‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 56 sur 459 · AUX CORDELIERS · texte numérisé non relu

AUX CORDELIERS

(Assemblée du district des Cordeliers, lundi 13 juillet 1789.)

[Lavaux, avocat aux Conseils, assista aux Cordeliers à la séance du 13 juillet. Il en fait la description (1) et ajoute :|

Enfin j'aperçois Danton, mon confrère, en qui j'avais toujours remarqué un esprit juste, un caractère doux, modeste et silencieux. Quelle fut ma surprise en le voyant, debout sur une table, déclamer d'un ton frénétique, appelant les citoyens aux armes pour repousser 15.000 brigands rassemblés à Montmartre, et une armée de 30.000 hommes prête à fondre sur Paris, le livrer au pillage et en égorger les habitants.

Épuisé de fatigue, Danton se calme et cède la place à un autre énergumène. Je vais à lui et je l'interroge sur la cause de ce vacarme; je lui parle de la tranquillité, de la sécurité que j'ai vues régner à Versailles. 11 me répond que je n'y entends rien, que le peuple souverain est levé contre le despotisme : « Soyez des nôtres, me dit-il, le trône est renversé et votre état perdu; pensez-y bien!... »

(i) Lavaux, Les Campagnes d'un avocat, ou Anecdotes pour servir à l'histoire de la Révolution. Paris, 1815, in-S". Bibl. nat., La •'-/gô. — Cf. Aulard, Etudes et Leçons..., Y^ série, pp. 294-308. Danton et l'avocat Lavaux.

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