LA PÉTITION DU CHAMP-DE-MARS
D'après le Babillard.
(Champ-de-mars, samedi 16 juillet 1791.)
A dix heures du matin, environ 500 personnes, la plupart sans aveu, s'étaient réunies au Champ-de-Mars. , . On a reconnu... Legendre, vice-président du club des Halles, et Danton, le trop fameux Danton, le héros de l'invisible Marat, tribun du peuple désigné par Marat, Danton, orateur, électeur, administrateur.
Le sieur Danton, monté sur l'un des angles de l'autel, a
(i) Cf. Tourneux, Bibliographie de l'histoire de Paris..., t. I, pp. 24g- 250, Pétition dite du Champ-de-Mars. — Proclamation de la loi martiale (17 juillet) ; Tuetey, Répertoire général..., 1. 1, p. 274. — Journée du 17 juillet 1791. — Affaire du Champ-de-Mars. — Proclamation de la loi martiale. — Voir aux Archives nationales W 294, n» 235.
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fait une lecture très animée; la foule qui s'est pressée autour de son vertueux tribun, ne nous a pas permis de l'entendre; nous sommes cependant bien certain que l'écrit était digne de l'auditoire et du lecteur.
Le sieur Verrières(l), faisait remarquer M. Danton (vêtu de gris), à ceux qui n'avaient pas l'honneur de le connaître et propageait sa sainte doctrine avec un zèle tout à fait édifiant (2).
(i) Claude-Rémy Buirette de Verrières, de Châlons-sur-Marne, comnlissaire de la section du Théâtre-Français.
(2) Babillard, n» 40, p. 6 : « Café Givet, porte Saint- Antoine. Plusieurs amis de Danton se plaignaient de la sévérité du décret lancé contre lui : « Messieurs, s'est écrié un citoyen d'un âge mûr et d'une figure respectable, cessez de défendre un des plus dangereux scélérats qui jamais aient infecté la capitale. Je l'ai entendu prêcher la dissolution de l'empire; je l'ai vu traîner au Champ-de-Mars une foule de séditieux, les exciter contre l'Assemblée nationale, contre toutes les autorités légitimes et mériter le dernier supplice par la perfidie de ses manœuvres et l'atrocité de ses discours. »
Cf. également le Courrier français, nP 203, p. 177.
D'après la Relation de Sergent-Marceau sur la Journée du ij juillet (Voir Revue rétrospective, t. V, p. 284) Alexandre de Lameth aurait à la suite du massacre du lendemain 17 fait prévenir Danton et les principaux Cordeliers que des mandats d'arrêt avaient été décernés contre eux. (Pour Danton, Cf. Tuetey, Répertoire général..., t. I, n» 3567. Ce décret lancé contre lui était daté du 4 août.) Camille Desmoulins, Santerre, Marat, Robert, Fréron quittèrent Paris. Danton décrété de prise de corps, partit pour Troyes où il se cacha chez le procureur général Milliard. Mais il fut poursuivi; on alla perquisitionner chez son beau-père à Rosny-sous-Bois, on maltraita son beau-frère qu'on prit pour lui; il passa alors à Arcis-sur-Aube où il arriva le 26 juillet et où il logea chez Courtois, trésorier du district. (Cf. Arch. nat., D XXIX^ 34 nP 351. Lettre de Boniceaut, ancien huissier au Châtelet, faisant connaître l'arrivée de Danton et déclarant que « son arrestation, puisqu'il est décrété, serait malaisée, les factieux ayant gagné la populace »), puis il partit pour l'Angleterre. (Cf. Robinet, Danton homme d'État, p. 83.)