DANTON DEMANDE COMMUNICATION DE PROCÈS-VERBAUX
qu'on fît lecture des procès-verbaux du 22 janvier, dressés
jeter le trouble et la discorde parmi les citoyens ; dans la séance de ce matin, déclare qu'elle ne peut voir sans indignation et sans la douleur la plus extrême à l'aspect des menées que peuvent pratiquer de vils agents, que ce soit avec des calomnies atroces que l'on cherche à étouffer le patriotisme pur et ferme de l'assemblée en attaquant les membres du district des Cordeliers; déclare encore sur l'honneur et sur sa foi, à qui la plus haute confiance et le respect ne peuvent être refusés par tout bon citoyen, qu'il est faux que le sieur d'Anton ait tenu aucuns propos autres que ceux que peuvent et doivent avouer la liberté, la justice et la vertu. A arrêté que cette déclaration • lui serait délivrée, et tous citoyens témoins des actes et des discours du sieur d'Anton invités, par leur patriotisme, foi, et confiance à signer la présente déclaration; et qu'elle sera envoyée à l'Hôtel de Ville.
)) Signé : Paré, président; Fabre d'Eglantine, vice-président; Labiée, Pierre Duplain, secrétaires;... et autres citoyens du district au nombre de trois cents et plus. »
Cinq semaines plus tard Danton fut décrété de prise de corps par le Châtelet de Paris. « Nous apprenons dans le moment, disent les Révolutions de Paris du 20 mars 1790, {nP 36, p. 29), que M. d'Anton, ancien président du district des Cordeliers, mandataire provisoire à la Ville, et le seul d'entre eux qui soit député à l'Archevêché pour le plan municipal, est décrété de prise de corps par le Châtelet, pour les discours qu'il a tenus le jour où M. de La Fayette envoya une armée pour arrêter le sieur Marat. Le district des Cordeliers a pris, hier 18 mars, l'arrêté suivant :
« Sur la dénonciation faite à l'assemblée générale que le Châtelet de » Paris vient de rendre des décrets contre plusieurs membres du dis- » trict, et notamment un décret de prise de corps contre M. d'Anton, .)) son ancien président et son mandataire à l'Hôtel de Ville, sur l'impu- )) tation à eux laite par deux huissiers d'avoir tenu des discours pré- )) tendus incendiaires dans une assemblée générale, imputation » démentie par la signature de plus de trois cents membres qui compo- » saient alors cette assemblée lesquelles signatures sont consignées )' dans un acte qui a été signifié aux officiers du Châtelet dans la per- » sonne de leur greffier,
» L'assemblée considérant que la liberté la plus entière doit régner » dans les assemblées légales et que chacun doit avoir la faculté d'y » manifester son vœu et d'y exprimer son opinion sans avoir à redou- )> ter d'autre autorité que celle de l'assemblée dont il est membre...
» Considérant que les citoyens ne seraient bientôt plus en sûreté ■ » dans le sein même de leurs assemblées s'il se trouvait des ennemis » du bien public assez audacieux pour empoisonner par une interpré- )) tation maligne leurs discours les plus innocents; s'il se trouvait des » juges assez mal intentionnés pour sévir contre eux sous ce dangereux » prétexte, bientôt le despotisme le plus tyrannique prendrait la place » de la liberté et l'on verrait sacrifier les citoyens qui, avec les inten- )) tions les plus pures, auraient manifesté leurs opinions avec force » et énergie...
» L'assemblée générale a arrêté qu'il serait présenté une adresse à