‹ Discours de l'Honorable E.-James Flynn, prononcé à l'Assemblée législative aux séances des 8, 13 et 16 mai 1884, en réponse aux reproches de l'opposition d'avoir voté en 1879, contre le gouvernement Joly [microforme]Chapitre 6 sur 10 · NU, 2 PE · texte numérisé non relu

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civiles, dans l’organisation du service public. M. Mercier est aussi conservateur que M. Chapleau en ce qui touche aux gran ds principes sociaux et religieux, aux rapports entre lEglise et J'Etat.

«Et les idées de M. Mercier et de M. Chapleau, cela est incontestable, sont celles de la grande masse de leurs partis, de tous les gens raisonnables et modérés.

«Il y a dans chaque parti une petite fraction de radicaux, repsentés chez nous par le Wütness ct chez les conservateurs par le Journal des Trois Rivières, qui ne marche pas avec la masse. Aux yeux de notre respectable confrère du Witness, pour être un vrai libéral, 1l faudrait être protestant el déclarer la guerre à l'Église catholique. Pour le Journal des Trois-Rivières on n’est conservaleur qu’à condition d'être plus catholique que le Pape.

«Nous ne voulons pas, en cé moment, mettre en doute la bonne foi de ces deux journaux, et des petits groupes qui partagent leurs idées, mais nous pouvons dire, sans crainte d'être contredit par ceux qui connaissent notre pays, que leurs idées ne sont pas celles de la grande masse de notre population.

«S'ils ne sont pas divisés par des questions de principe, qu'est-ce donc qui sépare la masse des libéraux de la plus grande parlie des conservateurs? Quand ce ne sont pas des appellations vides de sens, des mots qui n'ont plus de signification, ce sont des questions de personnes, des antipathies individuelles, des habitudes de discipline, tout au plus des procédés d'administration. On s'appelle conservateur parce qu'on a combattu avec M. Chapleau, élève de Sir G. E' Cartier, qui s'était rallié aux tories canadiens. On s’appelle libéral parce qu'on a lutté avec M. Laurier, qui a été à l'école de Sir A. A. Dorion, lequel ne s’est jamais séparé de M. L. J. Papineau. Les hommes, les questions, les idées, tout a changé depuis, rien n'y fait.

«Les héritiers politiques de M. Cartier ont accepté la plus grande partie du programme de l’ancien parti libéral, le serutin secret, les élections en un seul jour. l'extension du droit de suffrage, la contestation des élections devant les tribunaux, Paboli-

tion des droits seigneuriaux, la sécularisation des réserves du clergé, elc., n'importe, ils continuent à s'appeler conservateurs. Les élèves de M. Dorion ont renoncé à une grande partie de l'ancien programme libéral : ils ne parlent plus d’annexion, ils ne veulent plus de l'élection des juges, ni du suffrage universel, ils sont contre l'abolition de la dîme, ils désirent le maintien de tous les droits du clergé: cela ne fait rien, ils continuent à s’appeler libéraux, et, en certains quartiers, on les prend pour des Clémenceau et des Bradlaughs. On se dit conservateur, bien qu'on ne veuille rien conserver de ce qui s’oppose à un progrès rais-nnable, et l’on s'appelle libéral, alors qu'on ne veut rien détruire de ce qui peut être raisonnablement conservé.

«Ne nous laissons donc pas égorer par la piperies des mots, et admettons qu'aucune question de principe, aucune de ces idées fondamentales, sur lesquelles il n'y a pas de transaction possible, en Sépare la grande masse des libéraux et des conservateurs.

«Doivent-ils continuer à se tourner le dos, parce que jusqu'ici ils n’ont pas porté le même nom? Doivent-ils rester éternellement divisés parce qu'ils n'ont pas été toujours ensemble ? Doivent-ils à jamais se combattre parce qu’ils ont marché sont des bannières de couleurs différentes ?

Non, certainemeut non; ce ne serait ni raisonnable, ni moral, ni avaulageux au pays. Ce serait contraire à tous les précédents historiques. Partout on a vu les partis s’effacer et se fondre, lorsque leur existence distincte ne se justifiait pas par des divisions de principes. Nous assistons à un spectacle de ce genre aux Etats-Unis : les hommes honnêtes el modérés des deux partis, d'accord sur les grandes données de la politique, s’entendent pour envoyer au pouvoir, sans s'occuper du mom qu'ils portent, des gens qui partagent leurs vues communes.

«L'alliance d'hommes ayant au fond les mêmes principes doit-elle être impossible parce qu'ils n’ont pas toujours marché ensemble et se sont mêmes combattus? Mais ce serait ‘absurde. À quoi servirait la disusssion si l'on n'espérait pas ramener à soi

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ses adversaires ? Et comment pourrait-on espérer les ramener à soi s’ils devaient nécessairement être repoussés ensuite ?

« Aussi n’a-t-on jamais vu les vrais hommes politiques, ceux qui oht les idées assez larges pour mériter de commander dans leur parti, agir d’une manière si absurde. Sans sortir de notre pays, n’a-t-on pas vu M. Mackenzie faire entrer dans son cabinet M. Cartwright, un ancien tory de l’école de Sir Allan McNab, ef MM. Smith, Burpee, conservateurs, partisans de Sir J. A. McDonald ?

«Dans cette province même, on a vu M. Irvine, un ancien tory, se joindre aux libéraux pour combattre ceux qui s’appelaient conservateurs. Si nous avons le bénéfice de son grand talent et de son habileté incomparable, on admettra que ce n’est pas parce qu'il a sacrifié ses principes. Ses idées étaient devenues celles de M. Joly, bien qu'ils eussent été jusque là dans des rangs

opposés ; à la première occasion où M. Irvine a pu honorable-

ment se dégager, il est venu avec nous, non pas en changeant de principe, mais en prenant de nouveaux alliés politiques.

«M. Joly, lorsqu'il a été appelé par M. Letellier à former un cabinet, a offc-t des portefeuilles à MM. Turcotte et Mathieu. Croit-on qu'il en eut agi ainsi s’il eut cru faire un acte ma:honnête ?

&Il suffit de poser la question pour exciter les protestations de tous ceux qui le connaissent, adversaires comme ami politique. Jamais on le sait bien, il ne lui serait venu à l’idée de prendre pour collègues des hommes qui n'auraient pu le devenir qu’en faisant un acte repréhensible sinon déshonorant.

«Il a demandé M. Turcotte, parce qu'il savait que, conservateur et adversaire de nom, le député des Trois-Rivières partageait ses vues politiques. C’est pour cela aussi que, plus tard, il n'a eu aucune objection à lui offrir la place de président de l’'Assemblée législative... se seessse snoossose

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