‹ DiscoursChapitre 89 sur 100 · LES RÉFUGIÉS ET DON CARLOS · texte numérisé non relu

LES RÉFUGIÉS ET DON CARLOS

avec lequel je suis heureux de me trouyer souvent d*accord, demander la prorogation indéfinie des mesures plus ou moins rigoureuses contenues dans cette loi contre certaines classes de réfugiés. Je suis bien loin de désirer, comme lui, la prorogation indéfinie de cette loi ; je suis encore bien plus loin de regretter avec lui les 40 millions qui ont été dépensés par la France, non pas depuis dix ans, mais depuis treize ans, pour subvenir à la noble infortune de ses meilleurs auxiliaires.

Je crois au contraire que jamais dépense n*a été plus honorable, que jamais dépense n a été plus généreuse, plus vraiment politique, et qu'il n'y a pas de chemin de fer au monde qui puisse faire autant d'honneur à la France que ces 40 millions qu'elle a noblement versés dans cette main de la Pologne où le despotisme venait de briser une épée tirée pour la liberté et pour la France. [Très-bien I)

Je remercie donc M. le ministre de l'intérieur d'avoir établi cette distinction, que je crois essentielle, entre les réfugiés polonais et d'autres. Je n'ai nullement l'intention de blâmer ni même de juger les Espagnols qui ont pris les armes pour la cause de don Carlos; mais il est clair, il est évident, comme l'a dit M. le ministre de l'intérieur, qu'il y a une différence immense aux yeux de la France, du moins de la très-grande majorité des Français, entre les Espagnols partisans ou sujets d'un prétendant, et ces Polonais soulevés, non-seulement pour l'indépendance de leur patrie, d'une patrie que nous avons tous aimée et défendue, mais soulevés en même temps que la France était elle-même menacée par l'Europe, et qui ont cru qu'en s'armant pour leur pays , ils s'armaient aussi pour la France. [Nouvelle adhésion.)

Maintenant, puisqu'on a parlé de don Carlos, je demande

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