‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 19 sur 459 · LES SOURCES XXXIII · texte numérisé non relu

LES SOURCES XXXIII

Le Palais Royal, les Cordeliers, les Clubs. — Tout est perdu pour nous des harangues enilaminées du motionnaire du Palais-Royal, ou des discours subtils et adroits du « président perpétuel» du Club des Cordeliers. Danton, nous le savons, a souvent parlé au Palais-Royal (1), il y a joué un rôle qui n'a pas été sans importance, mais personne ne nous a jamais rien conservé de ses paroles (2).

Le manque de documents relatifs aux Cordeliers est autrement grave. — Que possédons-nous ? — ■ Quelques extraits des mémoires, quelques lignes de Lavaux ou de Thibaudeau, qui, par ce fait qu'elles sont uniques, prennent la valeur de véritables comptes rendus, un pamphlet grotesque et méchant des Sabbats Jacobites (3), qu'il serait naïf de faire entrer dans cette édition, et c'est tout. — Les Extraits du registre des délibérations de V Assemblée du district des Cordeliers », les Arrêtés, signés ou non signés de Danton, mais visiblement inspirés ou rédigés par lui, ne m'ont pas paru devoir figurer ici; ce ne sont pas à proprement parler des «œuvres oratoires», bien que Danton imprime son cachet particulier d' « orateur » à tout ce qu'il dit, à tout ce qu'il écrit, même à ses lettres, et, d'autre part, j'espère pouvoir, ultérieurement, si d'autres ne s'en chargent, réunir en un volume les textes relatifs au Club

Manuel attaqué à cause de la publication des Lettres de Mirabeau. Cf. ci-dessous pp. 145-147.

(i) Cf. Robinet, Danton homme d'état, pp. 43-49. — M. Robinet, cite dans son ouvrage un pamphlet intitulé Arrêt de la cour nationale du Palais-Royal de Paris, qui désigne Danton comme l'un des « présidents à mortier « de cette Cour nationale.

(2) Peut-être cependant trouvera-t-on des comptes rendus de ces discours dans les journaux du temps, lorsque le dépouillement de ces feuilles aura été poussé plus avant.

(3) La dernière séance du Club des Cordeliers, Sabbats Jacobites, n» 30, p. 65. Cf. pp. 66-6g, 70, un compte-rendu en vers bouffons, d'un discours de Danton, président. A titre d'exemple, nous avons donné pour la séance des Jacobins du 30 mars 1791 une de ces parodies.

XXXIV INTRODUCTION

des Cordeliers, que nous possédons encore. A part les Extraits, les Arrêtés, les Adresses conservés à la Bibliothèque, aux Archives, ou dans des dépôts particuliers (1), rien ne nous permet de combler l'immense lacune. Tout ce que Danton a dépensé de talent et d'éloquence de 1789 à 1792, dans son district, dans sa section, dans son club, est mort (2). .

Un procès-verbal (3) échappé par hasard, nous apprend qu'il a fait partie de la Société du Jeu de Paume de Versailles et que le 20 juin 1790 il a porté un toast à la fin d'un repas donné par cette société au Bois de Boulogne. C'est tout .ce que nous savons sur les «discours» que Danton a pu tenir, dans des clubs ou des réunions autres que celles de sa section (4).

Le Département de Paris. — En janvier 1790 il entra à la Commune provisoire; le 31 janvier 1791 il fut élu admi-

(i) Par exemple les Papiers révolutionnaires de la Bibliothèque Victor-Cousin à la Sorbonne, dont M. Chambon a donné un inventaire en décembre 1906 dans la Correspondance historique et archéologique.

(2) On ose à peine citer, comme exception le compte rendu des fameuses paroles « incendiaires » prononcées par Danton à l'assemblée du district le 22 juin 1790. Le numéro de l'Ami du Peuple qui nous les donne est apocryphe (n° CXII, du 28 mars 1790) — Bibl.Nat., Lc2/234'és. Cf. Tourneux, Bibliographie..., t. II, n° 10456. — Cependant quand on les compare à celles que donne Anthoine dans son Rapport ou à certains passages de la Grande Motion de M. Jourdain, pamphlet signalé et réimprimé par M. Aulard, et que, comme lui, j'attribuerais volontiers à Danton, on ne peut pas ne pas être frappé de certaines ressemblances, et il est permis de croire que, si lés paroles rapportées tardivement par VAmi du Peuple ne sont pas exactement celles que Danton prononça, elles les rappellent au moins de loin. — Le Journal général de la Cour et de la Ville, le Journal de la Municipalité et des sections, les Révolutions de Paris, les Révolutions de France et de Brabant, le Moniteur, donnent, de temps à autre, une indication, vague, imprécise sur un acte officiel, sur un acte collectif auquel Danton a pris part; mais cette indication est généralement si brève qu'elle ne compte pas pour notre travail.

(3) Ce procès-verbal a été retrouvé et publié par M. Mathiez. Cf. cidessous, p. 57.

(4) C'est par surprise que Danton fut porté comme membre du Club des Bons-Enfants : il se défendait toujours d'y avoir jamais pénétré.

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