CONTRE LA FAYETTE ET LE DISTRICT DE SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS
(Assemblée générale du district des Cordeliers, samedi 29 mai 1790).
[On avait lu à l'assemblée générale des Cordeliers un arrêté du district de Saint-Germain-FAuxerrois, qui semblait fort inquiet de certains bruits relatifs à la démission prochaine du commandant-général de la garde nationale. « Cette place semble avoir été faite pour le seul marquis de La Fayette : c'est la Providence qui nous l'a donné; que la Providence nous le conserve ! C'est le vœu de tous les citoyens de Saint- Germain-l'Auxerrois. (2) » La réponse de Danton ne se fit pas attendre. I
Le district des Cordeliers, peu facile à s'alarmer, peu susceptible d'enthousiasme, si ce n'est de celui qu'inspire la liberté, déclare qu'il a entendu sans inquiétude lesbruits (3)
(i) Pièce, 4 p., in-8o. Bibl. de la Ville de Paris, dossier. 10.065. L'arrêté fut publié par la Chronique de Paris du 9 juin, n° 160. — Cf. Bougeart. Les Cordeliers, pp. 258-261, et Sig. Lacroix, Actes de la Commune de Paris..., i^e série, t. V, p. 554.
Nous donnons cet arrêté de l'assemblée générale des Cordeliers à titre d'exemple. De toute évidence, il est de la main de Danton, et c'est probablement le résumé d'un discours prononcé par lui. Cet arrêté n'est pas le seul que nous possédions; mais, outre qu'il est très difficile de réunir tous les textes existant relatifs aux Cordeliers (ce serait un travail fort utile et fort intéressant à entreprendre) , il est parfois malaisé de discerner dans les arrêtés signés ou non par Danton, ce qui lui appartient en propre, et enfin tels de ces arrêtés se présentant sous une forme plus juridique qu'oratoire, ne devaient pas figurer ici.
(2) Bibl. nat., Lb''o/i572.
(3) « Le bruit courait à ce moment, à la suite du désaccord qui s'était produit à l'Assemblée nationale dans la discussion du droit de paix et de guerre entre de La Fayette et de Lameth (Charles), que ce dernier aspirait au commandement de la garde nationale; il démentit cette rumeur dans une lettre à La Fayette, déclarant qu'il n'avait jamais eu pareille idée, et que, si cet honneur lui était offert, il ne l'accepterait