LES SOURCES XV
assemblées révolutionnaires, les littérateurs qui veulent étudier l'éloquence de ce temps, ne savent aujourd'hui que ce qu'ils savaient en 1867 ou en 1885 alors qu'on découvrait les lacunes énormes de nos connaissances. Il est regrettable que l'importante subvention inscrite chaque année au budget de la Chambre des députés soit surtout employée à augmenter le traitement de bibliothécaires, d'archivistes et de commis. Il n'y aurait encore que demi-mal si ceux-ci n'avaient jamais rien publié; mais ils ont voulu montrer qu'ils gagnaient honnêtement leur argent, ils ont entassé volumes sur volumes, et bien que leur œuvre soit scientifiquement plus que médiocre, elle est budgétairement définitive (1).
Après ce que nous venons de dire, une édition des discours de Danton ne paraîtra pas inutile. Si nous ajoutons que ses discours improvisés ont été plus maltraités par les journalistes qui « faisaient » l'Assemblée que ceux des autr. s orateurs, si nous rappelons l'importance de l'homme d'Etat, l'influence de ses moindres paroles et leur valeur littéraire, on comprendra que nous lui consacrions ce premier essai d'édition critique de discours révolutionnaires.