‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 128 sur 459 · CONSEIL GÉNÉRAL DE LA COMMUNE, 20 JANVIER I792 I3I · texte numérisé non relu

CONSEIL GÉNÉRAL DE LA COMMUNE, 20 JANVIER I792 I3I

nelles de la justice, c'est que je sais incapable de conserver des relations qui deviennent impures, et d'associer mon nom à ceux qui ne craignent pas d'apostasier la religion du peuple qu'ils avaient d'abord défendue.

Voilà qu'elle fut ma vie.

Voici, Messieurs, ce qu'elle sera désormais.

J'ai été nommé pour concourir au maintien de la Constitution, pour faire exécuter les lois jurées par la Nation. Eh bien, je tiendrai mes serments, je remplirai mes devoirs, je maintiendrai de tout mon pouvoir la Constitution rien que la Constitution, puisque ce sera défendre tout à la fois l'égalité, la liberté et le peuple !

Celui qui m'a précédé dans les fonctions que je vais remplir (2) a dit qu'en l'appelant au ministère le Roi donnait une nouvelle preuve de son attachement à la Constitution; — le peuple en me choisissant la veut aussi fortement au moins, la Constitution; il a donc bien secondé les intentions du Roi.

Puissions-nous avoir dit, mon prédécesseur et moi, deux éternelles vérités I Les archives du monde attestent que jamais un peuple lié par ses propres lois à une royauté constitutionnelle, n'a rompu le premier ses serments; les nations ne changent ou ne modifient jamais leurs gouvernements que quand l'excès de l'oppression les y contraint, la royauté constitutionnelle peut durer plus de siècles en France que n'ea a duré la royauté despotique.

Ce ne sont pas les philosophes, eux qui ne font que des systèmes, qui ébranlent les empires; les vils flatteurs des rois, ceux qui tyrannisent en leur nom le peuple et qui r affament, travaillent plus sûrement à faire désirer un autre gouvernement que tous les philanthropes qui publient leurs idées sur la liberté absolue.

La nation française est devenue plus fière sans cesser d'être aussi généreuse; après avoir brisé ses fers, elle a con-

pour l'affaire du Champ-de-Mars, ou ses démêlés avec le Châtelet, il le jugeait probablement trop connu de tous ses auditeurs pour le préciser davantage.

(i) Cahier de Gerville.

Page 1