MOUCHES DE SACRISTIE
Encore que parler de soi m'ait toujours paru d'un goût exécrable, je voudrais relever, ici, un fait personnel qui ne va pas sans quelques enseignements dont il me semble que tous doivent profiter.
J'ai, ces semaines dernières, proclamé à cette place el dans une autre feuille le dégoût que m'inspirent, ainsi qu'à la plupart des honnêtes gens, ces embras- i sades répugnantes de Nicolas lïet du Social-LucuUus. .
La presse nationaliste n'a pas bronché, d'abord pour ne pas me faire une réclame dont je n'ai, d'ailleurs, nul besoin, ensuite par sentiment de [»udeur, je dirais même de loyauté professionnelle, accolant, ô paradoxe I le nom de Massard ou de Millevoye à ce vocable de loyauté.
Deux journaux seuls ont pris la peine de moucharder mon c papier » à la police. Ce sont le Gaulois et cet immondicede l'abbé Garnier. Le Peuple français (16 septembre) dit:
De même que les bandits d'Aubervillers et de l'église Saint Joseph, propagandistes par le fait, les conférenciers et les écrivains du parti anarchiste sont-ils donc assurés de l'impunité ? En vertu de quel pacte scandaleux ont-ils le droit de mettre en action ou d'exprimer leurs théories — les plus abominables qui soient — sans que s'émeuvent ceux dont le devoir serait de faire cesser cette propagande infâme ?
Non, Barrés, lui-même, en dépit de son incurable abjection, non, Charles Maurras, malgré son fiel de monstre, sa haine d'infirme envieux et purulent, n^auraient osé descendre à un tel degré d'infamie.
Barrés, quand on le traite de cocu, va sur le terrain. Il tremble, mais il se bat. C'est un reptile au sang visqueux et glacé, qui fuit, puis se redresse... et mord. Ce n'est pas un indicateur de la Tour pointue.
Tl faut, pour celte honte, un juif renégat, un laveur de bidets comme Arthur Meyer; il faut un drôle surtout, pris dans Tespèce la plus ignominieuse, j'aj nommé celle des prêtres catholiques.
Ces bardachesen cotillons, trafiquants du mensonge
et laboureurs de la sottise humaine, ces chiens de sacristie, ces amants de vespasiennes, qui n'oseraient affronter le regard d'un homme ; ces gredins que la peur des coups et la crainte des gifles gardent en leurs tanières, envisagent la délation comme une arme naturelle. Ne pouvant être les pourvoyeurs du bourreau, ils se font les chiens du commissaire. Ils sont, dans la hideuse société bourgeoise, la seule classe de bandits qui ne défère à aucune espèce d'honneur. Puisqu'ils portent un uniforme et que les lois défendent de les tirer comme des bêtes puantes, des bétes nuisibles, qu'on ouvre sur eux les nocturnes tonneaux ; qu'on vide sur leurs tôtes les vases innommables !
Mais ce serait calomnier l'ordure et souiller Texcrément que de les répandre sur la face ignoble, sur le vêtement carnavalesque de ces escrocs, près de qui
les forçats, les cambrioleurs et les tantes sont des roses de délicatesse, des tulipes de vertu.
La Raison, vendredi, 20 septembre 1901.
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IX^ GHAyBRB CORRBCTIONNBLLB
Audience du 10 octobre 1901,
« Le Triomphe de la Domesticité »
en correctionnelle