‹ Discours de l'Hon. Sir John A. Macdonald, C.C.B., en présentant le projet de loi pour mettre à effet le Traité de Washington en ce qui concerne le Canada (volume 2)Chapitre 3 sur 5 · GAMES A · texte numérisé non relu

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droit pourrait aussi faire Le sujet d’un | position que j’occupais dans l'estime

compromis.

En lisant cette dépêche, je ne pouvais avoir aucune hésitation, comme membre du gouvernement, à accepter la position, à laquelle mes collegues donnaient leur assentiment, de plénipotentiaire à Washington, parce que, comme matière de droit, nos vues sur ces trois points étaient re-

. Connues comme justes, et la question ne présentait plus aucun embarras par le fait que les Canadiens avançaient des prétentions que le gouvernement impérial n'aurait pas pu appuyer. (Ecoutez ! Ecoutez!)

Lorsque la proposition me fut faite en premier lieu, je dois avouer que je me trouvai assez embarrassé et que J'éprouvais une grande répugnance à faire partie de la commission. Je fis remarquer à mes collègues que je serais seul sur cinq; que je me trouve.

rais exposé à voir mes opinions constamment repoussées dans nos discussions, et que je ne pouvais absolu ment pas y apporter un poids suffisant à cause de mon isolement. Je sentais aussi que je ne recevrais pas de mes adversaires politiques en Canada l’appui qu'un fonctionnaire allant à l’étranger pour y représenter son pays reçoit généralement et auquel il a le droit de s'attendre. {Ecoutez ! écoutez!)

\Je savais Que je serais le point de mire des attaques de mes adversaires, et celte Chambre a pu voir que mes prévisions se sont réalisées. Je savais que l’on ne me rendrait pas justice.

[Ecoutez ! Ecoutez !] Je savais que la conduite que l’on avait tenue envers moi depuis des années et des années serait encore la même,et en conséquence il me fallait y réfléchir sérieusement avant d'accepter la position.

Cependant, messieurs, le sentiment du devoir l’'emporta(applaudissements) et mes collègues me représentèrent aussi que je manquerais à mon devoir envers mon pays si Je refusais la position qui m'était offerte; ils ajoutaient que si, par crainte des conséquences, par crainte de sacrifier la

de la population canadienne, je refusais de remplir ce devoir, je serais indigne de la confiance dont je jouissais depuis si longtemps de la part d’une grande partie de cette population.

(Ecoutez ! Ecoutez!) Que dirait-on, disaient mes collègues, si, en conséquence de votre refus, le Canada n’était pas représenté dans la commission, et sises intérêts dans ces questions étaient sacrifiés par défaut?

L’Angleterre, après avoir offert cette position au premier ministre, et après qu’il l'aurait refusée, aurait été parfaitement libre d'organiser la commission et de régler toutes ces questions sans que le Canada y fût représenté, et ceux mêmes qui m’attaquent aujourd'hui parce que j'y suis allé et ai suivi une certaine ligne de conduite, auraient crié tout aussi haut et auraient été tout aussi acerbes dans leurs reproches, si j'avais négligé les intérêts du Canada et refusé de prendre la responsabilité d'affirmer ses droits à Washington. (Applaudissements.)

Sachant donc, ainsi que je viens de le dire, quelles seraient pour moi les conséquences de mon acceptation de cette charge.et prévoyant les attaques qui seraient faites contre moi, j'adressai une lettre à Son Excellence le Gouverneur-Général,lui exposant les difficultés de ma po-ition, et lui disant que je n’acceptais que par un sentiment de devoir. (Ecoutez !

Ecoutez !)

En arrivant à Washington, je trouvai un même désir général chez les deux parties dont se composait la haute commission mixte, je pourrais même dire un désir égal de la part des commissaires des Etais-Unis et de celle descommissaires anglais,que toutes les questions f issent réglées,autant que les deux gouvernements pourraient le faire. L’on désirait spécialement en arriver à un règlement.

Il était très facile aux commissaires, ou aux gouvernements par l’intermédiaire de leurs représentants, de faire

un traité : mais il y a anx Etats-Unis un pouvoir qui est en dehors et audessus du gouvernement—le Sénat des Etats. Unis—qu'il fallait consulter.

L’on comprenait qu’un second rejet du traité aurait les plus désastreuses conséquences pour l'avenir des deux pays ; que ce serait une déclaration solennelle qu'ilre pouvait y avoir de solution paisible des questions qui devisaient les deux pays. Un homme d'Etat américain me dit : « le rejet du traité maintenant signifie la guerre ; non pas la guerre demain ou à une époque quelconque, mais la guerre aussitôt que l'Angleterre se trouvera entraînée dans d’autres troubles ou attaquée d’un autre côté» (Ecoutez !

Ecoutez !)

Vous pouvez donc vous imaginer, M. l’'Orateur, et cette chambre peutse faire une idée des importantes réflexions qui se présentaient à mon esprit, ainsi qu’à l'esprit de mes collègues en Canada, avec lesquels j'étais en communication journalière, lorsque je pensais que, par une conduite imprudente, ou par suite d'opinions inflexibles ou préconçues, nous pouvions risquer de détruire pour ton- Jours toute espoir de solution paisible des difficultés survenues entre ces deux nations de même origine. (Applaudissements) Et cependant, monsieur, je n'oubliais pas que j'étais leur représentant. Je ne pouvais ignorer le fait que j'avaisété nommé commissaire à cause de ma connaissance de la politique canadienne.

J'avais constamment devant moi, non seulement la question impériale, mais encore les intérêts du Canada tout entier, que je représentais spécialement dans la Commission, et la grande difficulté de ma position était quesi je donnais trop d'importance aux intérêts du Canada, on aurait pu justement me reprocher, en Angleterre, de n'avoir que des vues coloniales et égoïstes, sans avoir égard aux intérêts de l'empire dans son ensemble, ni aux intérêts du Canada comme partie de l'empire, et

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d'un autre côté, si je n’avais égard qu'aux considérations d'intérêt impé rial, l’on pourrait dire que j'avais négligé mon devoir envers ma patrie, envers le Canada. La position était difficile, comme la chambre le comprendra facilement; j'en comprenais toute la gravité et j'en éprouvais tout le poids ; et ce poids ne s'est pas affaibli "depuis mon retour, si ce n’est par le cordial appui de mes collègues et, je le crois aussi, de mes amis en chambre. (Applaudissements.)

Afin de faire voir que je n’ai pas un seul instant oublié que j'étais là pour représenter les intérêts du Canada, je vous prierai d'examiner la dépêche du 16 février 1871, qui m'est parvenue à Washington quelques jours après mon arrivée,et vous verrez que lord Kimberley se servait de cette expression :

« Après mûr examen, le gouvernement de Sa Majesté est d'opinion que le droit du Canada d’interdire aux Américains de pêcher dans les eaux comprises dans iles limites de trois milles marins des côtes, est incontestable et ne peut être cédéque pour une considération suffisante.

«Si cette considération prenait la forme d’une indemnité pécuniaire, il semble au gouvernement de Sa Majesté qu’ un pareil arrangement aurait meilleure chance de bien fonctionner que si des conditions quelconques étaient attachées à l'exercice du droit de pêche dans les eaux canadiennes.»

Après avoir lu cette dépêche et vu qu'on y disait qu'un arrangement pourrait avoir lieu en ronsidération d’une indemnité pécuniaire, — ei comme il n’était rien dit dans cette dépêche de la nécessité du consentement du Canada à un pareil arrangement, Je crus bon de communiquer avec mes collègues à Ottawa ; et bien que nous eussions reçu l'essurance réitérée, de la part du gouvernement.

de Sa Majesté, que ces droits ne seraient ni affectés ni abandonnés, ni cédés, sans notre consentement, nous

crûmes utile, en face de l’absence de toute mention de la nécessité de l’assentiment du Canada à un arrangement pécuniaire, d'informer le gouvernement impérial, par le câble, que le Canada regardait les pêcheries canadiennes comme étant sa propriété et qu’elles ne pouvaient être vendues sans son consentement.

Cette communication fut faite par le gouvernement canadien le 10 mars, gouvernement dont je faisais partie; —et non-seulement cette communication fut envoyée du gouvernement canadien au gouvernement anglais, l’avertissant franchement que le gouvernement canadien, dont je faisais ainsi partie, insisterait sur le droit de régler luimême la question de ses propres pêcheries, mais encore j'en pris occasion de dire au chef de la commission britannique à Washington que mon opinion individuelle, comme représentant du Canada,devait être soumise au gouvernement de Sa Majesté. |

La réponse,qui fut immédiatement envoyée par le câble, fut écrite au long dans la dépêche du 17 mars 1871, etelle était très satisfaisante, puisqu’elle disait que le gouvernement impérial n'avait jamais eu l'intention de conseiller à Sa Majesté de se défaire des pêcheries sans le consentement du Canada., Armé de cette dépêche, je me trouvai beaucoup moins embarrassé. Je compris que quels que fussent les arrangements faits, et que même si mes collègues votaient contre moi dans la commission, ou queiles que fussent les instructions données par le gouvernement de Sa Majesté, les intérêts du Canada étaient en sûreté.parce qu'ils étaient entre ses propres mains et réservés à sa propre décision.

Maintenant, M. l'Orateur, il ne faut pas supposer que ceci n’était pas une concession importante de la part du gouvernement de Sa Majesté. Il est vrai que lord Kimberley disait, dans sa dépêche du 17 mars, que « lorsque le traité de réciprocité fut conclu, les

actes des législatures de la Nouvelle- Ecosse et du Nouveau-Brunswick concernant les pêcheries furent suspendus par des actes de ces mêmes législatures, et les droits de pêche du Canada sont maintenant sous la protection d’un acte du parlement canadien, dont la révocation serait nécessaire dans le cas d’une cession de ces droits à quelque puissance étrangère. »

Cela est vrai dans un certain sens, mais il est vrai aussi que si Sa Majesté, dans l'exercice de son pouvoir, avait voulu faire un traité avec les Etats- Unis, par lequel elle aurait cédé nonseulement ces droits. mais aussi le territoire même arrosé par ces eaux, ce traité entre l'Angleterre et les Etats Unis aurait été obligatoire, et les Etats-Unis auraient exigé que l'Angleterre y adhérât. Quelque injuste qu’il aurait pu être pour le Canada, après toutes ses promesses antérieures, ce traité aurait néanmoins été un traité valide et obligatoire entre l’Angleterre et les Etats- Unis, et ces derniers auraient eu le droit d'en exécuter les dispositions, passer par-dessus toutes nos loiset ordonnances provinciales, et prendre possession de nos eaux et de nos droits. Cela aurait été un grand tort, mais la conséquence en aurait été la perte de nos droits pour toujours ; et c'est pourquoi 1l était satisfaisant que cette question fut réglée, comme elle l’a été, sans qu’un seul doute fût inscrit dans les procès-verbaux des conférences de Washington.

Aujourd’hui, la reconnaissance des droits de propriété du Canada aux pêcheries forme partie ‘les papiers d'Etat des deux pays. Aujourd’hui les droits du Canada à ces pêcheries sont incontestables, et il est définitivement établi que l’Angleterre ne peut et ne veut, sous aucunes circonstances quelconques, céder ces pêcheries sans le consentement du Canada.

En sorte que dans tout arrangement fait à l’avenir entre le Canada

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et l'Angleterre, ou entre l’Angleterre et les Etats-Unis, les droits du Canada seront respectés, puisqu'il est admis sans conteste que l'Angleterre ne peut en dépouiller le Canada. Nous pouvons être bien certains mainienant que jamais l'Angleterre ne fera aucune concession de ces droits sans notre consentement.

Maintenant, M. l’Orateur, j'en viens aux différents sujets qui intéressent particulièrement le Canada.

Je m'en occuperai en détail, et en premier lieu J'examinerai la question la plus importante pour nous, celle au sujet de laquelle nous sommes aujourd'hui spécialement appelés à 16gislater, celle qui intéresse Le Canada tout entier le plus particulièrement,et qui intéresse surtout les provinces maritimes : je veux parler des articles du traité qui ont rapport à nos droits de pêche.

Je dirai d’abord que les protocoles qui accompagnent le traité, et qui sont entre les mains de tous les membres de cette chambre, ne donnent pas chronologiquement un compterendu journalier des délibérations des conférences ; quoiqu'en règle générale je pense que les protocoles de pareilles conférences sont rédigés de jour en jour, l’on crut préférable de se départir de cette règle en cette occasion et de n'’inscrire que les conclusions des commissaires. En conséquence, bien que les protocoles contiennent en substance le résultat des négociations qui se sont terminées par le traité, il ne faut pas les regarder comme contenant les détails chronologiques des faits et incidents qui s’y sont produits.

Je donne ces explications parce que, à la lecture du protocole qui a plus spécialement rapport aux pêcheries, l'on serait porté à croire qu’à la première réunion, et sans discussion préalable, les commissaires anglais auraient dit «qu’ils étaient prêts à dis «cuter la question des pêcheries, soit «en détail, soit en général, de maniè «re à examiner les droits respectifs

Les

« des deux pays en vertu du traité de

«1818 et la loi générale des nations,

«ou à entreprendre de suite le régle.

«ment de la DEEE sur une large « base. »

Or, le fait est que les commissaires anglais s’aperçurent, en arrivant à Washington, lorsqu'ils eurent l’occasion de constater le sentiment qui régnait alors, nonseulement parmi les commissaires des Etats-Unis, mais encore parmi les hommes publics américains qu'ils y rencontrerent, et de plusieurs autres sources de renseignement, que le sentiment universel était que toutes les questions devraient être réglées sans qu’il fût laissé même la possibilité d’un différend à l'avenir, et surtout, que s’il y avait quelque possibilité de trouver une solution à la difficulté relative aux pêcheries, ou de faire un arrangement satisfaisant par lequel là question des pêcheries pourrait être écartée comme en 1854, cela serait à l’avantage des deux nations.

Il faut se rappeler que la commission siégeait en 1871, que l'exclusion des pêcheurs américains de nos parages fut maintenue et vigoureusement appliquée durant toute l’année 1870, et que des plaintes nombreuses et Bruyantes, bien que sans fondement, je crois, avaient été faites que des bateaux de pêche américains avaient été illégalement saisis, bien qu’ils n’eussent pas empiété sur nos parages.

Des gens intéressés avaient fait tous leurs efforts pour soulever et envenimer les esprits aux Etats-Unis contre le Canada et les autorités canadiennes, et l’on disait et comprenait que ce serait un grand obstacle aux chances d'acceptation du traité par les Etats-Unis, si l’une des causes d'irritation qui étaient survenues quelques mois auparavant restaient sans réglement ; que des collisions auraient lieu entre les pêcheurs américains réclamant certains droits et les Canadiens qui s'y opposeraient ; que cela ferait naître des sentiments

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d’inimitié, et que tout le bien qui pourrait être effectué par le traité serait détruit par les querelles entre les individus engagés dans les pêcheries.

Ce sentiment existait ; et moi, sachant, comme Canadien, que le peuple du Canada désirait et avait toujours exprimé le désir d'entrer dans des arrangements de commerce réciproque les plus cordiaux avec les Etats-Unis, je fis part de ce désir aux commissaires anglais, et ils n’hésiterent, lorsqu'ils y furent invités, à dire qu’ils désiraient faire disparaitre, par tous les moyens possibles, toutes causes de dissensions au sujet de ces pêcheries, par le rétablissement de l'ancien traité de réciprocité de 1854.

Une tentative fut faite en 1865 par l'hon. député de Sherbrooke {Sir A.

T. Galt| et M. Howland, au nom du Canada, de renouveler ce traité, mais cette tentative échoua, parce que les circonstances où se trouvaient les Etats-Unis en 1865 étaient bien différentes de celle de 1854; et 1l parut hors de question et impossible aux Etats-Uris de consentir à un traité contenant exactement les mêmes dispositions et exactement de la même nature que celui de 1854.

En sorte que les commissaires anglais, croyant qu’un traité semblable dans ses détails à celui de 1854 ne pouvait être obtenu ,proposèrent qu’il en fût conclu un conçu dans le même esprit et adapté aux circonstances actuelles des deux pays, et cette propo sition fut vivement soutenue devant la haute commission. Le protocole relatif à cette partie du traité en fera foi.

L'on verra aussi par les protocoles que les commissaires des Etats-Unis dirent que le traité de réciprocité était hors de question, qu'il ne pouvait être adopté sans être soumis aux deux branches du Congrès, et qu'il n’y avait pas la moindre chance que le Congrès adoptât un pareil acte, et que la convention entre les deux gouver-

tiendrait des dispositions semblables en principe au traité de 1854, ne ferait qu’assurer le rejet du traité par le Séaat, et qu’en conséquence il fallait trouver quelque autre solution.

Je crois que les commissaires américains étaient sincères et qu’ils voyaient exactement la situation. Je crois que si le traité eût contenu toutes les dispositions, ou même les dispositions essentielles, du traité de 1854, elles auraient été cause du rejet du traité par le Sénat.

Pendant que je parle des conférences tenues au sujet des pêcheries, Jje dirai, pour l'information de ceux des membres de la chambre qui peuvent n'être pas familiers avec les usages suivis dans ces matières, que les commissaires n’agissaient pas individuellement dans les discussions.

La conférence se composait de deux unités, la commission.anglaise et la commission américaine. S'il s'élevait une question dans la conférence au sujet de laquelle l’une ou l’autre partie désirait se consulter ensembie, les commissaires formant cette partie se retiraient, et à leur retour ils exprimaient les vues de la commission dans son ensemble, sans égard aux opinions individuelles des commissaires.

Comme membre individuel de la commission anglaise, et au nom du Canada, lorsque nous vimes que nous ne pouvions obtenir le renouvellement du traité de réciprocité, je proposai à mes collègues anglais que les Canadiens gardassent la jouissance exclusive des pêcheries des côtes, et que l’on cherchât un moyen ou un autre de régler en même temps ja question des promontoires et celie relative au trafic dans nos ports par les pêcheurs américains, et J'aurais été très satisfait, de la part du gouvernement canadien, si cette ligne de conduite avait été adoptée par le gouvernement impérial, mais ce gouverne mentsentait,-etles commissaires amé.ricains le comprenaient aussi, —qu'en

nements au sujet d’un traité qui con-Ilaissant une chance de collision entre

les pêcheurs américains et les pé- . cheurs canadiens même possible, serait détruire ou nuire considérablement au grand objet des négociations qui était de rétablir des relations amicales et bienveillantes entre les deux nations, et en conséquence le gouvernement de Sa Majesté insista pour que ces questions fussent écartées, et qu’on trouvât quelque autre mode de règlement sous forme de compensation au Canada.

Les protocoles démontrent,M. l’Orateur, que le gouvernement des Etats- Unis, par ses commissaires, fit un pas considérable, ou au moins un pas vers la réciprocité, en offrant le donner en échange de nos pêcheries des côtes d’abord le droit de pêcher dans leurs eaux, quoi que ce droit püt valoir, et ensuite d'admettre le charbon, le sel, le poisson, et après 1874 Le bois de service du Canada, francs de droits.

Ils offraient la réciprocité au sujet de ces articles Les commissaires anglais dirent, au nom du Canada, qu’ils ne considéraient pas que cela fût un juste équivalent des droits de pêche demandés. [Ecoutez ! écoutez !]

Il n’est pas nécessaire que j'entre ‘dans toutes les discussions et argumentations faites à ce sujet, mais les commissaires anglais firent remarquer que déjà l’une des branches de la Kgislature des Etats-Unis avait passé une mesure déclarant le charbon et le sel libres de droits, et qu’elle était prête à passer dans l’autre branche, le Sénat. On croyait alors que le congrès américain, pour ses propres fins et dans l'intérêt du peuple américain, était sur le point d'enlever les droits sur ces articles, et en conséquence cette remise ne pouvait pas du tout être regardée comme une compensation, puisque le Congrès allait enlever ces droits, qu'il y eût un trai té ou non. Ensuite, au sujet du droit sur le bois de service que l’on offrait d'enlever en 1874, nous fimes remarquer que près d'uu tiers de tout le le temps que le traité devait durer serait expiré avant que le droit ne füt

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enlevé des bois de service. Les commissaires exposèrent que SOUS Ces Circonstances cette offre ne pouvait être regardée comme équitable, et que le Canada avait justement droit de de:

mander une compensation en sus de ces arrangements réciproques proposés. Or, M. l'Orateur, avant que la proposition ne fût faite, j'étais en communication avec mes collegues. Le gouvernement canadien désirait vivement que l’objet primitif fût obtenu,—que si nous ne pouvions avoir la réciprocité telle qu’elle existait en 1854, nous devions avoir la faculté de conserver a10s pêcheries et que la question en litige fût réglée ; mais le gouvernement de Sa Majesté, s’'armant de la puissante raison que s’il se rendait à notre désir il ne pourrait mener le traité à bon terme, le gouvernement canadien dit, bien qu’à contre-cæur, que dans le désir de seconder les vues du gouvernement de Sa Majesté autant que possible, et enfin que l’on ne püt dire en Angleterre que pour satisfaire un désir égoiste d'obtenir tout ce que nous aésirions, nous avions fait échouer les efforts du gouvernement anglais pour s'assurer la paix, nous consentimes à ce que la proposition dont Je viens de parler fût faite—et en conséquence cette proposition fut faite aux Etats-Unis.

Bien que je ne le sache pas d’une manière certaine, J'ai raison de croire cependant, que n’eût été la conduite de cette législature à $a dernière session, nous passerions maintenant un acte dans le but de ratifier un traité par lequel le charbon, le sel et le bois de service du Canada seraient reçus aux Etats-Unis libres de droits.

[ Ecoutez! écoutez ! ] J’ai raison de croire que, si ce n’eût été de l’intervention de cette législature— et je parle maintenant de mes amis aussi bien que de mes adversaires politiques—les conditions qui furent offertes par les Etats-Unis formeraient partie du traité, au lieu d’être comme il est maintenant. | Applaudissement. |

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Et je vais dire à la chambre pourquoi.

Cette offre fut faite à bonne heure par le gouvernement des Etats Unis.

La réponse faite par les commissaires anglais fut que, saus les circonstances,

ce n’était pes une compensation juste et suffisante des ypriviléges qu'ils demandaient, et les commissaires anglais, à la suggestion du gouvernement canadien, renvoyèrent la question à leur gouvenement, pour savoir s'ils n'avaient pas le droit, en sus de cette offre des Etats-Unis, de s’atten dre à une compensation pécuniaire devant être établie d’une manière ou

- d’une autre.

Cela avait lieu le 25 mars 1871. Le 25 mars, je crois, la proposition définitive fut faite par le gouvernement américain, et le 22 mars, seulemeni deux jours auparavant, cette chambre adoptait la résolution par laquelle les droits étaient enlevés sur le char bon, le sel et les autres articles mentionnés. Avant que cette résolution ne fût adoptée ici, il-n’existait aucune objection aux Etais-Uuis contre l’abolition des droits sur le charbon et le sel canadiens importés aux Etats.

Unis ; personne n’y voyait de diffi culté. Mais je suis aussi certain que je puis l'être d’une chose que je n’ai pas vue, que l’aimission du charbon et du sel canadiens aux Etats Unis auralt été insérée dans le traité, sila législature n’eûi pas passé cette résolution. Le 25 mars, cette offre fut faite, et elle fut soumise au gouvernement anglais, qui répondit qu'il croyait au:si qu’en sus de cette offre il devait y avoir une indemnité pécuniaire ; etalors, le 17 avril, les commissaires américains retirèrent, Comme ils en avaient le droit, leur offre tout à fait.

ils leur offre complètement ?

L'un des commissaires me dit, dans une conversation: «Je suis fort étonné de lopposition qui s’est élevée contre l'admission du charbon et du sel canadiens sur notre marché. Je ne m'attendais pas du 1oui aux senti ments qui se manifestenc.»

Et pourquoi retirèrent-

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Mais moi, je voyais parfaitement quelle en était la raison. Les monopoleurs ayant le contrôle du charbon dans la Pennsylvanie et du sel à New- York, appuyaient le traité tant qu’il devait ouvrir le marché du Canada :

à leurs produits, parce qu'alors ils auraient eu l'avantage des deux marchés; mais lorsque: les droits furent enlevés en Canada, lorsque notre marché leur eût été ouvert, lorsqu'ils avaient l’entier contrôle de lsur propre marché et libre accès au nôtre, soit pour le sel, soit pour le charbon, les-monopoleurs firent jouer toutes leurs batteries auprès de leurs amis dans le Congrès, et parleur ‘entremise, une pression fut exercée sur le gouvernement afin d’empêcherladmission libre du charbon et du sel canadiens sur les marchés des Etats- Unis,—et je n'ai aucun doute que c’est là ce qui a été la cause du retrait de leur offre par les commissaires américains.

Lorsque mon hon. ami le député de Bothwell (M. Milis) disait à la dernière session : « Voici la politique nationale canadienne qui s’en val» il.

ne prévoyait pas beaucoup les conséquences de son imprudente conduite.

[Ecoutez ! écoutez!)

Ces messieurs peuvent rire, mais ils verront plus tard que ce n’est pas une | matière à plaisanterie. Le peuple du | Canada, tant de l’est que de Pouest, demandera un compte sévère à ceux qui agissent avec aussi peu de patriotisme dans cette affaire. |

Dans ces circonstances,M. l’Orateur, je me séuntis impuissant, et c’est alors que les commissaires américains firent leur dernière offre, qui figure maintenant au traité, par laquelle il y aurait réciprocité dans les pêcheries, c’est à-dire que les Canadiens pêcheraient dans les eaux américaines et les Américains dans les eaux canadiennes, et que le poisson et l’huile de.poisson fussent réciproquement {libres de droïts.--et que si, sur arbi-

trage, l’on trouvait que cet arrange.

ment était injuste pour le Canada, et

que le Canada ne recevait pas une compensation suffisante pour ses pêcheries en vertu de cet arrangement, 1] serait laissé au gouvernement de Sa Majesté de dire ce qui devait être fait; et ainsi qu’on le verra par la dernière phrase du protocole :

« Le sujet fut encore discuté aux conférences des 18et 19 avril, et les commissaires anglais ayant soumis la dernière proposition à leur gouvernement et reçu instruction de l’accepter.

les articles XVIII à XXV du traité furent adoptés à la conférence du 22 avril. »

C'est ainsi qu'il advint que ces articles de 18 à 25 forment partie du traité. L'un de ces articles réserve au Canada le droit de les adopter ou rejeter, et c’est au parlement à dire si, sous les circonstances, il doit jes ratifier ou les repousser.

Les documents qui ont été soumis à la chambre font voir qu’elle était l'opinion du gouvernement canadien.

Dans l’état actuel de la question, le gouvernement canadien croit qu'il est de l'intérêt du Canada d’accepter le traité, de le ratifier par sa législation.

(Ecoutez! écoutez!) ILcr oit qu'il est de l'intérêt du Canada de l’accepter, et il est d'autant plus porté à le croire qu’il est un fait qui. je dois le dire, m'a surpris,a surpris mes collègues et surpris le pays : c’est que la partie du traité que l’on supposait devoir être la plus impopulaire etla plus nuisible aux intérêts des provinces maritimes, est précisément celle qui est la moins impopulaire. (Ecoutez! écoutez !)

Je n'aurais jamais supposé que les pècheurs américains, auxquels noùs offrions le privilége de pêcher dans nos parages, se seraient opposés au traité comme un seul homme sous prétexte qu'il leur fait un tort immeuse, Je n'aurais jamais supposé que les pêcheurs des provinces maritimes, qui d’abord s'étaient déclarés hostiles au traité, seraient aujourd’hui, à peu d’exceptions près, désireux de le voir adopté. (Ecoutez!

Ecoutez !) {à

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