‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 84 sur 459 · ASSEMBLÉE NATIONALE DU 10 NOVEMBRE 179O · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE NATIONALE DU 10 NOVEMBRE 179O

est déposé ; ce vœu est le résultat des inquiétudes du peuple. » Il supplie l'Assemblée «d'entendre cette adresse avec bonté ».]

M. Danton^ orateur de la députation. — L'Assemblée nationale a cru devoir décider qu'il n'y avait pas lieu à délibérer sur la proposition qui lui a été faite de déclarer au Roi que les ministres avaient perdu la confiance publique.

L'Assemblée nationale, les amis de la liberté, la France entière, n'en avaient pas moins lieu de penser que ces ministres ne porteraientpasl'impudeur jusqu'à se faire un triomphe d'un décret négatif. La France entière avait lieu de penser qu'ils donneraient une démission que l'Assemblée nationale aura toujours le droit d'exiger lorsqu'elle le jugera convenable.

M. l'abbé Maury. — Qui est-ce qui a dit celèi'? (Il s'élève beaucoup de murmures ; on demande que M. l'abbé Maury soit rappelé à l'ordre et que l'orateur continue.)

M. Cazalès. — On doit tout écouter, même les absurdités politiques...

Danton. — Cette Commune, composée de citoyens qui appartiennent en quelque sorte aux quatre-vingt-trois départements,.. (Plusieurs membres de la partie droite : « Cela n'est pas vrai! )>)... jalouse de remplir au gré de tous les bons Français... (Plusieurs membres de la droite : « Il n'y en a pas d'autres ! ») ... les devoirs de première sentinelle de la Constitution, s'empresse d'apporter un vœu cher à tous les ennemis du despotisme, un vœu qui se serait fait entendre de toutes les parties de la grande famille de l'Etat, si les sections de l'empire avaient pu se réunir aussi promptement que celles de Paris. Ce vœu est le renvoi prompt, le renvoi immédiat des ministres.

M. l'abbé Maury. — ,Te demande la parole.

Danton. — L'un d'eux, M. Champion (1), est accusé

(i) Champion de Cicé, garde des sceaux, député du clergé de la séné- ■chaussée de Bordeaux. Cf. Lettre de Sergent, président de l'Assem-

et déjà convaincu d'avoir altéré le texte de plusieurs décrets(l),... (Plusieurs membres de la partie droite :«Celà n'est pas vrai !»)... d'avoir retardé l'exécution et l'envoi de décrets qui importaient à la tranquillité publique,, et notamment de celui qui ordonnait l'information contre les contre-révolutionnaires de Montauban (2)... (Plusieurs voix de la droite :

blée des députés des quarante-huit sections de Paris Arch. nat.,

D XXIX^» 17, n" 186. — Une seconde lettre de Sergent Arch. nat.,

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