DOIT-ON FAIRE LA GUERRE A L'ESPAGNE
D'après le Moniteur.
(Convention, mercredi 17 octobre 1792.)
[Les administrateurs du district d'Ustaritz (1) annoncent à la Convention que les Espagnols sont en mouvement sur la frontière et qu'ils se disposent à envahir le territoire de la République. Ils demandent l'autorisation de les devancer, de les attaquer, après avoir fait aux routes les réparations nécessaires pour le transport de l'artillerie.]
Danton. — Nous n'avions d'autres rapports avec l'Espagne que le pacte de famille, que la révolution du 10 août a supprimé. (2)
Je demande qu'on ajourne à une séance très prochaine, la question de savoir si nous devons enfin, non pas nous mettre en défense contre l'Espagne, mais l'attaquer vigoureusement. (3)
Il ne faut pas attendre que nos ennemis envahissent notre territoire; nous sentons tous les avantages qu'il y a à les prévenir. Il faut donc nous mettre en mesure pour leur faire la guerre chez eux, et à leurs dépens. (4)
[L'ajournement proposé par Danton est décrété.]
(i) Chef -lieu de canton des Basses-Pyrénées, arrondissement de Bayonne.
(2) Courr. fr. : « La journée du 10 août a rompu le pacte de famille, seul lien qui nous unissait à l'Espagne. » Aud. nat. : « Le 10 août la France a déchiré le pacte de famille; nous ne sommes unis à l'Espagne par aucun lien. » Add. Courr. fr. : « Il n'y a donc pas à hésiter. »
(3) Add, /. de Perlet : « Sans doute, s'il faut que la République ait la guerre avec cet autre roi, il faut au moins qu'elle la fasse aux dépens de ses piastres, Merc. un. afin qu'ils payent les frais de la guerre. /. des Débats. Il y a du courage à prévenir les tyrans, /. du Soir nous avons goûté en Savoie les fruits de cette méthode. »
(4) Aud. nat. : « Il est temps que nous prenions un parti quelconque