‹ DiscoursChapitre 91 sur 100 · KT DON CARLOS · texte numérisé non relu

KT DON CARLOS

il y a le fait et il y a le mode; j 'improuve le fait, je n*improuve pas moins le mode. Qu'on me permette à ce sujet de' conmiuniquer à la Chambre ce qu'on appelle, dans le jargon du jour, une impression de voyage. J'étais, il y a peu de jours, à Bourges; j'y allais par pure curiosité, pour y visiter les monuments ; j'ai été péniblement surpris, et dans le même sens que les deux nobles préopinants , à la vue de certaines mesures que l'administration de la police a cru devoir adopter pour exercer sa surveillance et pour assurer la captivité de don Carlos.

. Je trouve, par exemple, pour entrer dans les détails, qu'il est humiliant, comme le disait M. le marquis de Boissy toiit à l'heure, que le prince ne puisse pas, lorsqu'on lui donne la liberté de se promener, passer par où il veut, s'arrêter où il veut, descendre de sa voiture pour se rafraîchir, ou s'arrêter dans des maisons pour rendre des politesses qu'il a reçues.

Mais ce dont j'ai été le plus étonné, c'est de la présence manifeste, dans les rues de cette petite ville, de certains personnages assez mal vus partout. Moi qui allais y chercher des monuments du passé, j'ai été désagréablement frappé par la vue de certains monuments vivants , ambulants , de certains personnages de police qui existent, je le sais, dans toutes les grandes villes, mais qui s'y perdent dans la foule, tandis que, rassemblés sous tous les regards dans cette petite ville , ils produisent sur les habitants et sur les étrangers la même impression désagréable, la même répugnance que sur moi. C'est ce qui me fait dire que ce mode de captivité est humiliant, et pour le prince qui en est l'objet, et pour le pays où il est employé.

Après cela, je ne suis plus étonné de rien en présence de certains faits récents. Le ministère qui a l'esprit de faire tra-

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