SUR LE RECENSEMENT DES GRAINS
D'après le Moniteur (i).
(Convention, samedi 17 août 1793.)
[Dornicr, (2) au nom du Comité de salut public, fait lecture d'un projet sur l'organisation des greniers d'abondance, pour assurer les subsistances de l'armée. L'approvisionnement se ferait par l'établissement d'une contribution en nature d'une quantité de sacs de blé déterminée par chaque arpent. — On trouve le projet impraticable, à cause de la diversité de rendement des sols. — Roux-Fazillac (3) propose de réduire la loi à ce seul article : « Il sera fait un recensement de tous les grains de la République ; chaque famille prendra la quantité nécessaire à sa subsistance ; le surplus sera déposé dans les greniers publics. — Bréard voudrait qu'on méditât le projet plus longuement et demande le renvoi au Comité.]
Danton. — Je ne m'oppose pas au renvoi (4), mais je rappelle à. la Convention une grande vérité (5) : c'est que tout gouvernement qui ne sait pas assurer la subsistance du peuple, court risque de se briser. Je lui rappelle qu'il faut tout mettre en œuvre pour satisfaire (6) le peuple sur ce point capital; je lui rappelle la nécessité de faire un recensement (7) de tous les grains de la République. (On applaudit.)
(i) Les textes du Moniteur, et du Journal des Débats, sauf les variantes, sont semblables.
(2) Claude-Pierre Domier, député de la Haute-Saône à la Convention.
(3) Pierre Roux-Fazillac, député de la Dordogne à l'Assemblée législative et à la Convention.
(4) Add. Rép. fr. : «... au Comité... »
(5) Rép. fr. :« ...mais je dois rappeler à la Convention nationale une grande vérité, c'est celle-ci :.., »
(6) Rép. fr. : «... rassurer... »
(7) Ibid. : « Vous devez donc faire un reœnsement... »