‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 13 sur 63 · DE CAMILLE JORDAN. XXXJ · texte numérisé non relu

DE CAMILLE JORDAN. XXXJ

tefois obtenir aucun triomphe. L'éloquence avait atteint son but puisque toutes les convictions avait été soumises, mais un destin aveugle refusait de se soumettre, et il semble que lui seul eût le pouvoir de résister à un tel ascendant. Mais ce qui augmentait encore l'effet des discours de Camille , ce qui ajoutait à la gravité, et j'oserai dire à l'inspiration de ses paroles , c'était son état de souffrance habituelle. On sentait que cette noble vie touchait à sa fin, que ce qui lui en restait encore était toujours sur le point de s'exhaler au milieu de ses véhémentes improvisations. C'est ainsi qu'à la session de 1820, il ne fit qu'apparaître un jour, et ce jour, on entendit réellement le chant du cygne.

Oui, Messieurs, depuis plusieurs années, la vie do Camille Jordan était une vie de souffrances continuelles. Il se soutenait à peine, dans les derniers temps , et il se faisait toujours un devoir d'assister aux séances de la Chambre, de se traîner à la tribune , si j'ose m'exprimer ainsi , pour accomplir jusqu'à la fin cette loi rigide et impérieuse de la conscience, dont jamais nul ne fut plus l'esclave. Chez lui, au milieu de sa famille, il continuait de recevoir ses -amis et ses collègues pour s'entretenir des destinées de la patrie , des destinées générales de

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