‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 27 sur 459 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

Le Mercure universel, a peut-être encore moins compté aux yeux des contemporains que le Républicain français, et les historiens d'aujourd'hui l'estiment peu. L'explication de ce dédain est facile : rarement un journal a été aussi mal composé, aussi mal présenté au lecteur que celui-ci. Sans parler de l'exécution matérielle qui est déplorable, du papier de chandelle, des mots écrasés, des lettres gâtées, des caractères qui chevauchent, le compte rendu lui-même n'est qu'un indescriptible fouillis. Les phrases se suivent sans lien entre elles, des opinions entières sont souvent dénuées de sens, et les diverses parties d'une même séance si bien interverties, que sans l'aide des autres journaux on n'en pourrait discerner ni le début ni la fin (1). On sent que ces comptes rendus étaient l'œuvre d'un très petit nombre de rédacteurs, pour ne pas dire d'un seul, et que le journaliste animé du louable désir de prendre le plus de notes possible, sacrifiait l'ordre et la clarté à l'abondance. Le personnel de laa rédaction» et de l'imprimerie devait lui aussi être plus que restreint, et comme il existait entre les gazettes une lutte de vitesse pour la reproduction des débats parlementaires, on ne relisait pas les notes hâtives prises en séance et on ne corrigeait pas d'épreuves.

Mais toutes ces raisons qui font du Mercure universel une feuille illisible, lui donnent par contre à nos yeux une réelle importance. Ce n'est pas là qu'on retouche les textes; nous n'aurons pas à craindre en reproduisant un discours inséré dans ses colonnes, de réimprimer, non pas les paroles mêmes prononcées par l'orateur, mais les variations exé-

(i) C'est pourquoi lorsque nous emprunterons un compte rendu au Mercure universel, il nous arrivera à plusieurs reprises de suivre l'ordre du Républicain français par exemple, tout en reproduisant le texte du Mercure, qui n'aurait aucun sens, sans cette légère modification. Cf. p. 431, les paroles prononcées par Danton le 18 mai 1793.

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