CONTRE LES DÉSERTEURS
D'après le Républicain français (i).
(Convention, jeudi soir 15 août 1793, 4 heures.)
[Barère déclare qu'une des lettres reçues de Nantes par le Comité de salut public lui annonce « que le lie bataillon de Seine-et-Oise, alléguant qu'il n'a été requis que pour trois mois, veut retourner dans ses foyers. Toutes représentations sont vaines il doit partir le 15, c'est-à-dire aujourd'hui. Le 12" et le 13" bataillon paraissent vouloir imiter cet exemple, et leur absence serait funeste à la chose publique. » — On demande que le Comité présente un projet de décret sur cet objet.]
Danton. — Il est affreux, lorsque vous vous occupez de faire marcher la France contre nos ennemis, que des hommes qui ont les armes à la main demandent à les déposer lorsqu'elles sont encore nécessaires. La Convention, au nom du peuple pour lequel elle porte toutes les lois, doit en rendre une sévère, attendu les dangers qui menacent la patrie. (2) Je demande que vous décrétiez le principe suivant : Aucun corps armé et soldé par la République, ne peut se dissoudre sans que son remplacement ait été préalablement ordonné. Tout citoyen qui quittera ses drapeaux sans avoir obtenu son remplacement, sera puni de mort.
[La proposition de Danton est, sur-le-champ, mise aux voix et adoptée.]
(i) Le Moniteur, ne donne sur l'intervention de Danton qu'une note très brève. — Le texte du Journal des Débats est identique à celui du Républicain français.
U) Add. Chr. de Paris : «Citoyens, vous avez en main la force nationale; usez-en : que quiconque, ofl&cier ou soldat, dans les moments de danger quittera son poste, soit puni de mort. »