F. X. PERRAULT, M.D
Comme je l'ai dit auparavant, ce renseignement m'a été fourni, il y a quelque temps. J'avais appris ces faits je dois le dire, même avant que cette Chambre ait été convoquée, Je les avais appris, mais non d’une manière satisfaisänte, quelque temps après l'admission, dans l’asile, du prétendu aliéné.
Cosont quelques-uns des gardiens, qui m’en avaient fait part ; mais je ne pouvais accepter leur autorité.
Les honorables membres de la gauche demanderont sans doute :
‘“ Comment se fait-il qu'un homme, qui a été le médecin visiteur d’une maison de santé, et qui connaissait qu’un patient n'était pas aliéné, lui ait, cependant, permis de rester dans l'institution, où il simulait la folie?” Je demanderai aux honorables députés et à tous ceux qui connaissent les circonstances danse lesquelles Riel fut interné à l'asile, s’il eût été prudent, même dans l'intérêt public, de révéler alors ce secret, et de mettre cet homme en liberté, C'était en 1876, L'amnistie avait été proclamée; mais le meurtre de
Scott n'était pas oh et personne n'était intéressé À ce ue le malheureux Riel servît de cible à la balle, qui aurait cherché à venger Soott,
Quelques DÉPUTÉS: Oh ! oh!
M. CHAPLEAU : J'entends rire quelques députés, Je voudrais qu'ils eussent été dans la province de Québec, dans les conseils de leurs propres amis, dont quelques-uns sont venus me trouver, en ma qualité de secrétaire provincial, et m'ont dit qu'en effet cet homme était Louis Riel, mais que son nom n'avait pas été révélé, pour la raison que j'ai mentionnée. Ils m'ont dit que je ne serais jamais blâmé pour cette détention. Je ne me reproche pas d’avoir admis à l'asile ce Louis David qui, ainsi que les amis de l'opposition me l'ont dit plus tard, n'était autre que Louis Riel. Le fait de ne pas avoir agi ainsi n'aurait produit aucun bien. Les
apiers qui m'ont été présentés étaient en règle et je devais es admettre comme membre du gouvernement.
L'autre pièce que jabRere ici, à l'appui de la lettre du juré de Régina, est le certificat d’un homme dont j'hésite à donner le nom à la Chambre, (Cela pourrait lui susciter des difficultés, des persécutions; mais j'ai le document en ma possession, et celui auquel il a été remis m'a dit que je pouvais en faire connaître le contenu à la Chambre,
ue la personne qui l'avait écrit n'y avait pas d’objection. J e fais la chose sous ma responsabilité. C'est le certificat d’un homme qui occupe une baute position dans la profession médicale, un homme dont la science peut être attestée
ar les sommités de la faculté. C’est le certificat du Dr. Lséoitée chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Montréal et professeur à la faculté de médecine de l’Université Victoria. Le Dr Brunelle a connu Riel intimement, Il l’a connu à Montréal, à l'asile Beauport et, plus tard, aux Etats-Unis où il a vécu avec lui durant plusieurs semaines, Le certificat se lit ainsi:
Je soussigné certifie que, lors de l’internement de Louis Riel (que j’ai connu tout particulièrement anx Etats-Unis eten Canada) à Beauport et après cette époque, j'ai constaté à diverses reprises qu’à part certaines excentricités de manières, peu marquées du reste, il était parfaitement lucide et sain d'esprit, et put absolument bien sur tous sujets lors-
u’il n'était pas observé. J’atteste de lus, qu'en ma présence, que le dit ouis Riel a simulé la folie dans un but de supercherie si évident qu’il ne saurait y avoir, dans mon esprit, aucun doute sur le caractère de sa
prétendue démence.