‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 26 sur 459 · LES SOURCES XLVII · texte numérisé non relu

LES SOURCES XLVII

du Logotachigraphe, Journal de la Convention nationale de France (1).

Ce journal, disait le prospectus, « sera extrait avec pureté de l'immense travail que fournit la Convention nationale; il ne contiendra absolument que ses séances; on en verra tous les mouvements; ils seront distincts et bien caractérisés. Les expressions des législateurs seront absolument les mêmes; pas un mot ne sera employé qu'il n'ait été prononcé et on sera comme présent à l'Assemblée. » Comme on l'a dit, il y a là surtout des promesses de gascon; en réalité, Guiraut n'a appliqué son procédé logographique qu'à un petit nombre de discours importants, et plus particulièrement aux discours de Danton (2). Il nous fournit une quinzaine de « meilleurs textes », des variantes et des additions de grande valeur; mais sa rédaction est obscure et parfois incompréhensible. Guiraut, après avoir lancé deux numéros d'essai où il reproduisait les séances du 10 et du 26 décembre 1792, commença la publication régulière le 2 janvier 1793; sa feuille disparut le 10 mai.

Le Logotachigraphe n'a donc duré que peu de temps. Il n'en constitue pas moins pour nous un texte important.

(i) Le prospectus de ce journal existe en tête de l'exemplaire de la Chambre des députés. Tourneux, o/j. «7., t. II, n" 10860. — l^e Logotachigraphe parut du i^'' janvier au 10 mai 1793. Tourneux, op. cit., t. II, n" 10861 ; Hatin, p. 241 ; M. Aulard dans ses Orateurs a consacré au Logotachigraphe une étude à laquelle nous renvoyons.

(2) M. Aulard a constaté cette tendance de Guiraut à ne rien laisser passer des paroles de Danton et l'explique par une prédilection particulière du journaliste pour l'orateur. Peut-être pourrait-on admettre cette autre explication : Guiraut ne pouvait pas lutter avec les grands quotidiens pour la reproduction des discours préparés ou lus par les orateurs. Ceux-ci remettaient leur manuscrit au Moniteur, au Journal des Débats, au Républicain français mais ne se souciaient guère du mince Logotachigraphe... Danton improvisait, et c'était seulement par la reproduction de discours improvisés que le Logotachigraphe pouvait espérer surpasser ses concurrents. II serait naturel en ce cas qu'il se fiît particulièrement attaché à reproduire les paroles d'un grand orateur comme Danton.

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