EXPROPRIATION DES MONUMENTS HISTORIQUES
airs les plus précieux pour la religion , Fart et l'histoire nationale. Ceux qui n'ont pas encore disparu courent un risque quotidien de périr. Le pouvoir est resté jusqu'à présent désarmé en présence de ces abus du droit de propriété.
Si notre zélé collègue, M. le comte de Rambuteau, était présent, il vous dirait combien de peine il a eue pour ob-r tenir la cession de la tour Saint -Jacques -la -Boucherie, que TOUS connaissez tous, et qui est assurément un des plus beaux ornements de la ville de Paris. Il importe, selon moi , de déclarer que le Gouvernement possède les moyens légaux nécessaires pour déposséder, moyennant une juste indemnité , les propriétaires individuels de certains monuments d'un intérêt général, et qui seraient tentés de les détruire ou de les dégrader. Vous sentez. Messieurs, que l'autorité sera naturellement avare de ces déclarations d'utilité publique, puisqu'il faudra les faire suivre par l'emploi de sommes qui ne sont pas toujours à sa disposition. Mais lorsqu'une ville ou un département, ou le Gouremement lui-même, sera disposé soit à faire des sacrifices, soit pour rendre au culte une ancienne église, soit pour conserver le plus beau monument d'une localité, je voudrais qu'on pût le croire autorisé, par les mesures que nous avcms déjà votées , à procéder sans scrupule par voie de déclaration d'utilité publique, avec les conséquences qui en découlent.
Je ne veux pas fatiguer la Chambre par une plus longue énumération des considérations qui militent en faveur de cette idée, ou des précieux débris de l'art national qui sont à la veille de périr. Je rappellerai seulement que le Gouvernement actuel a déjà rendu les plus grands services à l'histoire et à l'art natioual ; et j'ajoute qu'il ne pourra point en rendre
n^ EXPROPRIATION DES MONUMENTS HISTORIQUES.
de plus grand que de veiller, par les moyensque j'indique, au trop petit nombre de glorieuses ruines qui nous restent ' .
(Extrait du Monileur du 13 mai 1840.)
Après quelques observations de M. le duc de Broglie à l'appui du vœu émis par M. de Montalembert, M. Vivien, garde des sceaux, répondit que le Gouvernement ne pourrait prendre à cet égard aucun engagement absolu , mais qu'il devait se réserver le droL d'agir suivant les circonstances.
I D'autres protestations élevées dans le cours de cette session de 1840 ^ faveur de la conservation des monuments historiques et contre le goût d<k^ nant des constnictions officielles se trouveront au volume de cette collee\î^ intitulé : irl et tiltirature.