‹ Discours civiques, 4 nivôse, an 109-19 brumaire, an 110Chapitre 8 sur 16 · BALLADE POUR L'EXALTATION DE LA SALNTE PITIÉ · texte numérisé non relu

BALLADE POUR L'EXALTATION DE LA SALNTE PITIÉ

Vieux pèlerin aux jambes mutilées, Courbe la tête et vois grandir le soir !

Le crépuscule obombre les allées Où ta jeunesse, en riant, vint s'asseoir En des bosquets de myrthes et d'azalées, Près des grands lys aux parfums d'encensoir.

Les lys sont morts. Les roses diffamées, S'échevelant au gré du vent moqueur, Pleurent le deuil des lointaines aimées.

Avant que soient les ténèbres fermées, Gberche un autel où suspendre ton cœur !

Les Thalestris et les Penthésilées, Nympbes d'orgueil que tu crus émouvoir, Et ce laurier des victoires ailées, Ton rêve, meurt dans la nuit sans espoir.

Une hideur sort des plèbes foulées

BALLADE POUR l'eXALTATION 229

Gomme le vin qui gicle da pressoir.

Sous le talon assassin des armées Par qui le dol tortueux est vainqueur, Le sang humain exhale ses fumées Et, réjoui par la sombre liqueur, Le prêtre boit à lèvres enflammées :

Cherche un autel où suspendre ton cœur !

Aux cieux amis où s'en vont les galées, Sur la mer blonde et verte, pur miroir, Partent aussi nos amours esseulées.

Rires, baisers d'antan, frais reposoir Des jeunes bras, lèvres ensorcelées Qui nous dictaient le rythme et le devoir.

Novembre hurle et geint sous les ramées I Voici l'automne et sa morne langueur l Dans un linceul de regrets, embaumées, Triste et menant le funéraire chœur, Le chœur plaintif des sœurs et des amées.

Cherche un autel où suspendre ton cœur!

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