‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 11 sur 63 · XXVJ ÉLOGE · texte numérisé non relu

XXVJ ÉLOGE

et ensuite j'ai compris qu'il n'avait été que sage.

Il ne faut pas se presser de condamner un homme

de bien , car souvent notre dissentiment avec lui ne

vient que de ce qu'il a su se mettre à l'abri de nos

propres préoccupations. Il a vu, avant nous, mieux,

et plus loin. Ce qui restera incontestable pour tous

les partis, c'est la parfaite probité de Camille, c'est

son irréprochable conscience. Il n'a jamais fléchi •

devant aucune considération. L'homme le plus doux

fut quelquefois amer dans ses paroles publiques,

dans ses écrits politiques, mais de cette amertume

qui tient à une parfaite conviction , à une sincérité

vive et profonde, à un sentiment absolu qui ne peut

comprendre les transactions.

Au reste, Camille fut encore étranger aux affaires

durant la première restauration ; on le vit seulement »

prendre une part très active à toutes nos fêtes municipales dont elle fut l'objet : nos princes , qui honorèrent de leur présence la ville de Lyon , ne manquèrent pas de faire l'accueil le plus distingué au proscrit de fructidor.

A l'époque fatale des cent jours, le devoir de Camille Jordan était tout tracé ; il y fut fidèle. Je n'ai point à vous entretenir. Messieurs, de ce funeste retour de l'île d'Elbe, et de l'état d'anxiété et de

Page 1