‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 15 sur 63 · A M. BALLANCHE · texte numérisé non relu

A M. BALLANCHE

Pàtia, i" juin i8a3.

C'est donc vous, mon excellent ami, qui acquitterez envers îa mémoire de notre cher Camille , dans la prochaine séance de l'Académie de Lyon, l'hommage qui lui était dû ; c'est vous qui lui élèverez cet autre monument , au sein de sa ville , de cette ville qu'il aimait tant , qu'il servit si bien ! Qu'il m'est doux de voir en vous l'interprète de la douleur commune, de la commune vénération! Qui mieux que vous peut exprimer des sentimens que votre coeur a si profondément ressentis , peindre des vertus dont vous avez respiré toute l'influence, un caractère que vous étiez si digne d'apprécier? Combien je vous félicite aussi d'avoir à remplir cette honorable et touchante mission! Quelle consolation vous allez goûter, en traçant ce tableau d'une vie qui eût été si précieuse pour un Plutarque, en l'exposant aux regards de ses concitoyens! Son ombre généreuse sourit en reconnaissant son cher Ballanche, daas celui qui vient remplir envers lui ce pieux ministère ; il eût aimé à être loué par vous! Il savait qu'il ne pouvait l'être par une bouche plus fidèle et plu* pure.

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Cependant, je dois vous l'avouer, mon ami, je ne puis me défendre aussi , pour vous , d'un regret sincère : je prévois que la nature , le but, les limites, les formes d'un éloge académique, ne vous permettront pas de satisfaire entièrement au besoin de votre .cœur, de traiter ce sujet dans toute son étendue, de vous attacher surtout à certains traits qui auraient pour vous un grand charme ; vous ne pourrez guère entrer dans les détails de sa vie privée, reproduire tout ce que le commerce de l'intimité vous faisait découvrir en lui; vous serez obligé de le considérer essentiellement sur le théâtre de la vie publique. Et cependant, vous le savez, mon ami, c'est précisément dans le commerce intime, c'est dans sa vie domestique qu'il nous a constamment offert les leçons les plus instructives, qu'il a pu révéler tous les trésors de sa belle âme et de sa raison' supérieure. Notre Camille était du très petit nombre d'hommes qui, sous le rapport moral, se montrent d'autant plus grands qu'on les voit de plus près. La vie publique ne fut pour lui qu'un accident dans lequel il se trouva manifesté.

H y a plus, et, chez Camille , l'homme privé seul peut , à mon avis , expliquer et faire véritablement connaître l'homme public et l'orateur : car , Camille était tout un: ses actions, son langage, sur un plus vaste théâtre, n'étaient que la conséquence natuielledes sentimens et des principes qui l'animaient dans toutes les positions de la vie. On l'avait compris tout entier, lorsque, en pénétrant au fond de

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cett« àme si sincère, on avait reconnu en lui l'homme de bien par excellence. Il a été, j'ose le dire, le modèle de l'intégrité et de la rectitude en tout genre. La morale était comme une sorte de lien logique, qui unissait le système de toutes ses pensées , de toutes ses déterminations , de toutes ses paroles ; elle était comme une empreinte générale qui déterminait tous les traits de son caractère. La vérité, la justice, en toutes choses, étaient pour lui un besoin impérieux, autant qu'un devoir sacré ; il ne les séparait point Tune de l'autre; il les confondait dans un même amour; il s'y portait avec une sorte de passion; il y adhérait avec une fidélité inébranlable ; il les voulait pures, sans mélange; dans ses méditations solitaires, dans le monde, à la tribune, il les honorait du même culte, en produisant seulement ce culte sur des scènes différentes; il était en tout conséquent à lui-même, parce qu'il n'avait qu'un seul mobile et ime seule direction. Voilà pourquoi, après avoir beaucoup vécu, après avoir été long-temps répandu dans les sociétés les plus brillantes , il avait conservé cependant une candeur si aimable, une singulière jeunesse d'esprit et de coeur, et cette sorte d'innocence d'intentions, que relevait encore en lui un esprit fin, légèrement railleur. Voilà pourquoi toutes ses paroles , même dans les conversations les plus familières, étaient, si l'on peut dire ainsi, pleines de substance et de force; voilà pourquoi toutes les 1 dations qu'il avait contractées ont eu une solidité à toute épreuve. Une conviction profondcj un sen-

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îlmenl sérieux, respiraient dans tout ce qui émanait de lui ; sa raison mcme avait un caractère conscien-* cieux , en même temps que sa conscience était toujours éclairée par la raison la plus sage et la plus sereine. Il puisait dans cette fidélité au vrai et au juste, une fermeté douce j une énergie calme, qui ne se démentirent jamais. Que, s'il voyait leurs intérêts compromis, c'était encore à la même source qu'il puisait cette véhémence singulière, si entraînante parce qu'elle était comme une émanation de sa nature, qui marquait, si je ne me trompe^ le caractère propre et distinctif de son éloquence. Ses discours étaient formés d'un tissu nerveux , étroitement serré, image de sa conviction toujours fortement raisonnée ; ils respiraient en même temps une ardeur brûlante, parce qu'ils étaient comme l'éruption spontanée de ses sentimens les plus intimes. Et ceci nous fait comprendre comment, par une sorte de contradiction, l'homme le plus dou*, le plus tolérant, le plus indulgent par caractère, l'ami de toutes les opinions modérées^ parut souvent âpre, amer, mordant dans les discussions publiques: il avait une incroyable horreur pour tout ce qui lui paraissait inique; il était fortement choqué par l'absurdité et Tineonséquence ; mais , sévère sur les choses , il n'était point hostile envers les j>ersorvnes, îl était sévère , très sévère même quelquefois , parce qu'il était éminemment consciencieux. Il portait dans tout ce qu'il croyait juste et vrai ^ une rigueur, on pourrait dire, un scrupule fort

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préparé une retraite pour lui * ; et après le sommeil le plus profond, son premier mouvement fut de prendre encore la plume pour tracer l'Adresse à ses- commetlans , qu'il fit imprimer et distribuer , pendant que le glaive était ainsi suspendu sur sa tête. Lorsqu'il sut, en 1802, que le Premier Consul était fortement irrité de la publication du Fbte sur le cor»sulat à vie , qu'il en faisait rechercher l'auteur, que M. Duchesne , qui avait remis le manuscrit à l'imprimeur, était arrêté, il se hâta d'écrire directement au premier consul, pour s'en déclarer l'auteur, quitta la campagne, et vint à Paris, attendre paisiblement l'effet de cette déclaration. J'en citerais bien d'autres exemples. Vous le présenterez certainement dans ce beau et mémorable jour , où , au milieu du trouble, du découragement, de l'épouvante universelle, d'une défection déplorable , il eut le bonheur de donner une preuve si éclatante de dévoûment au Prince auguste qui était venu conjurer l'orage du 20 mars , où il bi'ava avec tant de sang-froid les fureurs populaires, ne se trouvant cependant appelé à ce rôle par aucune fonction publique, par aucun devoir particulier, n'ayant reçu cette mission que de son zèle. On pourrait dire que le courage, que la noblesse et la franchise de ses sentimens , que la fermeté de ses opinions , suffisaient pour le revêtir , dans les momens difficiles, d'une sorte de

* C'était rue de la Planche, dans la maison àe madame la comtesse d'Hervilly, qui autorisa, avec la parfaite bonté qui la c^rao îévise,ce fecèlement d'un p?osGriC-

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magistrature, au milieu de ses concitoyens; et de lait, on pensa toujours à iui, on jeta les yeux sur lui , comme à l'armée , sur les braves d'élite, dès qu'il y eut une mission difficile et courageuse à remplir. Eh bien î cependant , mon ami , cette carrière publique à laquelle Camille semblait si naturellement appelé, où il apportait toutes les conditions les plus favorables, où il brillait d'un si grand et si pur éclat, cette carrière publique, dis-je, loin d'y être porté par ses goûts, il la repoussait, la fuyait, la redoutait au plus haut degré. On ne le soupçonnait pas , sans doute ; on ne voudrait pas le croire ; et cependant , je puis vous l'attester, jamais il n'accepta une fonction publique, que par un effort en quelque sorte héroïque. Il affrontait joyeusement les périls ; mais le spectacle des passions humaines le contristait profondément ; l'agitation, le tumulte et le trouble qui régnent sur la grande scène des hauts débats politiques , contrariaient tous ses penchants; il était jaloux de son indépendance, il- aimait à vivre en paix; mais, surtout, il ne pouvait s'arracher aux douceurs de la vie domestique, à ses affections privées. H ses études chéries. On ne put le décider à accepter la députation , et en Tan v , et chaque fois qu'il fut réélu depuis la restauration , que lorsqu'il crut avoir clairement reconnu que ce dévoûment était pour lui un devoir. Un jour, en 1818 ou 18 19, il donna sa démission de tous les emplois publics qu'il exerçait alors, et il fallut lui faire une sorte de violence pour obtenir qu'il rétractât cette démarche. Lors de sa

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dernière élection surtout, déjà atteint par la maladie, croyant avoir suffisamment acquitté envers son pays la dette d'un bon citoyen, il repoussait de toutes ses forces l'idée de rentrer encore dans la carrière législative ; pendant huit jours, les assauts les plus rudes lui furent livrés, et lorsqu'enfin il se rendit, ce fut dans le mouvement le plus admirable d'un sacrifice entier de soi-même , consommé pour obéir à la voix sacrée de la conscience; il prévoyait qu'il sacrifiait tout le bonheur des derniers instans de sa vie.

Camille n'était véritablement heureux que lorsque, dans l'obscurité , mais dans la liberté de la vie domestique , il cultivait en paix ses études favorites , il jouissait du commerce de ses affections intimes. Jamais homme n'eut des goûts plus simples; il n'avait pas de besoins ; il ne connaissait aucun de ces assujétissemens factices que nous nous créons à plaisir ; il acceptait volontiers les commodités de la vie, s'en passait de même. Il fallait le voir, à la campagne surtout, goûter les charmes de la retraite, s'enivrer des délices de la promenade , de la lecture , des entretiens familiers. Quels transports dans sa jeunesse, lorsque nous allions ensemble errer dans le bois de Marcy ou de Givors ! Quel contentement , même au sein de l'exil , quand nous nous étions arrangé une existence bien paisible et ignorée dans quelque site un peu champêtre ! Quels beaux jours il a passés à Saint-Ouen , à Nogent-sur-Marne, à Ecuilly, près Lyon , chez son excellent beau-frère et ami Lacêne ! Hélas! il respira encore ce bonheur suprême pendant

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l'automne de 1 820 , quoique touchant déjà au dertiier terme de sa longue maladie , et l'image de cette félicité qui régnait encore dans tous ses traits déjà si altérés , lorsque , appuyé sur nous , il parcourait notre jardin , ne s'effacera jamais de ma mémoire.

Vous avez souvent considéré , mon ami , vous vous rappellerez toujours le tableau charmant qu'offrait Camille dans son intérieur, dans sa vie de famille! Combien il rendait heureux tous ceux qui l'entouraient! Comme il savait être heureux par eux, jouir de leur tendresse! Jamais il ne donna le moindre cl^agrin à aucun d'eux; jamais le moindre nuage ne vint momentanément obscurcir ses rapports avec les objets de ses affections. 11 était si facile à vivre , si égal, si peu exigeant, si complaisant, si désintéressé en tout, si bon enfant (pardonnez-moi l'expression') ! Il se faisait adorer de ceux mêix^e qui le servaient. Son humeur était égale , enjouée : elle offrait un mélange de vivacité et de douceur, d'indulgence et de verve comique dans la peinture des ridicules et des travers : s'il n'eût pas été si bon , il eût pu être fort caustique. On s'amusait quelquefois de ses distractions ; il en riait le premier. Nous ne lui avons vu de mouvement d'impatience que lorsque , assailli par des visites importunes , il n'avait pu s'y dérober , malgré toutes les précautions qu'il avait prises pour ne pas être détourné de ses études favorites. Comme tout s'animait par sa présence! Quel parfum d'honnêteté se répandait autour de lui ! Aimables enfans, qui, dès le berceau /avez respiré cette influence,

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héritiers d'un si beau nom , tous trois , je l'espère , vous serez animés d'une sainte émulation pour le faire revivre, chacun à votre manière; vous recueillerez aiissi tout l'héritage de ses exemples. Heureux ceux qui ont pu vivre ainsi avec lui dans la retraite ; goûter , pendant des journées entières, le charme inépuisable de ses entretiens ! Quelle simplicité ! Quel aimable abandon ! Quelle absence de toute prétention , dô toute arrière-pensée ! Quelle originalité piquante ! Quelle verve abondante! Quelle fécondité intarissable ! Tantôt , relevant les moindres choses par le tour qu'il savait leur donner, prodiguant le sel d'une plaisanterie vive, naturelle, innocente, enjouée; tantôt s'élevant aux phis graves sujets, y répandant une lumineuse clarté, les animant d'une chaleur dont la source était toute morale ; mais, admirable surtout quand il traitait des choses de la vertu, quand, dans les effusions de l'amitié , il donnait des encouragemens ou des conseils! jamais on ne se lassa de l'entendre; plus on ['écoutait, plus on desirait l'entendre encore. Ce noble cœur était si bien fait pour l'amitié ! Il n'avait rien à lui. Son temps , ses soins , sa fortime , tout était à la disposition de ceiix qu'il chérissait : nous l'avons vu vingt fois entreprendre des voyages plus ou moins longs , dans toutes les saisons , quitter ses affaires, sa famille , pour consoler l'un , préparer le bonheur de l'autre , porter le secours de ses lumières. Sa correspondance habituelle avec eux était elle-même comme une sorte d'assistance continue ,

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riciie d'avis précieux , d'exhortations éloquentes , dô discussions instructives. Que ne puis-je vpus montier les miiliers de lettres que j'ai reçues de lui pendant sa vie ! Que ne peUvent-elles vous être communiquées, celles qu'il a adressées penckint tant d'aririées, soit à notre cher Augustin Périer, qui, du sein de ses beaux et utiles établissemens de Vizille , s'unissait constamment par l'élévation de ses vues, de ses sentimens , par la noble générosité de son caractère, à toutes les pensées de Camille, qui s'entendait parfaitement avec lui cïÏ toutes choses ; soit à notre cher abbé Montagnier, qui , du sein de son hôpital de Roanne , où sa vie angéUque était coinsacrée tour-à-tour à la méditation , à l'étude , au soulagement des malades, venait encore aussi s'associer â notre Camille; tous deux qui furent avec moi les plus anciens de ses amis, et qui, bien que séparés de lui, vécurent réellement et constamment avec lui dans une étroite communauté ! Il n'est aucun sujet qui touche à la religion, à la morale , aux grands et sérieux intérêts de la vie humaine , que vous ne fussiez assurés de trouver développés dans ces correspondances, avec étendue, avec grandeur, quoiqu'avec la familiarité du commerce le plus libre, il n'est aussi aucune des circonstances de notre vie , où nous n'ayons trouvé en lui un appui et un guide. Je ne crois pas que jamais aucun homme ait porté plus loiît l'intimité dont le céleste commerce de l'amitié est susceptible , y ait versé plus de charmes, ait montré un dévôûment plus entier, y ait conservé

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Une égalité plus parfaite, une fidélité plus immuable^ La confiance qu'il nous accordait était aussi absolue que celle que nous avions en lui : ce que j'atteste ici sera confirmé par tous ceux qui ont été admis à cette faveur signalée d'une étroite union avec luù II eut le bonheur de trouver, dans chacun de ses quatre frères , autant d'hommes capables et dignes de lui être imis par les liens du cœur, et tous les quatre, en effet, occupèrent le premier rang parmi ses amis. Mais il en eut dans tous les rangs , de tous les âges, de tontes les conditions; il en acquit partout où il parut ; il n'en perdit jamais un seul. 11 en obtint parmi des femmes éminemment distinguées par leur caractère , leurs vertus , leur esprit : mesdames Savoie-Roliin , Gautier-Delessert , Augustin Périer, de Staël, de Vannoz , Récamier, Dufrenoy, etc. Il suffisait à cultiver assidûment toutes ces relations, à les nourrir par des communications solides, utiles,et dès qu'il le pouvait , par des services; il n'est aucune des personnes avec lesquelles il en a entretenu, qui ne reconnaisse avoir toujours trouvé à gagner auprès de lui, ou pour le cœur ou pour l'esprit, souvent pour tous deux , et qui n'eût désiré passer sa vie avec lui.

Partout où Camille séjourna, il recueillit , jeune encore , des témoignages d'estime de la part d"es personnes les plus distinguées. Quoique ne possédant ni titres , ni avantages de fortune , il était respecté de ceux même qui en étaient pourvus. Il a connu presque tous les personnages l«s plus remarquables

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de son temps , dans la carrière publique, dans celle des lettres, et a été recherché, honoré par eux; il le devait sans doute en partie à l'illustration de son beau talent; mais il le devait aussi à la haute considération qu'inspirait son caractère. A Weimar, il fut entouré d'égards par les princes de la maison régnante, par la cour, en même temps que par les hommes de génie qui se trouvaient alors réunis dans cette Athènes de l'Allemagne, les Goethe, les Schiller, les Wieland, les Herder. A Londres , où il résida deux fois , il se lia avec les hommes les plus éminens des deux chambres , avec les premiers orateurs , et fut considéré d'une manière très marquée par les membres du ministère. Je ne vous rappellerai point la conférence particulière à laquelle il fut appelé par S. M. Louis XVIIl , les témoignages de confiance qu'il en reçut, les fréquens entretiens qu'il eut avec S. A. R. Monsieur , dont la loyauté et les manières le charmaient si vivement ; l'empressement avec lequel il était reçu au Palais-Royal , à Neuilly, et les aimables prévenances dont il était entouré par tous les membres de cette auguste famille où tant d'esprit et de connaissances s'unissent à tant de grâce et de bonté. Chaque fois qu'il venait à Paris, il était désiré dans toutes nos sociétés les plus choisies, il y était reçu avec le plus vif empressement. Ce serait , mon ami , un tableau digne d'exercer votre pinceau élégant et délicat, que celui qu'offrirent ces réunions d'élite qui s'étaient formées à Paris, pendant les vingt premières années de ce siècle, où se conservaient encore

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