‹ Discours civiques, 4 nivôse, an 109-19 brumaire, an 110Chapitre 7 sur 16 · DITE · texte numérisé non relu

DITE

Par Madame Cora Laparcebie, aux samedis populaires de VOdéon, le 7 mai 1899, au Grand-Théâtre de Bëziers, le le 27 août 1900 et par M. Edouard de Max à la salle des Sociétés savantes, le 26 février 1901.

Solnesê, — Une lour ! Que vouîexvous dire ?

Hilde Vangel. — Je pense à quelque chose qui s*élève... qui s* élève librement dans les airs.

HeiNrick Ibsen (Solness-le-Constructeur).

Dans le cloaque aux herbes pestileiites, Gonflé d'orgueil, de boue et de venin, L'impur dragon nage à travers les plantes.

Pour abriter le difforme et le nain, La plaine grasse a plus d'un lieu bénin,

Caserne, bouge, hôpital ou chaumine.

Entrez, les gueux, en loques, en sarreaux, Bétail humain dompté par la famine !

Pourtant, voyez ! Par les airs sidéraux, Montez, en plein ciel, droite comme un héros, La claire Tour qui sur les flots domine.

Une princesse aux lèvres consolantes, Rôdeurs blessés, y conduit par la main.

La voix se tait des foules insolentes Près delà dame au geste surhumain.

Venez goûter l'espoir du lendemain, A ses genoux : que vers elle chemine Le peuple exempt des geôles, des barreaux !

Un souffle tiède éclot la balsamine Et Floréal jase emmi les sureaux :

Car le soleil dore en tous ses vitraux La claire Tour qui sur les flots domine.

Eldorados, Icarie ou Salentes,

Fuyons cet air opaque et saturnin !

Plus de mensonge ou de guerres sanglantes I

Garguons la voile et rompons le funin 1

Là-bas, ainsi qu'à l'aube, un apennin,

Du temple neuf la crête s'illumine.

Prêtres abjects, rois, soudards ou bourreaux,

Juges souillant de leur honte l'hermine

Et de la foudre attisant les carreaux.

Voici, loin des gredins et des marauds,

La claire Tour qui sur les flots domine.

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