SUR LES, « MASCARADES ANTI-RELIGIEUSES
Des républicains ne doivent pas se livrer avec tant de prodigalité à l'enthousiasme, pas même pour honorer le prêtre de l'incrédulité. (1)
En thèse générale, il ne faut même plus admettre ces mascarades anti-religieuses. (2) Que les individus éclairés par la raison, qui sentent qu'ils doivent apporter le matériel de leur culte, renoncent à en faire trophée. (3) Notre mission n'est pas de recevoir des processions, (4) et d'entendre des prêtres qui abjurent. Ce serait toujours le même cercle à parcourir, les mêmes discours à écouter.
Il y a un terme à tout (5). Je demande que ce terme soit posé. (6)
torrent. » Abrev. un. : « Nous ne sommes pas ici pour nous extasier sur l'abjuration d'un prêtre qui cède au torrent. » Réptiblicain : « On a pu accueillir avec complaisance les prêtres qui, les premiers, sont entrés dans la carrière de la raison, mais que ceux qui viennent après eux ne croient pas qu'on s'extasie sur leurs démarches quand ils ne font que suivre l'impulsion du peuple. » Merc. un. : «... nous pouvions admettre les premiers qui sont entrés dans le sentier de la raison... » F. du salut public : « Le premier prêtre philosophe devait être applaudi ; les prêtres qui abjurent à présent suivent le torrent de la raison que le peuple entier reconnaît. »
(i) Add. Mon. : « Si nous n'avons pas honoré le prêtre de l'erreur et du fanatisme, nous ne voulons pas plus honorer le prêtre de l'incrédulité ; mais nous voulons servir le peuple. »
(2) Mon. : « Je demande qu'il n'y ait plus de mascarades anti-religieuses dans le sein de la Convention. »
(3) Mon. : « Que les individus qui voudront déposer sur l'autel de la patrie les dépouilles des églises ne s'en fassent plus un jeu ni un trophée. »
(4) Add. Mon. : «... de recevoir sans cesse des députations qui répètent toujours les mêmes mots... »
(5) Add. Mon. : « ..., même aux félicitations. »
(6) Mon. : « Je demande qu'on pose la barrière. » Add. Républicain : « Occupons-nous d'objets d'un intérêt plus grand, plus digne de nous; F. du salut public; occupons-nous donc désormais de lois qui rendent au bonheur ce peuple majestueux; Républicain que ce ne soit pas en vain que nous ayons mis la Terreur à l'ordre du jour; reportons-la sans cesse chez l'égoïste, chez l'aristocrate, et surtout chez le parti de l'étranger qu'on vous a dernièrement encore dénoncé travaillant dans l'ombre contre la liberté publique. Voudrions-nous rester en arrière du peuple?
F. du salut public Vengeons le peuple, frappons en son nom les traîtres et rappelons-nous que le temps de la clémence n'est pas encore arrivé. »^' — Var. Merc. un. : « Occupons-nous d'objets plus grands, plus dignes des représentants du peuple ; que ce ne soit pas en vain que
Ce que le peuple veut de nous, c'est de lui donner des lois, c'est de le faire jouir des conséquences de notre Constitution.
Je demande surtout un rapport prompt sur le complot qu'on annonce avoir existé dans l'étranger. (1) Il faut en rechercher sévèrement les auteurs et les complices jusque dans le sein de l'Assemblée. Il faut poursuivre les traîtres partout sous quelques formes qu'ils se déguisent. (2)
Mais ayons soin de distinguer ce qui tient à l'erreur de ce qui tient au crime. Le peuple veut que la Terreur soit à l'ordre du jour (3); mais il veut qu'elle soit reportée contre les véritables ennemis de la République, et contre eux seuls (4); mais le peuple ne veut pas que l'individu qui n'est pas né avec la vigueur révolutionnaire, soit par cela seul, traité comme un coupable; s'il ne s'écarte point de ses devoirs, le peuple veut encourager jusqu'au faible, lorsqu'il n'a pas l'idée du crime. (5)
Cet Henri IV tant célébré, qui fut un roi et un misérable comme tous ceux qui ont porté ce nom, disait à un chef de la Ligue, (6) après l'avoir fait suer par une marche forcée : « Cest la seule vengeance que je veux tirer de vous, »
nous ayons mis la Terreur à l'ordre du jour, frappons les conspirateurs; reportons la Terreur chez le parti de l'étranger que votre Comité de sûreté générale vous a dénoncé, et qui travaille encore dans l'ombre. » F. du salut public : « On nous a dénoncé un complot avec l'étranger. »
(i) Mon. : « Il faut que les Comités préparent un rapport sur ce qu'on appelle une conspiration de l'étranger. »
(2) Add. Mon. : « Il faut nous préparer à donner du ton et de l'énergie au gouvernement. » — Var. Ahrev. un. : « ... à redonner du ton et de l'énergie au peuple français. »
(3) Add. Mon., Ahrev. un. : « ... et il a raison, parce que tous ses ennemis ne sont pas encore détruits... »
(4) Add. Mon. : « ..., c'est-à-dire contre les aristocrates, Contfè les égoïstes, contre les conspirateurs, contre les traîtres amis de l'étran^ ger... »
(5) Mon, : a Le peuple ne veut pas que celui qui n'a pas reçu de la nature une grande force d'énergie, mais qui sert sa patrie de tous ses moyens, quelques faibles qu'ils soient, non, le peuple ne veut pas qu'il tremble. » Abrev. un. : « Il veut être inexorable, mais il veut encourager le faible. »
(6) Mon. i « Un tyran après avoir terrassé la Ligue disait à un des chefs qu'U avait vaincus... »