‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 321 sur 459 · SUR LES DÉNONCIATIONS · texte numérisé non relu

SUR LES DÉNONCIATIONS

— On demande l'ordre du jour. — Choudieu insiste pour que Richard soit entendu. — Richard commence la lecture de la dénonciation.]

Danton V interrompant. — Je demande que la dénonciation soit renvoyée au Comité de salut public (1).

Il ne faut pas écarter par l'ordre du jour une dénonciation qui, enfin, pourrait être fondée, surtout quand elle est faite contre des niembres de l'Assemblée, mais fût-elle démontrée vraie, vous ne pourriez encore rien statuer que d'après un rapport. (2)

Il est temps que les absurdités qu'on va débitant sans cesse contre les représentants du peuple, aient un terme. On envoie les uns en Suisse, on donne aux autres des châteaux en Espagne...(3)Nous devons être sévères envers tous les membres de l'Asseniblée, mais justes.

(4) Que le Comité de salut public juge les commissaires envoyés dans les départements, cet objet le regarde et fait partie de ses devoirs; pour nous, occupons-nous sans cesse des grands intérêts du peuple français. (5)

[Le renvoi est décrété.]

(i) Add. Mon. : «... qui vous fera un rapport sur cet objet. »

(2) Add. Mon. : « Il faut enfin que la Convention sache gouverner. Elle saura faire taire la calomnie. »

(3) Points de suspension dans le texte.

(4) Add. Mon. : « Le Comité de salut public est pris ou présumé pris dans l'élite des membres de la Convention : il examinera toutes les dénonciations. »

(5) Add. Mon. : « Je demande qu'on passe à un ordre de travail qui donne des résultats utiles à la République. »

SUR LES « MASCARADES ANTI-RELIGIEUSES » DONNÉES A LA BARRE DE LA CONVENTION

D'après le Républicain français.

(Convention, sextidi 6 frimaire, an II (mardi 26 novembre 1793).)

[Un certain nombre de députations des communes apportant les dépouilles de leurs églises se présentent à la barre. « Des prêtres venaient encore abjurer leur état, dit le Républicain, lorsque Danton voyant avec peine l'Assemblée perdre à les entendre un temps précieux que réclamait l'intérêt général, a demandé en ces termes l'exécution du décret qui charge un comité de recevoir toutes les renonciations des ministres du culte catholique . ... »]

Danton. — (1) Il existe une loi qui charge un Comité de recevoir les renonciations des prêtres. J'en demande l'exécution (2).

On exalte beaucoup trop des démarches impérieusement commandées par les circonstances. Sans doute ceux qui les premiers en ont donné l'exemple ont mérité des félicitations; mais il ne faut pas savoir un très grand gré aux autres d'être entraînés par l'irrésistible torrent de l'opinion. (3)

(i) Add. Merc. un. : « Nous ne serions occupés qiie de ces abjurations si nous voulions écouter la foule de ces prêtres qui viennent se présenter. »

(2) Mon. : « Il y a un décret qui porte que les prêtres qui abdiqueront iront porter leurs renonciations au Comité. Je demande l'exécution de ce décret; Add. car je ne doute pas qu'ils ne viennent successivement abjurer leur imposture. »

(3) Add. Merc. un. : « Ceux qui ne font que suivre l'impulsion communiquée, croient-ils donc que nous allons nous extasier parce qu'ils veulent bien se donner la peine d'être raisonnables? Mon. Nous ne voulons nous engouer pour personne. » -^ Var. Mon. : « Il ne faut pas tant s'extasier sur la démarche d'hommes qui ne font que suivre le

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