises, qui ont en ce moment le monopole des grandes routes de France, et qui, dès qu'il s'établit sur un point quelconque de notre territoire une entreprise, quelque modeste, quelque utile, quelque réclamée qu'elle soit par les besoins de la localité, ont pour règle de détruire cette entreprise nouvelle par une baisse exorbitante de prix et de l'obliger à pactiser, à se subordonner à elles , à adopter leurs prix et leurs mesures. Il en résulte une véritable violation de la liberté d'industrie, en ce que cette liberté n'appartient plus qu'à deux compagnies en France; il en résulte des inconvénients pour tous les voyageurs qui sont à la merci d'une administration qui obtient ainsi la faculté de retarder les transports et d'exhausser des prix à sa fantaisie, et qui fait toujours payer avec usure au public toutes les dépenses qu'elle a faites afin de faire tomber des entreprises rivales.
Je ne crois pas qu'au fond on puisse élever des objections sérieuses contre la mesure que je propose. M. le ministre du commerce et M. le directeur général des ponts