MONSIEUR
Votre communication du 17 décembre 1885, n'étant signée que par vous, n’a pas à nos yeux l'effet d'annuler la lettre que vous avez signée conjointement avec vos deux collègues, en date du 11 décembre, nous retirant l'autorisation de recevoir temporairement les aliénés dans notre établissement.
Vous ignorez évidemment que la sect. 88 de la loi, exige un ordre d'admission temporaire pour les aliénés venant des Cours de Police, des Cours du Recorder et des Juges de Paix. N'ayant pas reçu de Dieu le don de divination, nous ne pouvons savoir, lorsqu'un aliéné se présente à nos portes, si votre bureau médical donnera ou ne dunnera pas un tel ordre d'admission temporaire.
Nous ne commettrons pas la sottise de recevoir des aliénés dans notre établissement et de laisser partir ceux qui les amènent et qui viennent quelquefois de très loin, sans savoir préalablement si les documents exigés par loi ont été faits en règle, ou sans avoir un ordre d'admission du bureau médical.
Veuillez signer conjointement avec vos deux collègues un écrit nous autorisant à recevoir temporairement les aliénés qui se présentent en votre absence, et nous le ferons pour épargner au public des démarches inutiles et pour vous éviter à vous-même et à votre famille des désagréments. Mais ne faites pas de distinction entre telle catégorie d'aliénés et telle autre, car je ne suis pas toujours présente au parloir et je ne puis laisser à d’autres la responsabilité de l’action dans ces cas.
Je ne comprends pas vraiment, pourquoi vous attachez tant d’importance à des choses aussi futiles Vous nous causez du trouble avec des riens, alors qu’à Beauport tout se passe simplement et raisonnablement, comme cela doit s: passer entre gens intelligents. M. Vincelette, le préfet, reçoit les aliénés avec les documents et garde les aliénés dans son établissement lorsque les documents sont corrects jusqu’à la visite du Dr Vallée. Ce dernier prend alors les documents et en donne reçu à M. Vincelette, Jamais le bureau médical de Québec n’a eu la puérilité de s’imaginer qu’en donnant un reçu à celui qui lui remet effectivement les documents, il mettrait ses droits en danger. Ce n’est qu'ici que l’on voit ces choses-là, Cela prêterait à rire si ce n’était si ridienle !
Qu'est-ce que cela nous fait à nous, de recevoir les documents de vous, ou d’une autre personne venant d'Ottawa, de St Jean, de St Hyacinthe! mais du moment que nous les recevons d’une autre personne, nous ne pouvons dire, sous notre signature, que nous les avons reçus de vous,— dire un mensonge ! Un enfant même comprendrait cela.—Vous antres, vous vous imaginez y voir des montagnes !
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Pardonnez si je vous écris franchement, je ne vous rends pas responsable de toutes ces prétentions puériles et déraisonnables, mais je les traite comme elles méritent d'être traitées. ;
Encore une fois, je serai consentante à reprendre le système de recevoir les aliénés à l'asile, pourvu qu'on ne vieñhne plus me troubler à ce propos.
Je demeure avec considération monsieur, Votre très humble servante,
Sr THÉRÈSE DE JÉSUS, Supérieure.
MÉNACES ET VIOLENCES.
Je pourrais continuer, à perte de vue, des citations de documents officiels semblables à tous ceux que je viens de donner. La lutte était constante, elles renaissait à chaque moment, c'était toujours les mêmes efforts de la part du büreau médical, la même résistance de la part de la communauté.
Vers la fin de novembre 1885, les inspecteurs des asiles, voyant que cette lutte perpétuelle était inutile, résolurent de tenter un grand eftort. Ils se rendirent auprès de la Supérieure de St. Jean de Dieu et auprès de la Supérieure générale de la communauté à Montréal et ils demandèrent quartier. Ils déclarèrent que le gouvernement était disposé a faire beaucoup de concessions et à amender la loi dans toutes les parties ou elle se trouvait contraire aux droits de la communauté, pourvu que cette dernière fit à son tour des concessions qui auraient pour effet d'amener une entente.
Les inspecteurs d’asiles furent priés de mettre leurs propositions par écrit et ils reçurent l'assurance que la communanté ferait tout en son pouvoir pour amener une entente. Les inspecteurs promirent de préciser ces propositions par écrit et ils se retirèrent.
Vers la fin de décembre, c’est-à-dire, un mois après, le président deg inspecteurs, Monsieur L. L. L. Désaulniers (un homme qui avait assez d'LL pour planer, s'il avait été un aigle) se rendit à la maison-mère, dé:lara que les ministres avaient changé d'opinion et qu'ils ne voulaient pius faire de concessions, qu’ils voulaient que les Sœurs adoptassent la loi telle qu’elle était, si non que le gouvernement aflait prendre les moyens de ruiner la communauté.
Cette sotte menace aurait pu paraître vaine, si une dizaine de jours après, le 8 janvier 1886, le docteur Désaulniers, n'était allé officiellement annoncer à la tévérende Sœur Thérèse de Jésus qu’il était chargé d'enlever 30 idiotes pour les conduire à St. Ferdinand d'Halifax. Le même docteu:
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déclara alors que ce détachement serait suivi de plusieurs autres, que la communauté resterait tout au plus avec 300 patients choisis parmi les plus furieux, les plus difficiles à garder et les plus couteux ; il est même douteux, ajoutait-il, que le gouvernement vous en laisse trois cents,
Voilà où en était rendus ces gens qu'on représente comme n'avañt pas en le désir de mettre la loi à exécution.
Voici le principal officier du gouvernement, qui menace la communauté et se sert des grands moyens. Ce fait est grave, il démontre toute l'hostilité du gouvernement et de ses employés, il prouve que pour forcer la communauté à accepter la loi, on a même eu recours aux menaces et aux moyens indus. Je voisi ci sourire l'honorable chef de l'opposition, je le défie de nier cette assertion et les faits que je viens d'avancer.
L'Hon. M. TAILLON.—Je les nie et je vous défie de les prouver.
* L'Hon. M. PELLETIER.—Eh bien, monsieur, puisque l’on nie ave, tant d'assurance, je vais établir mon assertion de manière à ôter toute envie de répéter la même dénégation à l'avenir. Je tiens en ee moment entre mes mains une déclaration que je vais lire à cette Chambre et qui fera justice de la prétendue bonne foi de certains grands hommes, du dégré de crédibilité que peuvent avoir leur paroles :
HOspICE NT. JEAN DE DIEU, Longne-Pointe, février, 1889.
Je déclare que vers la fin de novembre mil huit cent quatre-vingt-
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cinq, MM. Desaulniers et de Martigny, inspecteurs d’asiles, ont insisté
auprès de moi pour que le, bureau médical nommé par le gouvernement
fut admis à traiter les patients, et pour que la communauté entrât en pourparlers d’arrangements à ce sujet.
‘ Les deux inspecteurs susdits me déclarèrent que le gouvernement était disposé à faire beaucoup de concessions et à amender la loi ete. Ils sont revenus me répéter les mêmes choses quatre ou cinq fois à différents intervalles.
“ Subséquemment M. Desaulniers déclara que les ministres avaient changé d'opinion, qu'ils ne voulaient faire aucune concession, qu'il nous fallait accepter la loi telle qu’elle était, sinon que le gonvernement allait enlever les patients les moins coûteux, savoir les idiotes et ruiner notre établissement.
“ Le 8 janvier 1886, quand le Dr Desaulniers m'annoncça le transfert à Nt-Ferdinand d'Halifax de trente idiotes, il ajouta que ce détachement
serait suivi de plusieurs autres, que l'établissement resterait tout au plus.
avec trois cents patients choisis parmi les plus difficiles à garder, les plus coûteux—méême, dit-il, il est douteux que le gouvoraement vous en laisse trois cents. :
“ L'une des Sœurs de la procure et moi-même pouvons affirmer ces faits sous serment, si c’est néc:ssaire.” SR. THÉRÈSE DE J'ÉSUS, Nup.
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En a-t-on suffisamment ? Ah! on croyait sans doute que je venais ici avec des affirmations que je ne pourrais pas établir. Appuyé de preuves suffisantes, je tiens à foire perdre aux intéressés toutes leurs illusions sur ce point. Ils doivent s'aper:evoir que je me suis muni de tout ce qu'il fallait pour me mettre en garde contre des dénégations intéressées et faites de mauvaise foi.
L'HON. M. TAILION.—Si le Dr. Desaulniers a fait cela, il n'était pas autorisé par nous.
L'HoN. M. PELLKTIER.—Je vois que l'on change maintenant de terrain et que l’on veut échapper par la tangente. La chose sera difficile, Quel est celui qui voudra croire pour un moment que le docteur Desaulniers a pu prendre sur lui d'agir ainsi sans consulter ceux qui l'employaient ? Dans toutes les difficultés intervenues jusqu'alors, monsieur Desaulniers n'était pas apparu. Ce n’est qu'au moment où la lutte devient de plus en plus forte entre le bureau médical et les religieuses, qu'il vient offrir ses services. Va-t-on supposer qu'il agissait de lui-mème ? Quelque temps après, il réitère l'offre qu'il a faite et se déclare autorisé par le gouvernement à faire des menaces; ces menaces restent sans effet, il donne un répit de huit jours et il revient ensuite à la charge. Quel est celui qui va croire que pendant tout cet intervalle le docteur Desaulniers ne recevait pas l'inspiration et le southe officiel ? S'il y a des imbéciles qui sont prêts à croire cela, je ne suis pas de ce nombre.
Du reste quand même cette dénégation, à propos du docteur Desaulniers serait admissible, elle ne pourrait pas résister une minute en face du rapport que le Dr. Howard adressa au gouvermement et que ce dernier faisait publier à grand renfort de titres, avant même qu’il eut été communiqué aux Chambres, par son principal organe, la Gazette de Montréal.
Dans ce rapport, le docteur Howard se plaignait de ce que le bureau médical, nommé pour GOUVERNER ET CONTRÔLER l'asile de Nt. Jean de Dieu (appointed to govern and control the asylum of St. Jean de Dieu) avait été entravé dans sa marche, il suggérait au gouvernement d’anuller les contrats, d'enlever les aliénés curables et de cesser de payer la pension des patients (close the purse until the contractors accept the Act) En deux mots, on menacçait de nouveau et officiellement de ruiner la communauté,
Ceci se passait le 29 avril ‘886, c'était la repétition des menaces officielles du mois de déc2mbre et du mois de janvier. Pourquoi le gouvernement faisait-il publier ces menaces dans ses journaux, si ce n'était pour intimider et effrayer les Sœurs ?
Eh bien, en a-t-on assez maintenant pour comprendre la raison pour laquelle la loi n’a pas été mise à exécution ? Les citations que j'ai faites ont été longues et j'en demande pardon à la Chambre, muis elles étaient
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nécessaires pour établir, d'abord, que le gouvernement n'était pas de bonne foi quand il a fait passer la loi, et ensuite que si la loi n’a pas été exécutée c'est parce qu'on n'a pas réussi à la mettre à exécution malgré les efforts surhumains faits dans ce sens là. Nos grands ministres du temps ont fait ce qu'ils ont pu, ils se sont fait rouler par une faible femme, qui, forte de son droit, forte de l'appui qu'elle recevait de la part de tous les hommes bien pensants, leur a fait peur, a défié leurs menaces insensées et a maintenu la position qui lui avait été faite par son contrat.
La démonstration que je viens de faire a été longue, J'ai tr — à ce qu'elle soit complète pour deux raisons: je tenais à prouver que .cien gouvernement à fait ce qu’il a pu pour imposer son odieuse législation, je voulais aussi démontrer jusqu'à quel point les conservateurs-nationaux
ont eu raison dans la lutte qu'ils ont faite à ce sujet. SYSTEME D'AFFERMAGE.
La question des asiles s’imposera à l'attention des législateurs dans un avenir plus ou moins éloigné. Il nous faudra faire face à une situation nouvelle et résoudre des problèmes qui déjà demandent une solution. Je n'ai pas l'intention de discuter ici au long la question de savoir si le système actuellement suivi dans la province, et connu sous le nom de système d'affermage, est préférable aux autres. Le projet de loi r *‘ nous est soumis n’exige cette discussion que d’une manière indire aussi n’en dirai-je que quelques mots.
Je surprendrai peut-être quelques personnes, en déclarant que je ne suis pas un partisan abselu du système d'affermage. Mes vues sur ce point—et j'ai pris la peine d'étudier un peu la question—ne sont peut-être pas celles de tous mes amis ; j'ignore si elles le sont, dans tous les cas je ne parle en ce moment que pour moi-même. Je m'empresse d'ajouter, que si je ne suis pas un partisan absolu du système d'affermage, je suis sans restriction en faveur de ce même système s'il est pratiqué avec des personnes qui nous donnent des garanties suffisantes que les obligations qui en résultent seront parfaitement remplies ; et je crois que les seules personnes qui sont capables de remplir des obligations de ce genre là sont celles qui ont tout abandonné dans le monde pour se consacrer exclusivement, sous le regard de Dieu, au soulagement des grandes infortunes humaines.O n comprendra que je veux parler ici de nos communautés religieuses.
Le système d'affermage consiste à confier nos aliénés à des personnes qui en prennent soin moyennant un prix fixe. Des publicistes et des philanthropes qui ont étudié cette question nous ont donné, comme le fruit de leur travail, des pages qui méritent d’être lues.
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Malheureusement, dans cette provinces, la Inite contre le svatrme d'affermage a été inaugurée au point de vue du fanatisme religieux par un étranger qui est arrivé ici et qui a fait retentir la province de son nom, avec la guerre qu'il a entreprise contre nos asiles : j'ai nommé le docteur Tuke, dont tout le monde se rappelle les violentes dénonciations. Le docteur Tuke, dont j'ai étudié les écrits, ne m'a pas converti à su cause, mais je suis prêt à admettre qu'il y a du vrai dans ses remarques en autant que sont concernés les asiles tenus par des particuliers pour lucre où gain.
Il est inutile de nier, je crois, que le système d'affermage, en principe, offre des inconvénients. Confier le soin de nos aliénés à des particuliers qui s’en chargent pour un prix déterminé, c’est sans aucun doute offrir à ces particuliers la tentation de faire de l'argent avec leur contrat au détriment du soin qu'ils devraient donner aux malades. Il n'y a pas de uoute non plus que le système d’affermage ne prévaut pas aujourd'hui généralement ; en France et en Belgique il n'est pas la règle dominante, Dans la province d'Ontario il n’existe pas du tout. Aux Etats-Unis il n'y a que
‘deux asiles où ce système est en vigueur: celui de Mount Hope Ketreat, à
Baltimore, et celui de Brattlaborough, dans l’état de Vermont.
Il y à une chose qui est bien de nature à me faire douter beaucoup de l'excællence du système d’affermage : c'estune opinion que j'ai lu dans un rapport qui vient de nous être distribué et qui n’est autre que celui de l'asile de Beauport. On sait que cet asile garde les malades en vertu du système d’affermage. Les propriétaires doivent donc être intéressés à ce que le système se continue ; cependant, qu'est-ce qu'ils nous en disent à la page 11 de leur dernier rapport ?
‘Il n’y a aucun doute que le système actuellement suivi dans la “ province de Québec prête le flanc à des attaques. Nier ce fait serait “ méconnaîitre la nature même des choses. Le docteur Tuke a déjà sonné “ l'alarme et il a prétendu que le système de confier le soin des aliénés à “ des particuliers, à tant par tête, est un système essentiellement vicieux “qui a pour conséquence, fatalement, inévitablement, d'enrichir ces “ particuliers aux dépens des infortunés dont ils ont la garde. En théorie “nous admettons que ce système condamné par le docteur Tuke, mais ‘‘ encore suivi dans notre province, peut présenter quelques uns des in‘onvé- “ nients que l’on signale.”
Voilà une admission, qui d’après moi, est conclusive et qui devrait nous porter à croire, qu’en principe, le système d’affermage n’est pas le meilleur. Cependant, c’est le seul qui existe ici. Il faudra donc, soit le faire cesser ou le mettre dans des conditions, où, loin d'offrir des dangers, il nous donnerait toutes les guranties désirables.
Peut-on arriver à cela en transigeant avec les propriétaires, en séparant l'administration du traitement médical, en laissant la première aux propriétaires des asiles et en confiant la dernière aux médecins nommés par l'Etat ?
C’est là le système de la loi de 1885 et il est absolument impossible.
L'administration et le traitement médical dans un asile ne se séparent pas. Sion parlait seulement du traitement phamaceutique, cela serait différent; mais le traitement médical comprend plus que cela, il inclut toute l’administration de l'asile en ce qui concerne les malades.
En quoi consiste le traitement médical d'un aliéné ? J'en ai déjà dit un mot plus haut, et j'y reviens incidemment. Le traitement médical comprend tout: la nourriture des patients, leur récréation, l'exercice qu'ils doivent prendre, leurs sorties, leurs promenades, la grandeur des salles, la classification des malades et par suite la division intérieure de l'asile, le nombre des gardiens ; le traitement médical pour certain malade, peut consister à lui procurer des choses coûteuses, des promenades en voiture, une nourriture exquise et recherchée, l'usage même de mets et de liqueurs dispendieuses. De toutes ces choses, de la manière dont elles sont faites, peut dépendre la guérison d'un aliéné. Le traitement médical le prend au lit le matin, le suit pas à pas à chaque instant du jour et ne le laisse jamais. Il est donc intimement et absolument mêlé à l’administration de l'asile. Pour résumer cette idée, il faut dire que celui qui voudrait avoir le contrôle médical absolu du soin d’un aliéné, devrait en mème temps avoir la maîtrise absolue pour l'administration jusque dans: ses plus petits détails.
Le propriétaire d’un asile, s’il veut se soumettre à un traitement médical étranger, pourra garder le titre d'administrateur mais il n’en aura plus les fonctions. Son rôle devient illusoire et il n’est plus que le serviteur du traitement médical. Ce dernier empiète à chaque pas sur l'administration et peut la modifier dans le sens qui lui convient. Dans ces circonstances, quel est celui qui, sans avoir ce traitement et par conséquent cette administration, pourra contracter pour un prix déterminé d'avance ? La chose est impossible. On ne peut donc songer à faire un contrat qui laissera l'administration aux propriétaires des asiles et leur enlèvera le traitement médical.
Alors comment arriver à une solution ? En achetant les asiles? Le gouvernement peut-il le faire ? En a-t-il les moyens ? Cela nous couterait des sommes énormes pour l'acquisition seule des bâtisses et du mobilier, Pouvons-nous engloutir là des capitaux qui sont rares et que réclament la colonisation, l’éducatior, la construction de nos chemins de fer, l’'empierre-
8 sepa” ment de nos chemins, l'abolition des barrières et des taux de péage, l’aide
ière aux qu'il faut donner aux colons pauvres, l'œuvre du repatriement, la rétro- |
nommés cession à la couronne des terres qui sont monopolisées par les grands | propriétaires aux dépens de la colonisation ? |
possible. Notre province est un bouton de rose qui va éclore à laquelle il va / |
séparent {
falloir un rayon de l'aurore pour sècher la goutte de rosée qui tremble encore sur sa feuille. Or ce rayon de soleil, il faut qu'il nous vienne du trésor public.
Nous allons réunir les vallées du Lac St-Jean et celles de l’'Ottawa pour ouvrir à notre race toujours croissante un champ clos où son patriotisme va abattre la forêt au lieu d'aller rejoindre les 800,000 de nos com-
la serait il inclut i déjà dit : médical
l'exercice . patriotes qui nous ont dejà laissé parceque notre pays n'était pas assez adeur des développé. Le Père Lahelle est là qui s’avance et qui nous promet le rieure de greuier de l'avenir dans cette zone fertile. que son zèle de colonisateur n malade, montre à nos espérances. Nous vouluns aussi ouvrir toute une province se M au sud des Alléghanys et former là 75 à 100 paroisses qui seront mises en e mets €
communication avec tous nos grands centres au moyen d’une voie ferrée. Nous voulons pouvoir dire ensuite : il n’y a plus de Laurentides, il n’y à plus d’Alléghanys, comme un grand roi disait : il n’y a plus de Pyrénées
dont elles it médical
jour et ne . :
jour et Nous sortons de l'enfance ; de nos maïns et de nos pieds les langes
,, iniSe ., k » . . :
l'adminis- se détachent, et, debout, nous regardons l'avenir. Un sentiment impossible | celui qui
à rendre nous dévoile des horizons inconnus. Nous pressentons que nous allons être des hommes, que nous prendrons place parmi les nations. Nous ne voulons pas d’annexion avec ce drapeau dont les étoiles ne seraient pas pour nous celles des rois mages, nous croyons que ce ‘star spangled
devrait en sque dans:
nt médical banner ” peut rester par-delà la ligne 45, qu'il ne nous dit rien qui vaille ra plus les au point de vue de nos institutions religieuses et nationales. Nous ne rviteur du voulons pas non plus de cette fédération impériale qu'on nous prêche inistration quelque part, qui ferait de nous une nouvelle Irlande et nous livrerait constances, sans défense au toryisme, à un système de gouvernement où l'esclavage et *ette admi- latyrannie politique peuvent fleurir en plein 19e siècle, grâce à des alliances ? La chose hybrides entre des oppresseurs par droit de naissance et des radicaux qui laissera démodés qui, sous le nom d’unionistes, s’affublent des oripeaux tutélaires
des vieilles persécutions. | Nous voulons être un pays par nous même et nous le serons. Ce n’est pas pour rien que la Providence nvas a fait survivre aux vicissitudes du | passé. Nous devons avoir une mission, et il faudra la remplir ; mais pour arriver là, il faut être prudent; notre province est pauvre et quand il s'agit de dépenser l'argent par millions, il faut y regarder de près. Je conclus de là qu'il ne serait peut-être pas sage à l'heure actuelle d'imputer à l'achat de nos asiles des millions qu'appellent ailleurs les forces vives de la nation et les besoins de la province.
traitement
asiles ? Le us couterait lu mobilier.
éclament la , l'empierre-
De plus, et je ne fais ici qu'effleurer cett« question, que d’inconvé- “ients politiques nous offrent les asiles d'Etat ! Ils coûtent infiniment plus cher. Dans la province d'{ntario, chaque aliéné coute #180 par année à la province et, si on y ajoute l'intérêt du prix d'achat et de construction des asiles, on arrive à un chiffre de $171. C’est $71, de plus que ce que nous payons ici pour un asile aussi bien tenu que n'importe lequel de la province sœur. L'expérience du passé nous enseigne que toutes les entreprises exploitées par le gouvernement coûtent énormément cher sans bénéfices réels. Voyez l’Intercolonial par exemple, un des chemins de fer qui devrait le mieux payer dans le pays; cependant son budget se solde chaque année par un déficit, Cela se conçoit : le patronage politique y règne en maître, les faveurs sont à l’ordre du jour, le chemin de fer sert à des fins politiques.
Voudrait-on être réduit à ce système pour nos asiles, voudrait-on voir les médecins, les gardiens, tout le personnel des asiles nommé par la faveur politique et remplacé avec les gouvernements? Je crois que per-
sonne ne désire arriver à un pareil état de choses et j'en conclus que la province n’est pas prête pour ce changement.
On va me dire sans doute : vous combattez tous les systèmes et vous n’en préconisez aucun, vous parlez contre l’affermage, vous dites que la province n’a pas les ressources suffisantes pour faire l'acquisition des asiles et les contrôler, vous prétendez, à d’autres points de vue, que la chose n'est pas à propos, que reste-t-il à faire ?
Ce qui reste à faire Monsieur, c’est ce que font tous ceux qui sont dans une position difficile dans le monde : se retourner vers l’Église.
Si vous étiez obligé tout-à-coup de partir pour un lointain voyage, soit pour remplir un devoir envers la patrie, soit pour vos affaires personnelles, et qu’il vous faudrait laisser derrière vous des personnes qui vous sont chères, des membres de votre famille qui seraient malades, infirmes ou incapables de vous suivre, si vous n’aviez aucun parent ou ami à qui vous pourriez commodément les confier, que feriez-vous ? Vous n'iriez pas frapper à la porte de personnes qui vous sont étrangères de sentiments et de cœur, en demandant au médecin de votre famille de donner ses soins, en votre absence, à ceux que vou: laissez ainsi derrière vous, vous iriez vers l’un de ces toits où l'hospitalité est cosmopolite et où des cœurs toujours chauds, parcequ'ils se vivifient à une source toujours brûlante, vous offriraient, par leur position, par leur caractère, des garanties que vous cherchez pour le bien, la sécurité et le bonheur de ceux que vous uimez. Vousiriez, en un mot, vers nos communautés religieuses.
Or, je me le demande, pourquoi ne pas faire dans l’ordre politique ce qui se fait dans l’ordre particulier ? Pourquoi la province ne prendrait-elle
pas d’e Cet ans pro
bas
tou gie huw rup gra; le s ver cou sou
nconvént plus année à ruction ce que el de la tes les her sans mins de dget se bolitique fer sert
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s et vous es que la des asiles la chose
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| voyage, :s personqui vous firmes ou , qui vous pas frapents et de Soins, en z vers l'un rs chauds, ffriraient, chez pour
riez, en un
litique ce ndrait-elle
pas, pour ses enfants malheureux et déshérités, les soins que prendraient d'eux leurs propres parents dns le sanctuaire pius intime de la famille ? Cette politique n’est pas nouvelle, elle a été inaugurée, il y a près de 20 ans, en vertu des anciennes traditions religieuses et politiques de cette province, elle est conforme à l'esprit chrétien, au sens commun et elle est basée sur les irrésistibles enseignements de l'expérience et de la raison.
Que nous disent cette expérience et cette raison ? Que l'église est, de toutes les institutions de ce monde, la seule qui puisse, par ses ordres religieux, apporter un remède parfaitement efficace aux plus grandes misères humaines telles que l’aliénation mentale, la cécité, la surdi-mutité, la cor. ruption de l'humanité par le jeune âge, ete. Pour venir au secours de ces grandes misères, les sociétés chrétiennes, en ont, des siècles durant, confié le soin aux ordres religieux sous le contrôle maternel de l'Eglise. C’est en vertu de cette tradition, qui nous vient des peuples chrétiens, que, depuis 1872, nos petits vagabonds ont été confiés aux Frères de la charité, les filles coupables aux Sœurs du Bon Pasteur, les aveugles aux Sœurs grises, les sourdes-muettes aux Sœurs de la Providence, les sourds-muets, aux Clercs de St. Viateur, et les aliénés aux Sœurs de charité de la Providence.
Il n’y a que quelques jours encore, vous entendiez la voix éloquente de mon voisin et de mon ami, le député d'Hochelaga (M. Champagne) vous parler de cette sainte mission des Cleres de St. Viateur, du bien qu'ils font, des prodiges qu'ils accomplissent, Ce qui est vrai de ceux-là est vrai de tous les autres. Puisque nous sommes ici dans une position difficile, faisons donc ce qu'ont fait avant nous tous ceux qui se sont laissés guider par l'esprit chrétien; allons vers cette institution sublime qui s'appelle le christianisme et que Lacordaire nous montre annonçant au monde, il y a dix-huit siècles, une ère de paix et faisant flotter son glorieux étendard sur les débris écroulés du paganisme.
J'entends d'ici des bouches hardies me dire que ce sont là des idées du moyen-âge. J'entends la protestation des sceptiques, le sarcasme des égoistes, j'entends la voix irritée de la science et du progrès moderne me dire que ce sont là des théories d'un autre âge, que pour arriver à maintenir nos hospices d'aliénés dans une position supérieure il faut tourner nos regards d’un autre côté.
Ceux qui sont de cette opinion me permettront sans doute de les inviter à se rendre avec moi par la pensée jusqu'à l’asile de St. Jean de Dieu.
Avez-vous visité cette institution ? Ni vous y êtes allé, je suis sûr que vous partagerez mon opinion, si vous ne l'avez pas vu, allez-y et je me porte garant que jamais de votre vie le souvenir que vous en garderez ne s’effacera de votre mémoire.
Oubliant que ces mots contiennent un faux principe d’omnipotence, on parlé avec orgueil et emphase du contrôle de l'Etat !
Quelque part on est de bonne foi et on en parle pour essayer simplemeut d'y trouver un remède à un mal qui existerait ; d'antres personnes, animées de sentiments plus dangereux, nous offrent ce même contrôle d'Etat par principe de laicisation. De ces derniers, je parlerai peu, d’abord parcequ'ils sont rares et. ensuite parcequ'il est inutile de combattre des utopies radicales que notre population n’acceptera jamais.
Ces messieurs, dont le docteur Tuke est le patron en cette matière ne parlent qu’au nom de la science et du progrès modernes, ils nous citent les vieux pays. J'ai toujours cru pour ma part, et je crois encore, que la science et le progrès ne sont quelque chose de vraiment grand que s'ils s'inspirent à la source d'ou viennent toute science et tout progrès véritables. La science et le progrès n’existent que par le génie que Dieu a donné à l’homme pour les promouvoir. Ils viennent d’en haut et leurs œuvres devraient porter le cachet de leur origine, autreme: t ils manquent leur but et deviennent infidèles a leur mission véritable. Quant aux vieux pays, je ne suis pas un admirateur quand même de leur science et de leur progrès moderne tels qu’entendus et appliqués. Ils consistent à bannir la religion de partout pour laisser à ses seules forces l'esprit humain qui se croit devenu l’égal du Tout Puissant. Ce monstrueux système a déjà amoncelé bien des ruines ; il suffit de regarder un peu ce qui se passe dans le monde pour savoir combien il nous en prépare encore. Les sociétés européennes s'agitent sur un volcan. Non contentes de s’armer jusqu'aux dents, de se guetter les unes les autres, prêtes à s'égorger au premier signal, elles ont à combatre, dans leur sein même, des germes de révolution, de radicalisme, de nihilisme et de socialisme que le souffle moderne a engendrés. Voyons la France par exemple : elle a bien marché elle suivant la science et le progrès modernes, elle en a été terriblement punie en 1870 ; aujourd’hui elle est soufletée par l'Italie dont elle a été la bienfaitrice et qui cependant se traine aux genoux de son ennemi, le César allemand. Marchant sans guide et sans boussole, la voilà qui se jette dans les bras d’un aventurier politique, qui se rallie autour du panache d’un soldat hier inconnu, parce qu’elle ne sait plus ou donner latête. Elle marche dans la voie du progrès moderne! Puissions-nous ne pas vivre assez vieux pour être témoins des autres malheurs qui l’attendent. Du reste, je n’insiste pas, le cadre de mes remarques n'est pas assez vaste pour traiter une question *omme celle-là et j'ai la douce confiance que je n'ai ici personne à conva:.cre sur ce point. Je ne veux pas parler de ceux qui, en dehors de cette Chambre, pourraient se faire les champions de ces idées, ceux-là sont rares je l’espère et ils auront l’impénitence finale, qui existe en
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politique comme en religion, après s'être heurtés inutilement aux sentiments de notre population qui aime et se souvient de qui l’a sauvée dans ses jours de malheur.
Ceux à qui je m'adresse surtout en ce moment sont aux gens de bonne foi, c’est-à-dire à la première catégorie que j'ai mentionnée, à celle qui veut le contrôle de l'Etat pour remédier à un mal qu’elle croit exister. Ce but est louable, philantrophique, digne d'occuper l’attention. Nos aliénés sont les déshérités de lanature. La Providence, dans ses desseins impénétrables, les a frappés durement. Il faut avoir soin d'eux. C’est vers ce but que veulent marcher les politiciens de bonne foi dont j'ai parlé et qui demandent à tout ce qui les entoure de leur indiquer un système qui sera productif de la
plus grande somme de bien. Je le répète, ils veulent le contrôle de l'Etat
pour remédier à un mal qui existerait.
La première chose qu’il faut se demander est donc celle-ci: ce mal existe-t-il de manière à nécessiter le remède inefficace et mauvais en prin” cipe de la substitution de l'Etat aux communautés religieuses ?
Cette question en appelle une seconde : l'Etat ne réussirait-il pas plus mal et son remède n'est-il pas absolument hors de propos ?
Enfin le mal existe-t-il du tout avec nos communautés religieuses et notamment à St. Jean de Dieu, ou, en d’autres termes, les Sœurs de charité de la Providence n'’ont-elles pas atteint la limite de la perfection possible, la manière dont leur asile est tenu pour le prix qu’on leur paie, n'est-elle pas une garantie sûre et absolument certaine que, pour le prix que cela coûterait à l'Etat, elles feraient infiniment mieux que lui ?
Je vais essayer de répondre en quelques mots à ces questions et si je réussis à démontrer ma thèse, je sais que les véritables amis de leur pays, les gens de bonne foi dont j'ai parlé, n’hésiteront pas à dire comme moi, à adopter des conclusions dont du reste je ne suis pas l’auteur mais que j'ai puisées dans les quelques études que j'ai pris la peine de faire sur la question. Ma tâche est délicate et la route semée d’écueils, non pas à cause du mérite de la question (je n'ai pas de doute là-dessus) mais parcequ'il va falloir me heurter à des préjugés anciens, envenimés et enracinés dans l'esprit d'une partie de la population, auxquels croient beancoup de personnes bien disposées, d'abord parcequ’elles l’ont beaucoup entendu dire et ensuite parcequ'elles ont un tel désir de faire le bien qu'elles sont de bonne foi portées à exagérer le remède qu'il faut apporter à une situation qui leur paraît anormale. Ce phénomène se voit souvent dans l'ordre des idées religieuses et sociales. En religion il a failli entraîner très loin le Père Lacordaire ; en politique, il a été la pierre d'achoppement de beaucoup de beaux talents. Une étude tant soit peu approfondie de la question peut remédier à c'la. Je n'ai pas l’outrecuidance de croire que c’est avec des paroles comme les miennes qu'on peut y arriver, aussi laisserai-je parler l'éloquence des faits; celle-là est aride mais elle est invincible.
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CONDITIONS REQUISES POUR LA BONNE TENUE D'UN ASILE. ST, JEAN DE DIEU EST-IL DANS CES CONDITIONS ?
Qu'est-ce qu'il faut pour qu'un asile soit bien tenu ?
Beaucoup de choses me dira-t-on, et c’est très vrai.
Essayons cependant de résumer celles qui sont indispensables pour produire un résultat satisfaisant.
Il faut : lo. un traitement médical suffisant et compétent, compre nant aussi une administration judicieuse et éclairée : c’est la première condition et on peut dire, sans crainte de se tromper beaucoup, qu'elle résume presque toutes les autres; 20. l’espace et la ventilation; 30. La nourriture, la récréation et le travail; 40. les mille petits soins de chaque instant qui forment partie de l'administration et qui sont de nature à faire croire au malade qu’il est chez lui, que la Providence l’a transporté duns une famille nouvelle qui l’a adopté comme on adopte un enfant abandonné que le froid, la faim, le crime ou la misère ont jeté sur notre route, qu’on embrasse et réchauffe et qui devient un homme plus tard. Il faut encore que la proportion des guérisons soit bonne, que les décès ne dépassent pas une moyenne raisonnable. Ces deux dernières propositions sont la preuve et le corollaire des premières.
Entrons maintenant ensemble à l'asile de St-Jean de Dieu. Voyons ce qui s’y passe et demandons-nous ensuite si les merveilles que nous voyons là se multiplier sous nos pas font naître ou sentir le besoin d’un autre contrôle que celui qui y existe ?
C’est à sept milles de Montréal, sur le bord du fleuve, dans un endroit pittoresque et isolé, au milieu d’une ferme de 800 acres de terre, que s'élève l'édifice d’imposante structure qu'on appelle généralement ‘“ l’Asile de la Longue Pointe” nom qui lui vient de la paroisse ou il est situé. Une magnifique avenue bordée d'arbres, de verdure et de fleurs, longue de plusieurs arpents nous y conduit. En arrivant auprès de ce monument, vous vous demandez quel est l'architecte qui en a tracé le dessin, quel est le millionaire qui en a fait superposer les pierres et qui a présidé à sa construction ? Ce millionnaire, cet architecte, il n'est pas loin. C’est une faible femme qui a fait vœu de pauvreté, qui s’est enserelie loin du monde pour en être ignorée mais dont le mérite a éclaté malgré elle, dont le nom est maintenant connu et apprécié partout. C’est cette femme que la parole éloquente de l'honorable Secrétaire-Provincial nous a dépeinte comme étant une de celles qui peuvent avec éclat gouverner un pays J'ai nommé la Sœur Thérèse de Jésus.
L'asile qu'elle a fondé n'existe que depuis quelques années. La province avait autrefois un asile d'Etat à St. Juan. Cet asile lui coûtait des prixénormis et donnait des résultats si pauvres quenos gouvernants ont cru