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LES PREMIERS ESSAIS D EDITION XI

Jusque vers 1889, les tomes de ce recueil ofTiciel (1) se succédèrent régulièrement, sans incident notable (2). Mais cette année-là, une étude que lui consacra M. J. Guifîrey, dans la revue La Révolution Française, prouva que sa valeur scientifique était radicalement nulle : jamais les éditeurs n'indiquaient leurs sources, leur texte n'était qu'une marqueterie fantaisiste, ils ne savaient que très imparfaitement ce que c'était que la méthode, s'inquiétaient fort peu d'intervertir l'ordre des discussions ou d'estropier les noms des orateurs (3).

MM. Mavidal et Laurent se montrèrent très irrités des critiques qui leur étaient faites. Ils ne jugèrent pas à propos d'en reconnaître le bien fondé, et continuèrent imperturbablement à suivre leur propre « méthode » qu'ils estimaient excellente.

A partir de l'année 1896, on remarqua une légère amélioration dans la conception et dans l'aspect des volumes.

Les premiers directeurs de l'entreprise avaient disparu. Ils furent remplacés par MM. Lataste, Claveau,

(i) « Les Archives parlementaires sont nées de l'initiative libérale de M. le duc de Morny. Ses successeurs à la présidence de la Chambre, M. le comte Walewski et M. Schneider, ont tenu à honneur d'accorder leur patronage à une entreprise dont la réalisation eût été impossible sans l'appui du Corps législatif. » {Avertissement du t. I, série I).

(2) Après le renversement de l'empire le recueil fut imprimé « par ordre du Sénat et de la Chambre des Députés » au lieu de l'être « par ordre du Corps législatif. » Le tome VIII, 1875, était précédé d'un avertissement où les éditeurs « croyaient devoir donner quelques explications sur la méthode adoptée pour la reproduction aussi complète que possible des débats et des documents législatifs de la période révolutionnaire. » Ils déclaraient suivre le Procès- verbal, le Moniteur, le Journal des Débats et le Logographe.

(3) Etude sur la collection publiée sous le titre d' « Archives parlementaires»... JÇéw./r., 1889, t. XVI.p. 5-29; tiré à part, Paris, Charavay, 1889, in-80. Je n'ai pas à reprendre ici la démonstration faite par M. Guifîrey. je renvoie à son article, ses conclusions ne sont pas discutables. — Cf. également l'article de M. Aulard, à propos d'une réponse de MM. Mavidal et Laurent, Ibid. pp. 193-208.

XII INTRODUCTION

Pionnier et Ducom (1) qui, en 1877, après avoir signé les tables de l'Assemblée législative, commencèrent l'impression du compte rendu des séances de la Convention. Ils écrivaient dans la préface du tome 52: « Nous procédons pour la Convention comme pour la Législative et la Constituante. Le procès-verbal constamment sous les yeux, nous donnons un compte rendu de chaque séance aussi complet que possible à l'aide du Moniteur et de divers autres journaux tels que le Journal des Débats et des Décrets, VAuditeur National, VAssemblée Nationale (Perlet), le Mercure Universel, le Point du Jour, le Bulletin de la Convention Nationale, les Annales patriotiques, le Logotachigraphe, etc., etc.. »

Donc, au point de vue de l'établissement du texte des discours, on continuait à suivre les règles Mavidal et Laurent, c'est-à-dire la marqueterie et la suppression des indications de sources. Par contre les nouveaux éditeurs avaient décidé « d'introduire à leur ordre, en indiquant les collections où ils les avaient recueillis, les rapports ou discours publiés, à part, in extenso, par ordre de l'Assemblée Nationale ou par le soin des auteurs eux-mêmes...»

Naturellement cette demi-mesure ne satisfit personne : les critiques continuèrent comme par le passé au grand étonnement des éditeurs qui, vers 1901, dépêchèrent à leur principal adversaire celui d'entre eux qui semblait le plus qualifié pour apprendre de lui quelles pouvaient bien être les exigences de la critique historique.

L'entretien ne fut pas tout à fait inutile. La Note suivante, qui figure en tête du tome 61 paru en 1902, le prouve : « Nous rappelons au lecteur, ainsi que nous l'avons dit au début de la publication des séances de la Convention (tome 52), qu'en vue de donner un compte rendu aussi

n) Ce dernier était pourvu du titre d' « archiviste paléographe ».

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