‹ Discours de Camill Jordan, précédés de son élogeChapitre 46 sur 63 · SUR QUELQUES ARTICLES DU BUDGET. Q · texte numérisé non relu

SUR QUELQUES ARTICLES DU BUDGET. Q

nouveau, d'une haute importance, susceptible des conséquences les plus abusives, directement contraire à tout l'esprit de nos institutions : je veux dire l'influence, la prépondérance décisive des plus imposés, dans tous les intérêts communs ,par leur seul titre de plus imposés.

Quel est, en effet, l'esprit de nos institutions?

N'est-ce pas que, pour tout exercice des droits populaires, une certaine condition de propriété soit exigée dès- électeurs, des éligibles; mais qu'ensuite du sein de cette foule d'électeurs ou d'éligibles placés sur un même niveau, nul ne s'élève à une fonction positive que par une condition nouvelle ; le libre choix de ses égaux?

Telle fut notre grande loi des élections pour la chambre;

Telle sera celle que le Gouvernement nous prépare pour les élections municipales et départementales.

Et rien de plus sage, en effet, pour que ces fonctions diverses soient convenablement remplies, pour que les institutions elles-mêmes soient développées et maintenues;

Car par-là sont associées deux conditions également nécessaires, et qui se servent de mutuel contrôle.

C'est la condition de la propriété qui nous répond de l'intérêt que l'on prend à l'ordre public , d'une certaine éducation, de certaines lumières.

C'est la condition de l'élection à son tour, qui nous répond que le propriétaire soutient des rap-

la/ja DISCOURS

ports de bienveillance avec ses semblables ; qu'il a donné quelques témoignages de zèle , qu'il est attaché à nos institutions...., attachement si nécessaire à porter dans les moindres fonctions, dans tous les rassemblemens municipaux, au milieu de nos circonstances politiques, à l'o-rigine de toutes ces institutions, quand elles sont encore l'objet de contradictions si vives.

Doutez-vous, Messieurs, que l'élection, sous ce rapport, ne nous garantisse mieux, dans toute la France , cette disposition si précieuse d'attachement, que la simple réunion des plus imposés non choisis? Et serait-ce donc blesser en rien une classe d'ailleurs si respectable, affaiblir ses justes droits à l'estime, que remarquer seulement, qu'il peut, qu'il doit se trouver au milieu d'elle un certain nombre d'hommes passagèrement prévenus contre nos institutions nouvelles; les uns, pour avoir souffert des injustes persécutions révolutionnaires, et n'avoir pu comprendre assez la convenance de ces grandes transactions qui ont terminé nos troubles; les autres, parce que leurs habitudes elles-mêmes des jouissances de la fortune , leurs rapports de société les placent dans une dépendance trop marquée de ces opinions frivoles , de cet honneur factice , que d'un bout de la France à l'autre , l'esprit de parti a su si activement diriger contre nos institutions; contre tout ce qui les défend avec franchise et courage? ( Les murmures interrompent l'orateur. — M. de Fillèlc : Ecoutez , écoutez. )

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