DE CAMILLE JORDAN. XXV
des devoirs. On le verra successivement appelé et dans les assemblées législatives, et dans les Conseils du Roi. C'est à présent , Messieurs , que ma tâche deviendrait difficile , s'il entrait dans mes projets de l'accomplir tout entière, si je ne vous avais prévenus déjà que je me réservais de l'accomplir plus tard, et lorsque je ne serai contenu ni par les bornes du temps, ni par les convenances de l'assemblée. Je veux n'avoir à consulter que moi-même et la mémoire de Camille ; je veux n'avoir rien à démêler avec des considérations étrangères, avec des circonstances qui passent , avec de misérables susceptibilités. Les alarmes que pourraient faire concevoir mes discours seraient mal fondées sans doute , et néanmoins je ne veux pas les susciter. Mais , Messieurs , mettons-nous un instant au-dessus des opinions variables que fait naître la diversité des évènemens, et osons consulter un oracle qui ne change jamais, la conscience de l'homme de bien. Les uns, sans doute, trouveront que Camille suivait une route périlleuse; les autres approuveront tous les détails de sa conduite politique; et moi-même, je puis l'avouer, ne m'est-il pas souvent arrivé d'hésiter dans mes jugemens, non sur lui, mais sur quelquesunes de ses déterminations? Je le croyais entraîné,