SUR LA PENSION DE DESAUDRAY
D'après le Moniteur.
(Convention, quintidi 5 frimaire an II (lundi 25 novembre 1793).)
[Une députation du Lycée des Arts (1) est admise à la barre. — Sonorateur,Desaudray (2), vient soumettre à la Convention deux utiles découvertes : « la première permet d'enlever les couleurs et empreintes qui sont sur le papier », la seconde « permet à une personne qui aurait eu le malheur de se casser la jambe, de se panser sans aucun secours étranger ». « Citoyens, ajoute l'orateur, pour prix de mes services l'Assemblée nationale m'a accordé une pension de 1.000 livres qu'il me soit permis d'en faire hommage à la République. »]
Danton. — Il faut d'abord savoir si la pension dont fait hommage le citoyen Desaudray, est celle que lui fit donner La Fayette pour avoir travaillé avec lui à l'organisation contre-révolutionnaire de la garde nationale; car si c'était cette pension, la Nation ne lui devrait aucun remerciement. (3)
(i) Le Lycée des Arts était un établissement privé, situé au Palais- Royal, où des professeurs et des savants faisaient des conférences.
(2) Charles Desaudray, administrateur du Lycée des Arts au Palais- Royal, et professeur d'économie politique au même établissement. Cf. Tuetey, Répertoire des sources manuscrites de l'Histoire de Paris..., t. V, n08 3596, 3684. J. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, t. I, pp. 468, 470; t. III, pp. II, 27-28.
(3) Rép. fr. : « Avant que la Convention accepte la remise de cette pension je désire qu'on sache si c'est celle accordée au pétitionnaire que je connais bien, par l'influence de La Fayette par lequel il a été employé. » /. des Débats : « Danton demande la parole sur l'offrande particulière de Desaudray; il propose à la Convention de s'assurer que la pension dont on lui offre la remise a réellement été méritée par des services rendus à la patrie. Quant à lui il sait que Desaudray était
Quant aux découvertes, je demande que la Convention charge ses comités de les examiner. (1)
[La Convention nationale charge son Comité des finances de prendre des renseignements sur la pension dont fait hommage le citoyen Desaudray et décrète la mention honorable des découvertes qui lui sont présentées.]