‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 30 sur 459 · LES SOURCES LUI · texte numérisé non relu

LES SOURCES LUI

point les haines personnelles et politiques ont défiguré le dernier et le plus admirable des discours du Conventionnel. Cependant, quelque hostile que soit le compte rendu de ce plaidoyer suprême, les beautés de fond et de forme ne laissent pas que de transparaître. Ce que le rédacteur s'est efforcé de celer, c'est sourtout la défense politique, la justification de Danton. Il n'a pas probablement songé à supprimer, à ridiculiser les beautés purement formelles; elles ont dû souvent lui échapper, ou plutôt, étant donné le goût général de l'époque, il se peut fort bien qu'il les ait prises pour des taches.

Les Notes de Topino-Lebrun viennent heureusement redresser sur plusieurs points les erreurs manifestement voulues du Bulletin. Pour bien comprendre toute la valeur qu'il faut attacher à ces notes, il convient d'en rappeler brièvement l'origine, l'histoire de leur découverte et de leur publication.

Topino-Lebrun (1), marseillais et peintre élève de David, était juré au Tribunal révolutionnaire. Il siégeait en germinal an II, avait été désigné pour l'affaire Danton, puis écarté avant l'ouverture des débats. Il suivit le procès en simple spectateur et prit au cours des audiences quelques notes pour mieux fixer ses souvenirs. En floréal an III, il fit partie du jury qui condamna Fouquier-Tinville et suivant son habitude nota les paroles les plus importantes prononcées par les accusés. Après le coup d'État du 18 brumaire, il fut lui-même impliqué dans la conspiration d'Aréna, arrêté, jugé, exécuté. Les scellés avaient été mis sur ses papiers qu'on transporta à la Préfecture de police.

(t) Il signe lui-même Topino-Lebrund. On pouvait lire en tête des notes qu'il avait prises durant le procès Fouquier-Tinville cette mention : (' François Topino-Lebrund, âgé de 31 ans, né à Marseille, département des Bouches-du-Rhône. »

LIV INTRODUCTION

C'est là que, cinquante ans plus tard, M. Labat découvrit les fameuses Notes. En 1861 le D'" Robinet les copia; en 1865 il en publia quelques extraits dans le tome XLIV de la nouvelle édition de la Biographie universelle de Michaud (article Westermann) ; en 1871, les Archives de la Préfecture et le manuscrit de Topino brûlèrent; en 1875, M. Robinet se décida à publier les Notes d'après la copie qu'il en avait prise en 1861 (1). Sa brochure, d'ailleurs assez rare, a donc aujourd'hui la valeur d'un document.

Notre troisième et dernier élément d'information sur le plaidoyer de Danton est constitué par les pièces conservées aux Archives nationales et publiées par M. Robinet dans son Procès des Dantonistes, et par quelques brochures de l'époque. Les pièces d'archives sont :

1° Le procès-verbal des audiences du Tribunal révolutionnaire des 13, 14, 15, 16 germinal an II (2);

2° La déclaration de Paris Fabricius au procès de Fouquier-Tinville (3);

3° Les pièces suivantes imprimées par Bûchez et Roux dans leur Histoire parlementaire :

a) Déposition de Villain d'Aubigny au procès de Fouquier-Tinville (t. XXXIV);

b) Déposition de Didier- Thirion au même procès (t. XXXV, p. 128);

4° un « Rapport sur le jugement de Danton-Lacroix, fait à la société populaire de Gisors, par Ambroise Pantin, commandant la garde nationale de la Commune », publié dans le Procès des Dantonistes, p. 555.

(i) J.-F.-E. Chardoillet [pseudonyme du D"" Robinet], Notes de Topino-Lebrun, juré au tribunal révolutionnaire, sur le procès de Danton et sur Fouquier-Tinville, Paris, J. Baudet, 1875, in-S", Bibl. Nat., Lb 41/4709.

(2) Arch. nat.^ F7 4436.

(3) Ibid.. W501.

l'établissement du texte lv

La plus importante des brochures relatives au drame de germinal est celle de Villain d'Aubigny (1). On y trouve, il est vrai, de longs extraits d'un discours attribué à Danton, exercices puérils de rhétorique larmoyante; mais par contre, certains détails ne sont pas à négliger.

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