‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 42 sur 63 · OC · texte numérisé non relu

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que peuvent lui permettre des circonstances sévères? Si nous examinons ensuite la nature de la proposition; eat-ce ainsi, en effet, qu'un système de réparation envers les émigrés, s'il devenait possible, devrait être repris : par des mesures partielles, isolées, qui commencent tout et ne finissent rien; que recommande seulement une vaine similitude avec quelques mesures précédentes? On a fort essayé de comparer cette remise des rentes à celle des domaines; une telle ressemblance pourrait être, sous plus

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d'un rapport, contestée; Jes domaines subsistaient aux mains de l'Etat, les rentes s'y étaient éteintes par confusion; la propriété était d'une part conservée, elle avait de l'autre disparu ; la loi qui avait ordonné la remise des uns , avait repoussé la remise des auiies. — Mais quand la parité serait exacte, loni d'être un motif favorable , ne serait-ce pas plutôt un motif contraire? car si le système de réparation adopté en i8i4, pécha précisément aux yeux de tous les bons esprits pour avoir presque tout rendu aux émigrés les moins malheureux , en oubliant trop durement tous les autres , n'est-ce pas une forte raison pour ne pas s'engager plus avant dans une route semblable, pour ne pas aller concentrer encore cette remise de rentes sur cette classe peu nombreuse d'émigrés, que la circonstance même du placement de leurs fonds dans les fonds publics, nous annonce être des habitans de la capitale, appartenant aux conditions les plus aisées , à portée des ressources les plus étendues?

Si nous observons enfin toutes les circonstances politiques qui entourent la proposition, en fut-il jamais de moins favorable à son adoption ? Du côté de nos finances, se présentent des charges énormes, presque intolérables, à la veille de s'aggraver encore par cette liquidation définitive qui se liera sans doute avec l'évacuation si désirée de notre territoire. Tous les motifs nous commandent de ménager avec un soin extrême notre dernière ressource, la faculté des emprunts, le crédit public, ce crédit dont vous

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