‹ Discours d'inauguration de l'École de médecine de Québec (incorporé e par un acte du Parlement) [microforme]Chapitre 7 sur 9 · NE CRE · texte numérisé non relu

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La structure du cœur offrit une nouvelle preuve de sa doctrine. Il demanda quelle serait l'utilité des valvules situées près de son orifice, et pourquoi les unes s’ouvriraient de dehors en dedans, et les autres de l’intérieur au dehors. Parceque, sépondit-il, les premières, fucilitent l’entrée du sang dans le cœur, et l’empêchent d’en surtir; et que les dernières permettent au sang de sortir du cœuretles empêchent d’y retourner. Je ne mentionne ceci que pour faire voir la manière décisive et claire avec laquelle il énonça toutes ses propositious, et les conelusions intéressantes qu’il en a tirées.

Ses divers expériences sur les animanx sont innombrobles.

II fit des recherches surle corps humain, avant ou après la mort ; il étudia toutes les fonctions et maladies relatives aux propriétés du sang ; doué d’une persévérance invincible, d’un jugement solide, et d’un savoir profond dans les diverses branches de k Médecine, il ne pouvait manquer de réussir.

Regardant en philosophe indifférent la fortune et la réputation, et méprisant le ridicule comme les éloges des ignorants et des dogmatiques, son génie lui inspira la confiance ; et il sut asseoir sa renommée sur la base la plus solide, la “ vérité éternelle.”

Harvey ne parlant qu’avec modestie de son mérite, parla avec franchise de celui des autres. Il usa de modération et de pis envers ses antagonistes. Quelle différence dans leur

ngage envers lui! Il est difficile, après unsi grand laps de temps, de décider sila plupart de ses adversaires, les plus émisents dans la profession, ont montré sur le sujet en litige plus de scepticisme impardonnable que d’ignorance. Aveuglés de zèle dans la défense de leurs opinions imagmaires, appuyés sur l’antiquité et jaloux de la renommée de sa découverte extraordinaire, als ne mirent aucune borne à leur rage et à leur odieux langage. D'un autre côté, Harvey observa avec douceur “ qu’il convenait mieux de vaincre l’opposition par la vérité ; s’ils considèrent avec moi, l’anatomie du plus vil insecte, ils trouveront Dieu aussi bien dans la plus humble que dans la plus sublime de ses créations.” Ses recherches lui firent concevoir la vénération la plus profonde pour le souverain Créateur qu’il regarda comme

auteur immédiat des opérations merveilleuses de la nature.

… Après les incidents que je viens d’offrir à votre considération, me permettrai d’en tirer une leçon utile, quoique pénible. essieurs, ilen est de notretemps comme de celui d’Harvey.

La Médecine ressemble encore à un champ clos dans lequel

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un trop grand nombre de ses professeurs pleins d'envie, de haine, de méchanceté et de mauvais propos, entrent en lice, et lancent avec le zèle de l’ancienne chevalerie, les traits enflammés d’emportements dégradants contre des confrères qui les égalent eu intelligence ou {es surpassent en succès. Permettez moi, jeunes Messieurs, de vous prémunir, avec toute la sollicitude que me donnent 30 ans d’expérience professionnelle, contre l'esprit de parti et l’intérêt égoïste. S'il est une institution humaine de laquelle on devrait bannir toute mauvaise * c’est assurément celle dela Médecine. Par une conduite toute opposée, vous deviendrez certainement les ornements et les piliers de votre profession ; maintenez l’honneur de la faculté, et ne prostituez dans aucun cas la dignité de votre profession aux vues sordides d’un intérêt personnel.

Je voudrais vous fuire observer, dans la peinture que je vous ai faite, que chaque étudiant doit y trouver un puissant aiguillon. Je dirigerai encor: particulièrement votre attention vers les dispositions et les connaissances acquises du savant Sydenhan.

L’esprit général du siècle fut tellement adonné à l’hynothèse et à la spéculation, que son exemple presque isolé ne put faire que peu d’impression sur l'opinion généralement entretenue en Médecine. Îl eut le talent de concevoir que l’observation seule des faits sert de base à toute science, et même à la démonstration de la vérité. On l’a surnommé l’Hypocrate anglais, et ils s’accordent en plusieurs points quant au caractère général, du système animal et à la manière d’en concevoir les opérations. Mais, pardessus tout, ils s’accordent à proscrire, dans le traitement des maladies, toute opinion spéculative sur leur nature ou ‘leur cause.

Sydenham observa avec soin l’action des remèdes sur les symptômes et découvrit ainsi la vérité en inter’ zeant la nature. Il soumit sa théorie aux faits, et non les fuits à sa théorie. Ilne reçut d’information que de son jugement, et n’adopta que les systémes appuyés sur la nature.

Il sut observer et apprécier les grands maîtres, et tirer avantage de leurs vérités sans épouser leurs erreurs. La nature l’ayant doué d’une qualité, sans laquelle le génie est une malédiction, il écouta, il étudia, et observa avec une attention infatigable.

H savait que toute crreur en Médecine était grave ; que pour

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l'éviter et obtenir une connaissance positive l’attention est indispensable. Si dans l’étude de votre profession vous voulez exceller et devenir les bienfaiteurs de l’humanité, vous ne pouvez être trop tôt convaincus de la nécessité d’être attentifs; un médecin quine l’est pas dans une maladie grave a un grand compte à rendre, ner à

La nécessité plus que le choix nous a fait passer sous silence les noms d’un grand nombre de célébrités du continent, tels que les Pinel, les Broussais, les Laennec, les Bayle ainsi que d’une foule d’autres pathologistes distingués; comme aussi les Bichat, les Cuvier, les Magendie ct plusieurs encore de ceux qui ont obtenu les plus beaux lauriers dans le département dela physivlogie, formant tous sans contredit une illustre réunion de médecins philosophes.

La même nécessité nous force de parler d’une manière un peu moins nominale,de beaucoup de médecins célèbres, illustres tant dans le Royaume-Uni, que dans les Etats-Unis d’Amérique.

Cependant le génie de Jean Hunter, si rempli d'enthousiasme, d'idées étendues, d’un esprit si inventif, mérite, dans un essai comme celui-ci, un peu plus qu’une simple remarque.

Pour servir d’encouragement et d'exemple au jeune étudiant, nous avons mentionné plusieurs noms dont le souvenir ne doit Jamais s’effacer.

Nous devons en justice, pour les hommes publics qui ont fait quelque bien de leurtemps, de signaler l’époque de leur vie active, afin de pouvoir peser les difficultés qu’ils eurent à surmonter, et les améliorations qu’ils ont effectuées.

Jean Hunter à l’âge mûr de 20 ans, ayant peu d’éducation, se rendit à Londres sur l'invitation de son frère William, qui était alors un professeur d’anatomie éminent dans.cette capitale. Il montra bientôt à l’école de son frère, la supériorité de ses talents ; et comme ilobservait avec soin la re pa de la nature, ilsut avec ln sagncité d’Ambroise Paré, en suivre les préceptes d’un œil de maître, et il ne manqua jamais son coup. Il savait toute suggestion qui lui était offerte, même accidentelement,.

S'il est flatteur pour l’homme de voir couronner d’heureux résultats les inductions de la raison, comme il est arrivé au grand

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homme qui a découvert le Continent de l'Amérique, ainsi qu'à Franklin qui éprouva tant d'inquiétude de l'issue de ses expèriences dans l’Électricité, Jean Hunter doit, comme ces hommes illustres, avoir éprouvé une satisfaction indicible.

Ses idées sur l'influence du système lymphatique sont vastes, hardies et originales, et prouvent la profondeur de ses connaissances anatomiques et physiologiques. Et n’ayant pas d’opinions abstraites ou spéculaiives, il étudia les faits.

Ceux qui, comme Hunter, ont consciencieusement rempli leur rôle, sont sûrs d’obtenir l’estime du monde, et de prospérer. Ils méritent la reconnaissance de la postérité, et sans laisser derrière eux cesmonuments magnifiques de génie et d’industrie active, qui font le sujet de ce court exposé, ils pourront, à leur dernier jour, dire avec lesavant Chesselden, et le classique et profond Pott “ ma lampe est presqu’éteinte, j'espère qu’elle a “ brûlé pour l'avantage d’autrui.”

La vérité marche maintenant à pas de géant. Le 18e siècle a fait disparaître le respect superstitieux qui empêchait d’examiner les morts pour l’avantage des vivants, et la pathologie approcha plus près de la perfection, par une connaissance plus intime du changement organique.

Voyez l’aimable et doux Mead; le judicieux et lucide Gregory, un des plus beaux ornements de la profession ; Baillie qui pour avoir long-temps médité les merveilleux ouvrages de son Créateur, éprouva des sentiments d’admiration envers PEtre Suprême, et qui avec une humble confiance dans les promesses du Rédempteur telles qu’expliquées dans l'Evangile, sut le regarder comme son espérance en cette vie etsa consolation à la mort ; enfin les Munros distingués par la justesse de leur jugement leur goût exquis, une science saine et d’infatigable recherches.

Heberdeen, comme Timothée, eut dès son bas âge un sentiment profond de religion, un grand amour pour la vertu; son plus ardent désir était de promouvoir les intérêts, la félicité de ses semblables ; ayant mené une vie active, le témoignage d’une bonne conscience, répandit la douceur et la sérénité sur ses derniers jours.

Jenner, disciple de Jean Hunter, fut béni de l’indien errant de l’Occident, et de l'habitant rusé ct jaloux du céleste empire,

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