AUX VOLONTAIRES
D'après le Journal du Soir (i).
(Convention, vendredi 19 octobre 1792.)
[Une Commission particulière de 4 membres avait été nommée pour rédiger une adresse aux volontaires des bataillons formés en 1791, et les engager à renoncer à la faculté qui leur avait été accordée par la loi, au moment de leur enrôlement, de quitter les drapeaux le l*"" décembre 1792. Danton, l'un des commissaires, présente à l'Assemblée la rédaction de cette adresse. (2)]
Citoyens soldats, déjà vos armes ont repoussé ces tyrans coalisés, protecteurs d'un tyran constitutionnel à qui il ne reste plus aujourd'hui de protection que dans notre mépris.
Déjà s'évanouit cette ligue qui prétendait nous rendre aux horreurs de l'esclavage et voulait ôter au monde entier jusqu'à l'espérance de la liberté, en égorgeant ceux qui en avaient fondé le culte.
Non, l'espoir du monde ne sera pas déçu ! Ce n'est point assez que les despotes affaiblis cèdent à vos armes; il faut que nos ennemis nous respectent et nous demandent la paix.
Après ce début, le rédacteur invite les soldats de la République à rester sous leurs drapeaux, à respecter sévèrement
(i) Le Journal du Soir donne seul un extrait de cette adresse. (2) Aud. nat. : « Elle a paru longue et la Convention, avant de la discuter, a voulu entendre plusieurs projets particuliers. »
la discipline militaire. (1) Il les assure que l'Assemblée s'occupera incessamment des remplacements et des récompenses militaires (2).
[Faure présente une adresse en concurrence avec celle de Danton. L'Assemblée lui accorde la priorité.)