‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 29 sur 63 · SUR LES BOIS I>E L ETAT · texte numérisé non relu

SUR LES BOIS I>E L ETAT

comme à tous les développemens du crédit. C'est ainsi que tout le budget, et avec lui le salut de l'État, s'y trouve en quelque sorte concentré.

Puisse en résultat cette franche discussion aider à convaincre quelques adversaires de bonne foi!

Puissent-ils au moins, négligeant dans la question les rapports qui nous divisent, s'attacher à ceux qui pourraient nous concilier.

Qu'en considération d'un si grand intérêt de la religion et de l'Etat , ils consentent à interrompre dans cette conclusion de notre loi des finances , cette opposition uniforme et systématique qu'ils nous ont manifestée sur toutes ses autres parties.

C'est en effet, Messieurs, une chose digne de remarque, et qui n'échappera point à l'attention des peuples ; combien , dans tout le cours de cet important débat, le budget des opposans s'est trouvé en constante contradiction, non-seulement avec le budget de la Commission, mais avec tous les élémens d'un budget quelconque.

S'est-il agi de ces recettes. si nécessaires à accroître? Des impôts nouveaux ont été repoussés par eux au nom de l'intérêt de leurs provinces.

S'est-il agi de ces dépenses si nécessaires à diminuer? Malgré leur amour théorique de l'économie, ils ont combattu toutes les réductions pratiques dans les ministères principaux.

Quand un emprunt a été proposé pour combler

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le vide, ils en ont nié la nécessité, puis contesté la forme.

Quand on a cherché à rassembler les indispensables élémens d'un système de crédit, ils voulaient les écarter tous.

Était-ce le paiement de l'arriéré? il était jugé par eux excessif et déplacé.

Était-ce la régularisation des ordres de comptabilité? ils se plaignaient qu'on attaquât les droits de l'armée qu'il fallait respecter.

Était-ce une caisse d'amortissement? son jeu ne présentait qu'une fiction.

Etait-ce la dotation en immeubles? elle se composait de spoliations.

Mais sur aucun élément de crédit nous n'avons plus différé que sur le principal de tous, l'élément moral, la confiance.

La Commission n'a cessé d'en présenter les perspectives, d'en justifier les bases; mais les opposans, par combien de peintures lugubres, par combien de sinistres prophéties n'ont-ils pas risqué, sans le vouloir, de l'éloigner à jamais! ,

Mais heureusement, Messieurs, et la France et l'Europe ne les ont pas crus; elles ont sainement jugé tout ce que des préventions de situation étaient à l'habituelle netteté de leurs vues.

Pendant qu'ils annonçaient la baisse de nos effets publics, ces effets se sont rapidement élevés.

Pendant qu'ils doutaient de la possibilité des em-

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pnints, des capitalistes étrangers et nationaux les ont réalisés.

Quand ils supposaient l'Europe s'effrayant avec eux* de notre marcbe révolutionnaire, ils ont vu les banquiers de cette Europe choisir ce moment même pour se confier dans notre fortune, les Rois, pour se confier dans notre politique, les capitaux des uns s'approcher, les soldats des autres s'éloigner : ils ont entendu ime voix s'élever du haut de tous les trônes comme du milieu de tous les peuples, pour s'unir à la voix du peuple français, célébrant les nouveaux témoignages de la sagesse d'un monarque restaurateur....

Quelle éloquente et pathétique exhortation , est ainsi de toutes parts adressée à ces mêmes opposans, pour qu'enfin, en ce dernier jour, dans cette dernière délibération, ils abjurent un système trop prolongé de défiance, et viennent s'associer à nos efforts pour la délivrance commune! Ah! combien, en effet, à la veille de nous embarquer sur cette mer orageuse du crédit, par des temps si difficiles encore. Userait utile et beau de déposer sur le rivage nos vieilles rivalités ! Il est digne de nous , Messieurs , de faire cet appel aux opposans; il est digne d'eux d'y répondre; car, malgré les exagérations que nous osons leur reprocher, de nobles sentimens français, nous le savons, vivent au fond de leurs cœurs... On a beaucoup parlé, dans cette enceinte, de V unité que nous demandons au Gouvernement, de quelques transactions entre nous et lui. Ah! voilà V unité véritable,

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voilà la transaction éminemment désirée; celle qui rapprocherait de nous nos plus ardens adversaires, qui nous montrerait à la France unis dans toutes les mesures qui peuvent la sauver; et déjà, par cette seule union, opérant un bien qu'aucune mesure ne peut efficacement suppléer....

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