‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 4 sur 63 · DE CAMILLE JORDAN. IX · texte numérisé non relu

DE CAMILLE JORDAN. IX

mais sur ses dangers et sur les dangers de la patrie. Plus d'une fois, dans ces assemblées calmes et solennelles, quoique si cruellement agitées , notre Camille entraîna de généreuses résolutions, commanda des sacrifices douloureux mais nécessaires. 11 ne se bornait point à parler, il agissait comme volontaire, il parcourait le Forêt , pour étendre la ligne de défense ; comme député de la ville , il allait en mission, dans le Jura, pour rallier les peuples à la cause lyonnaise, qui était la cause de la France.

Cependant l'assemblée qui s'était laissé décimer , et qui , sous le nom de Convention nationale , réunissait en elle tous les pouvoirs légaux et tous les pouvoirs usurpés, disposait de plus de force, de plus de puissance qu'aucune association humaine des temps anciens et des temps modernes. Proscriptions, levées en masse, guerre civile, guerre étrangère , tout lui était bon , tout était instrument. Elle créait l'anarchie, elle organisait la terreur, elle combinait la barbarie des peuples sauvages avec la farouche énergie du moyen âge, avec les plus savantes conceptions militaires. Le siège de Lyon commence. Après des prodiges de courage, après une héroïque défense, où tous les genres d'efforts avaient été épuisés , la ville succombe. Jours de malheur ,

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