SUR LES PRÉNOMS ANTIQUES
D'après le Républicain français.
(Convention, scptidi 7 nivôse, dn II (vendredi 27 décembre 1793).)
[Un arrêté des administrateurs de Langres, qui ont interdit à un particulier (1) de prendre le nom de Socrate et annulé les actes passés entre citoyens qui changent leur nom pour prendre ceux de Solon, Lyciirgiie, Sacrale et autres grands hommes de l'antiquité, donne lieu à quelques débats. — Charlier observe qu'une foule d'aristocrates prennent des noms sublimes pour se couvrir. Il demande qu'aucun individu ne puisse changer son nom de famille.]
Danton. — (2) Depuis que les saints sont dénichés du paradis, il faut bien qu'on puisse ne plus s'appeler George ou Pierre; mais certes, il y a de l'extravagance a prendre les noms des plus grands hommes de l'antiquité, quand on n'a pas leurs vertus (3). C'est à la postérité à donner de grands noms à ceux qui ont rendu de grands services.
Mais comme il n'y a pas d'inconvénient à s'appeler choux ou navet, je demande qu'on soit tenu de prendre ses prénoms dans le calendrier que l'Assemblée a décrété; (4) et, quant à son nom, qu'on ne puisse le changer (5).
(i) Ce « particulier », fonctionnaire public à Langres, porta,it le nom de Socrate-Maillard, et la commune avait déclaré nuls les actes passés par lui sous ce nom.
(2) Add. F. du salut public: « J'appuie la motion de Charlier. »
(3) Add. Merc. un. : «... ; ces tournures de noms ampoulés ne montrent que mieux la nullité de l'individu qui les porte. »
(4) Merc. un. : « Je demande que nul ne pourra adopter de prénom, s'il ne le prend dans le nouveau calendrier. Add. {On rit.) »
(5) Add. Merc. un. : « ... ; il est des aristocrates qui boivent fort bien la ciguë dans des verres dorés. F. du salut public : Je demande au reste qu'il soit renvoyé au Comité de législation pour présenter le
[Ces propositions sont envoyées au Comité d'instruction publique.]