PT, RL
tenable.' De fait nous n'avions plus de gouvernement du tout dans le vrai sens du mot.
Le 12 septembre 1879, M. Chauveau remet son portefeuille. De ce moment, le ministère n'avait plus de majorité. Le premier ministre avait même déclaré ceci, dans le cours du débat sur la formation du nouveau gouvernement le 28 octobre 1879.
« En rapport avec cette question de chemins de fer, que l’on me permelte de dire que je n’ai pas hésité à perdre deux voix de ia majorité de quatre que le gouvernement avait dans cette Chambre, plutôt que de commettre une injustice envers certains intéressés. »
Voilà un gouvernement qui relirait ses mesures, qui voyait ses membres s’en aller, ainsi que sa majorité. On m'a envoyé chercher pour remplacer M. Chauveau, mais jai dit à l'honorable député de Lotbinière que je ne pouvais pas accepter le portefeuille qu'il m'offrait, Je lui ai dit en même temps que j'étais en faveur d’une politique de conciliation, qu'il importait d'offrir la branche d'olivier aux adversaires, afin de mettre un *rme à une lutte ruineuse pour les intérêts de la province. bausle temps, j'ai consulté mes électeurs et je leur ai demandé ce que j'avais à faire.
Jamais, je n'ai été clu avec l'engagement d'appuyer le gouvernement-Joly quand même. Je m'étais réservé toute la latitude nécessaire sous ce rapport. Quand je suis revenu de Gaspé, la situation était encore modifiée par des circonstances nouvelles. Qu'on lise le Morning Chronicle de l'époque, et l'on y verra le compte-rendu d'une entrevue que j'ai eue alors avec mes électeurs. Ils savaient complètement à quoi s'en tenir.
Dans une réunion des amis du ministère, on m'a demandé de soumettre une proposition à l'effet de censurer l’action du Conseil législatif. J'ai refusé, parce que, dès le,deux septembre 1879, j'ai dit que je voterais pour une proposilion visant à la conciliation, è une trève entre les combattants sur un terrain honorable pour tous. Dans ces circonstances, après les déclarations que j'avais faites, je ne pouvais accepter la proposition de l'honorable
cs os
député de Lotbinière, d'entrer dans son cabinet, sans me déshonorer, Et quand je l'ai appuyé, je l’ai fait par amilié personnelle, Mais quand j'entends dire que je n'ai pas agi d’une mar pière honnête, je dis qu’on avance là une fausseté.
Lorsqu'on m'a offert ce portefeuille, on a accompagné cette offre de paroles bienveillantes, aussi ai-je le droit d'être étonné de l'attitude prise depuis et encore aujourd'hui par ceux-là même qui me prodiguaient ces paroles de bienveillance.
Lorsque j'ai écrit à l'honorable député de Lotbinière que je ne pouvais accepter, il m'a donné en réponse ce qui est au fond un certificat de bonne conduite. Voici sa lettre, telle que consignée à la page 383 des Débats par M. Desjardins, pour 1879 :
E. J. Fiynn, M. P. P.,
Mon cher Monsieur, —J'ai reçu hier soir votre leftre du 14 courant, par laquelle vous m’annoncez que vous en êtes venu à la conclusion, non sans un sentiment de regret, de ne pas accepter un portefeuille dans le “ouvernement dont je suis le chef. Je regrelle votre décision mais j'ai trop de respect pour vous et pour moi-même pour insister.
«Je vois avec plaisir que vous avez compris qu'en‘vous faisant l'offre d’un portefeuille, je ne cherchais pas seulement à combler une lacune dans le cabinet, mais surtout à y faire entrer un homme généralement respecté pour son lalent et son intégrité, qui aurait pu faire honneur au cabinet.
« Vons avez rempli votre promesse en m'avertissant franchement de vos intentions au sujet de l'offre que je vous ai faite d’un portefeuille. re
« Quant à la ligne de conduite que vous suivrez dans l'avenir, vous m'annoncez que vous n'avez pas l'intention, dans ce moment, dé mettre votre conduite future en contradiction avec votre conduite passée, mais, qu'en même temps, vous désirez vous réserver celte liberté d'appréciation et d'action nécessaire
ss
rer
ne ES