SUR LE RECRUTEMENT DE L ARMEE
cxjîétlilions intérieures, dont l'iionorable collègue nous il fait une si magnifique mention , et sur lesquelles j'eusse cru le silence plus prudent ; mais armée qui, transportée dans les champs sérieux du combat, dépourvue de cette discipline nationale, qui est le principe du succès, dirigée par l'arbitraire faveur et non par le mérite éprouvé, malgré toute la bravoure naturelle à des Français, risquerait bientôt de devenir la fable de la guerre, comme le système qui aurait présidé à sa formation est devenu déjà la fable de la politique.
Mais surtout. Messieurs, la plus grande, la plus utile leçon qui sortira pour nous de, cet important débat , sera une recommandation efficace en faveur de cette administration que nous voyons y présenter un si noble spectacle, y défendre la prérogative nationale contre une opposition qui lui reproche d'abandonner les droits de sa propre autorité. Ainsi tant d'esprits inquiets et moroses seront avertis que malgré les censures qu'une telle administration a pu quelquefois mériter, néanmoins à toutes les grandes époques, lorsqu'il s'est agi de poser une digue au torrent des réactions, de fonder le système électif, de recréer l'armée nationale , on a retrouvé dans son sein un patriotique et courageux dévoùment ; ils reconnaîtront qu'oubliant quelques vaines divergences d'opinions ou d'intérêts, nous devons habituellement nous rallier autour d'elle, comme autour d'un des boidevards les plus sûrs de toutes ces institutions qui nous sont chères.
Que notre armée surtout, qu'une portion de l'ancienne armée, comprenne ce qu'elle va devoir, sous les auspices de son Roi , à la sollicitude de ce chef illustre, qui, après l'avoir conduite à la victoire, aux jours des combats , s'est souvenu si noblement d'elle aux jours de son repos, et vient lui rapporter tous les germes d'une restauration désirée. Que le cœur des braves tressaille à la pensée de cette carrière nouvelle de gloire qui s'ouvre devant eux , lorsqu'associant de plus en plus les vertus civiques aux vertus militaires, confondant l'amour de la patrie et de son Roi, ils se montreront à-la-fois les défenseurs de toutes nos institutions au-dedans, de notre indépendance au-dehors.
Et nous. Messieurs, hâtons -nous, après l'avoir salutairement modifiée sur un petit nombre de points, d'adopter cette importante loi, qui, fondant l'armée nationale, comme la loi des élections fonda le pouvoir politique, sera avec elle le complément de nos institutions, et le plus beau titre des législatures à la reconnaissance publique ; loi qui, après avoir reconstitué la patrie française, influera peutêtre sur les destinées de l'Europe entière, en y faisant partout réduire, à notre exemple, ces proportions gigantesques de la force publique, dont l'humanité gémit autant que la liberté s'en alarme; en y recommandant de plus en plus à l'admiration et l'imitation des peuples, ce système représentatif, d'où sera né un système militaire, tout ensemble si pacifique et si fort, impuissant pour attaquer et