‹ Discours de l'Honorable E.-James Flynn, prononcé à l'Assemblée législative aux séances des 8, 13 et 16 mai 1884, en réponse aux reproches de l'opposition d'avoir voté en 1879, contre le gouvernement Joly [microforme]Chapitre 8 sur 10 · CLE · texte numérisé non relu

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se montrent intransigeants, ceux qui parlent de faire éternellement la guerre aux conservateurs, ce sont des gens qui n’ont jamais démoli les conservateurs, qu’en petit comité, entre un verre de vin et un cigare, ce son les guerriers de chambre qui, pendant que ceux à qui on reproche de favoriser la coalilion, parcouraient les comtés, bravant la pluie, la neige et le froid, ruinant leur santé et leur fortune pour le triomphe d’ : candidats liberaux, travailaient bien tranquillement à leur aflaire, ou dormaient dans un lit sur les deux oreilles.

«Combien aurions-nous vu de libéraux en Chambre, si nous n'avions eu dans le parti que ces gens, si intransigeants de langage? Que resterait-il des idées libérales, si ces gens, si féroces aujourd’hui à les proclamer, avaient éte seuls à les défendre ?”’

L'honorable M. Jozy.—L'honorable ministre doit se rappeler l'incident provoqué par l'honorablé député de Montmorency, l'an dernier, à la suite duquel ce député a reconnu avoir été induit en erreur par de faux renseignements. Je crois que Fhonorable chef de l'opposition a réglé ce point à son avantage.

L'honorable M. FLynn.—Mais, depuis, il y a eu des révélations de faites, Nous trouvons à la fin des Débats de 1883 bien des documents qui jettent une nouvelle lumière sur cette question.

Quand l'honorable député de Lotbinière a vu que son successeur à la direction du parti libéral était attaqué de toute part par la radicaille, pour me servir de l'expression du député de Saint- Hyacinthe, il a voulu venir à son secours, et bien qu'il n'ait jamais voulu partager les idées de ee dernier sur la coalition, il demanda à la Patrie de cesser ses altaques contre le nouveau chef libéral. Il écrivit la lettre que voici :

«M. À. H. Beaugrand, directeur-propriétaire de la Patrie,

« Québec, 4 janvier 1884.

«Mon cher Monsieur, «Je viens vous prier de ne pas aller plus loin dans la discussion commencée au sujet de l'honorable M. Mercier et la coalition.

ET

Ju'o4

«Je n'ai pas le droit de vous dicter aucune ligne de conduite, c'est une prière que je vous adresse,

« Ne suivons pas le déplorable exemple du parti conservateur, qui ne paraît pas comprendre que les coups qu’il porte à ses chefs retombent sur lui-même.

« Quel triomphe ce serait prur nos adversaires, quel bauine pour leurs blessures, quel coup pour la province qui aurait alors le droit de nous envelopper tous, libéraux et conservateurs, dans la même condamnation !

«Je suis opposé à la coalition, mais je ne suis pas prêt à condamner ceux de mes amis quila considèrent comme le seul et dernier remède. Résigné à attendre le jour où le peuple ouvrira les yeux et saura reconnaître ses véritahles amis, je ne blâme pas ceux qui n’ont pas la même confiance dans l'avenir.

« Mais, ce jour, quand viendra-t-il ? Le verrai-je jamais ? J'en doute, quelquefois, mais d’autres le verront. Je n’accuse pas ceux de mes amis qui sont fatigués de leur impuissance à empêcher le mal et à faire le bien. C’est une bien triste position pour des hommes de cœur. S'ils peuvent trouver un chemin pour en sortir, qu'ils le suivent. Mais que ce chemin soit le chemin droit, et qu'ils restent toujours dignes de leur passé.

« J'ai l'honneur d’être, « Votre obéissant serviteur,

« (Signé), H. G. Jouy.»

Le député de Lotbinière doute quelquefois si jamais le jour arrivera où le peuple appuiera le parti libéral. Ce n’est pas la première fois que semblable aveu lui échappe. En 1881, il disait ceci : «Je ne veux pas qu’on me dise, vous êtes trop honnête pour être le chef du parti.» wuand un chef de parti parle comme cela, cela prouve qu’il y a quelque chose qui va mal, car il insinue qu'il a perdu le pouvoir parce qu'il était trop honnête ! Ce sont autant de déclarations officielles dont nous pouvons nous servir lorsqu'on nous attaque de l’autre côté de la Chambre.

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En 1881, le député de Lotbinière disait ceci devant une grande assemblée tenue au Mechanic’s Hall, à Montréal. Il parlait à ses amis et non à ses adversaires. Je cite un extrait du compterendu du Herald du 18 novembre 1881 :

«So that when he was introduced as leader of the liberal party, he said he would explain these matters, and after they had heard these explanations—after the province had heard them—they would then have to choose whether he should be leader or not (loud applause). If there was one reproach that he had received as a leader, il was that he had tried to govern the country too honestly (cheers). He was proud of that. There was not one kind of honesty in private matters and another kind of honesty in politics ; there ought to be the same kind of honesty in one as in the other (applause). But he must frankly tell them that these things, that he was not going lo have if he was going to be leader, He was not going to be buttonholed on the street and told that he was too honest; he was not going to stand that. There was not one present who did not approve of honesty ; and they must carry in politics the same feeling as they did in private affairs.. But he might be told : « Look what your opponents are doing?» There was no use of there being two parties, if both of them governed the same way (applause). And if he was to be the leader of the party, he would request his friends to carry with them in political life the same honour and honesty that

. characterized their private lives. »

Si ce n’est pas là une critique sévère de la conduite de son parti ; je ne comprends plus l’anglais.

J'en ai fini avec cette question de la coalition, je ferai remarquer seulement combien est injuste, en face de ces documents, la conduite de ceux qui condamnent ceux qui ont fait en 1879 ce qu'ils auraient voulu faire en 1882. Que l'honorable chef de l'opposition règle ses affaires de Terrebonne, de Jacques-Cartier. Qu'il règle aussi son débat avec la Minerve, mais qu’il ne vienne pas poser comme un modèle de constance politique : éditions pe le prendra au serieux.

sum 96

En 1882, lorsque nous discutions la vente du chemin de fer qu'il trouve mauvaise maintenant, il a voté contre une proposition du député de Kamouraska, et lorsqu'il s'est agi du contrat pour la partie est, il a brillé par son absence.

Je vais clore mes remarques par une dernière citation à Li de ce chef sans partisan ! :

L'honorable M, Laflamme, qui appartient à la fraction radicale du parti libéral, disait, au mois de mars 1884, dans une lettre adressée à la Patrie à propos du choix d’un candidat à Jacques- Cartier :

«Ainsi M. Mercier s’arroge le droit d'imposer la candidature de M. Descarries, qu’il soit acceplable ou non aux électeurs, pourvu qu’il en décide ainsi, Comme chef du parti, telle est sa prétention,

« Je ne conçois pas ainsi le rôle d’un chef de parti dans un gouvernement populaire, et encore moins le rôle de chef du parti libéral.

«Qu'il convienne à M. Mercier de faire des arrangements secrets, des alliances, s’il veut, avec des conservateurs, qu'il dit honnêtes, dans le but d'arriver au pouvoir, cela peut se comprendre facilement ; mais qu'il fasse faire profession de foi dans ses principes au parti libéral, et qu’il interdise toute expression d'opinion contraire dans l'intérêt de son protégé conservateur, cela est impossible, et je me trompe grandement s’il peut faire adopter ce système par les libéraux du comté de Jacques-Cartier et par le parti libéral.»

Je n'ai jamais rien va de tel! Un chef de parti qui vient choisir un candidat, et les partisans de dire: nous n’en voulons pas.

Par ses concessions, le chef de l'opposition croit se concilier les poseurs au radicalisme, mais la vieille rancune reste, et l’expérience devrait lui faire voir qu’il a tort de venir en appeler aux vieux chefs libéraux. Ses concessions comme ses peines seront perdues, |

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M. le président, j'ai cru devoir m’étendre assez longuemen sur la politique du gouvernement Chapleau, afin de faire voir que c’est cette politique qui triomphe aujourd'hui au point de vue de notre budget.

J'ai ensuite repoussé les nombreuses attaques qu'on n’a cess, de diriger contre moi depuis cinq ans. J'espère que la Chambre a compris qu’il n’était que juste pour moi de me défendre comme je l'ai fait. .

D'un autre côlé, la digression, que j'ai été obligé de faire, a prouvé à la Chambre que l'honorable chef de l'opposition, qui se targue d’être un grand libéral, a été pendant bien des années, pendant une bonne partie de sa carrière, un conservateur ardent et convaincu, disait-ill Et même, en 1866, il faisait une profession de foi conservatrice des plus ardentes.

M. le président, je n’en dirai pas davantage. J'ai cru devoir exposer la politique du gouvernement. J'ai réfuté les accusa. sations portées contre moi, accusalions qui peuvent jusqu’à un certain point rejaillir sur mes collègues. J'espère que je ne me suis pas écarté des règles parlementaires en traitant un sujet parfois aussi délicat. Libre à mes ennemis et à mes adversaires de se servir d autres moyens que ceux dont je me suis servi. On a voulu, par un système de dénigrement, détruire en moi l'homme politique, mais on ne réussira pas. Le gouvernement a une polilique qui est la seule vraie, la seule sage, celle de faire réussir le bien et triompher la justice. Je terminerai en répétant des paroles que j'ai cilées et qui ont élé écrites par le député de Saint-Hyacinthe :

«Le triomphe du parti conservateur sera un beau et grand triomphe, parce que ce triomphe sera le triomphe du pays et de

"ses intérêts. Le triomphe du vrai est le droit; le triomphe

d'une sainte cause est de justice.

«Le glorieux étendard, l’étendard national à l'ombre duquel les chefs du parti conservateur ont combattu et combattent encore avec tant de gloire pour eux-mêmes et de succès pour le pays, ce drapeau à l'ombre duquel nous sommes heureux de

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combattre, se relève plus glorieux que jamais ; aujourd’hui, cet étendard est un guide ; à nos yeux c’est l’étendard de la patrie, le drapeau des crandés idées, protégeant de son ombre les saintes doctrines, et portant dans ses plis l'espérance du pays.

«Le pays était hier sans gouvernement; aujourd'hui des hommes de talents sont à la tête ; ils doivent être aidés.»

L'honorable M. FLynn, député de Gaspé, commissaire des chemins de fer.—M. le président, j'ai dû, pour défendre mon honneur et le gouvernement, sortir du cadre auquel on doit s’astreindre. J'ai dû repousser les attaques venimeuses portées contre moi. J'ai déclaré que je ne voulais pas me servir des armes tirées de la vie privée, J'ai dit que vous, chef de l’oppo sition, vous aviez écrit votre vie de votre propre main. de ne me suis pas oublié au point de me servir des injures que les journaux disent à nos hommes politiques. J'aurais pu citer les écrits des adversaires du chef de l'Opposition. Je n’ai pas voulu le faire par sentiment de respect, pour la dignité de la Chambre. J'ai dit que je ne voulais me servir que des armes que cet homme m'a donné lui-même. En terminant mes remarques, je disais que je n'étais pas sorti des bornes que je devais garder.

Loin d'attaquer l'honorable député de Lotbinière, j'en ai parlé en termes sympathiques. J'ai dit que je l'avais appuyé par sympathie personnelle. J'ai dit, de plus, qu’on est injuste à mon égard, et quand on parlait de trahison, on voulait se servir d’un moyen injuste. : J’ai dit aussi que le gouvernement Joly était tombé sous le poids de ses propres fautes. Faut-il donc toujours supposer qu’un homme agit par des motifs serviles ? Est-ce que je n’ai pas un honneur à défendre ? Est-ce que je n’ai pas un comté dont je suis le représentant ici ?

Je nie au chef de l’Opposition le droit de me juger. Ce système est une prostitution honteuse de la constitution anglaise. Il n’y a qu’un homme en Angleterre qui a été l’objet, comme moi, d'autant d'attaques, pour avoir changé de parti, c’est lord Beaconsfield. Je pourrais parler aussi du grand Gladstone.

Les membres de la gauche parlent comme des gens qui ne savent pas un mot de la constitution anglaise.

cet Sommes-nous donc obiigés de toujours avoir la même opi- | rie, nion ?

tes Mais alors ce sont des gouvernements en permanence que vous |

crez! A quoi sert la faveur populaire avec ce système? Tous

des les hommes d'état anglais n'ont jamais craint d'exprimer leurs

opinions. | Le grand Gladstone lui-même, que n’a-t-on pas dit de lui, 1

quand il débutait, qu’il était the rising star of the tory party. L: des Mes ennemis d'aujourd'hui me regrettent, moi je ne les regrette

on pas! J'ai la preuve maintenant que j'ai eu mille fois raison de

s’as- laisser les rangs de ces hommes.

rtées Lord Chatham, Fox, et tant d’autres r’ont-ils pas changé d’opi- | r des nions? Lord Derby, dans ces derniers temps, n'est-il pas un | Dppo exemple frappant pour les hommes politiques ? | hi PL Le corps électoral change lui aussi? C’est l'opinion publique | us qui régit dans notre pays. | youlu d'accuse mes adversaires d'avoir inauguré un système de mbre. tvrannie politique dans lequel on ne peut jamais changer d'avis | »mme sans être taxé de trahison. | I!

disais Où a-t-on pris cette expression ? Les véritabies traîtres sont ceux qui trahissent le bien du pavs. Je suis prêt à reconnaître l parlé la maxime: l'intérêt du pays avec, mais non pas avant celui ll é par du parti. En 1879, j'ai dit que je ne pouvais vous appuyer (l aste à davantage : je ne puis me déjuger, je suis contre l’état de choses I

servir ‘ actuel. J'ai décliné une offre de portefeuille afin de garder mon 1h t Joly opinion. Je suis descendu dans mon comté pour consulter mes Il donc amis. C’étaient mes juges naturels. Aussi, je nie aux membres il viles ? de la gauche le droit de me juger. Au reste, cette question est all je n’ai réglée pour la troisième ou quatrième fois. | Pourquoi y revenir et soulever les préjugés contre moi? Je | € SYS- vais le dire. Il y a deux mois, j'étais tranquille chez moi. C’est | glaise. alors que j'ai été honoré peut-être plus qu'aucun membre de | omme cette Chambre. ‘J'étais tranquille chez moi, lorsque l’honorable | st lord M. Ross m'appella à former partie du gonvernement. Si j'avais | 1e. écouté mes sentiments, je n'aurais pas accepté. Bien qu'il fut qui ne dangereux pour ma vie d'entreprendre une lutte dans mon |

comté, à cette époque de l’année, car avant même que j'’eusse | Pan

accepté, des personnes juraient, devant témoins, que si on me prenait dans le gouvernement, je ne serais pas élu, quelque fût le moyen que l’on devraitemployer. Je ne m'en suis pas occupé. Quand mes amis ne voudront plus de moi, je m'en irai chez moi sans arrière pensée.

J'ai accepté, et une conspiration a été formée contre moi D'un bout à l’autre du comté ça été un système de mensonges et de menées inavouables contremoi. Malgré cela, ces gens sont arrivés à une défaite telle qu’on n’en a jamais vue dans le pays.

En partant du comté, ils en ont dit assez pour s’incriminer L'un d’eux a juré de se venger de moi, et cela devant témoins. Depuis on les a vus parler à des membres de cette Chambre pour les intéresser à leur vengeance. La haine a été poussée au point que j'ai été insulté ici par l’un de ses individus-là Je laisse au public à juger maintenant des raisons pour lesquelles on agit comme on le fait. En voyant la conduite que l’on tient à mon égard, il m'est venu à l'esprit la pensée oue la justice n'était pas faite pour moi, que mes adversaires peuvent impunément m’abreuver d’injures comme ils l'ont fait, Ils paraissent me nier le droit de me défendre. Le chef de l'Opposition n’a-t-i. pas dit que je ne méritais pas l'estime de mes amis! On voul drait même tourner contre moi mon honorable collègue le commissaire des terres de la couronne.

Les députés de Kamouraska et de Montréal-ouest ont un rôle qui leur est assigné, qu'il le remplisse. Je n'étais pas ici l’autre soir, je le regrettais, mais lorsque j'ai appris que c'étaient eux qui avaient parlé, je me suis dit que ça ne valait pas la peine d’un regret, Quand ça été le député de Lotbinière ou celui de Saint-Hyacinthe qui a parlé, j'ai été présent, non parce qu’ils ont été plus polis, mais paree qu’ils ont joué un rôle assez important pour que je pris la peine d’être présent, Ceci prouve que je ne manque pas de courage.

Ils ont professé une étrange doctrine. De leur côté, un homme peut sans le moindre inconvénient changer d'opinion ou de parti, mais s'agit-il de nous, on nous refuse l'exercice du même droit.

Celui qui se le permet, est l'objet d’un travail de démolition. Nous avons bien le droit, se disent-ils, de le démolir. Nous

ET

Non, vous ne réussirai pas à m'écraser. Le’ peuple qui aime

me avons le droit de l’abreuver d'injures. Nous allons le détruire | fût comme ministre. Mes adversaires n’ont compté que sur nfa \ 1pé. destruction personnelle et physique pour réussir. J'ai même lu moi dans un journal de cette ville que si j'avais de l'opposition dans | mon comté, mes parents ne me reverraient plus. Quel est donc |

noi le crime que j'ai commis? Qu’ai-je fait pour mériter le mépris ( iges de cette Chambre ? J'ai discuté l’état des finances et j'ai repoussé | sont les attaques qu’on a faites contre moi. Voilàtout. C'était natu. \ ays. rel, n'est-ce pas ? NES | iner Il parait que mon discours a jeté beaucoup de désarroi dans | pins. le camp de l’Opposition. Autrement, pourquoi ne pas l'avoir | nbre traité «ec uu souverain mépris, Comme on affecte d'en avoir | ssée pour moi? Quand j'ai affaire à un adversaire que je méprise, | Je je le traite du haut de ma grandeur. Se donner la peine de me | elles répondre, moi, qui suis si criminel! Il paraît que je suis cou- | tient pable de trahison! Est-ce envers la Reine? On ne l’a pas en- l stice. core dit. Si je n'étais rien, qu'un misérable, je tomberais sous f mn pu- le poids de mon impuissance. | ssent |

a-t-i. la justice et le fair-play se mettra de mon côté. On sait que le voul peuple, qui est bon prend fait el cause pour celui sur lequel plu. | com-

sieurs hommes se joignent pour l’anéantir.

Comment ! ces messieurs m'ont offert un portefeuille dans leur gouvernement, et ils me trouvent maintenant un être indique de l’éstime des gens ? Comment l’or pur s'est-il donc ainsi changé ?

Après la réplique donnée par l'honorable député de Lotbinière, il me semble que cela devait suffire. Non, cela n’a pas contenté ces ennemis haineux et implacables. On s’est servi du gros canon. Les boulets ont passé au dessus de ma tête. On s’est encore servi d’autres moyens ou machines pour me jeter de la boue à la figure. Tous ces messieurs ont rempli leur devoir. On en comptait trois. Cela ne suffirait pas encore. Il faut mettre en branle tout le régiment de l'opposition pour me détruire, pour m'écraser. Le député de Saint-Jean est venu à la rescousse ! On veut me rendre célèbre; très bien? Ce soir, on lition. a eu recours au chef de l'opposition.

Nous- Maintenant, il a dit que je l’avais injurié ; pourtant je n’ai

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pas prononcé une seule parole qui fut une injure. Il avait émis l'idée que le gouvernement Joly était tombé par suite de l’action du Conseil iégislatif, j'ai dit que je niais sa proposition. Pour prouver que j'étais dans le vrai, j'ai pris les journaux de la Chambre. Et quand ii s’est agi de repousser les attaques faites contre ma conduite, j'ai pris les discours et les écrits du député de Saint-Hyacinthe pour prouver qu'il avait, lui aussi, changé de parti. Vous qui appeliez certains libéraux: « les gens de la clique, les poseurs au radicalisme, » vous qui ies combattiez, vous faites aujourd'hui leur affaire. J’ai rappelé cela, voilà tout.

Le chef de l'opposition va dans les feuilles les plus ordurières, les journaux de mes adversaires pour trouver des arguments pour me combattre. Je n'ai pas adopté ce moyen à son égard, Je n'ai pas même parlé des écrits de plusieurs de ses amis politiques pour le combattre.

Le chef de l'opposition a dit que j'avais voulu éclaboussé mes enciens amis pour faire la cour à mes anciens adversaires. Depuis 1879 les colonnes de leurs journaux sont remplies d’injures à mon adresse. J’ai soutenu ces injures sans me venger et j'ai combattu loyalement. Mais toujours du côté de mes adversaires on a combattu déloyalement.

Le député de Saint-Hyacinthe m'a accusé d’avoir dévoilé des secrets. Je donne le démenti le plus formel à cette proposition. J'ai en mains une arme dont je pourrais me servir si j'étais un homme comme on me représente faussement. Un ami me disait un jour : « Si j'avais une arme comme celle-là, je m'en servirait. » J'ai refusé. Non, M le président, je ne ferai la lutte qu'avec les armes de la justice.

Quant à l’estime que je puis posséder, je laisse à mes amis de répondre. Tout ce que je sais, c’est que les conservateurs de la province ont eu assez de confiance en moi pour m'offrir un portefeüille dans ce gouvernement. L’honorable M. Ross qui aété mon collègue dans le cabidet Cnapieau, a eu assez de confiance en moi pour m'appeler de nouveau aux honneurs et à la responsabilité du pouvoir, et pour me demander d'entrer dans son administration. N'est-ce pas là une réponse victorieuse aux paroles injurieuses de l'opposition. Le dépit le plus vif perce dans leurs

attaques. Le chef de l'opposition n’a pas démoli un seul avancé que jaiïfait. Il n’a pas réussi à détruire un seul fait de sa conduite.

J'ai voulu lire les articles qui l’incriminaient aux sources authentiques.

* L’honorable M. Mercier.—Je vous en defie bien.

L'honorable M. FLyax.—J’accepte le défi. Le dernier article est du 23 mai 1866. Ce sont les adieux du député de SaintHyacinthe au journalisme. Je lis les extraits suivants :

Aux lecteurs du Courrier de Saint-Hyacinthe

« En abandonnant la rédaction du Courrier, nous prendrons la liberté de déclarer que nous restons sincèrement et fidèlemer attachés aux idées que nous avons toujours professés et défendues, dans la presse et ailleurs ; et que si nous avons cru devoir Choisir cette retraite inespérée, c'est plutôt par manque de confiance aux chef du parti conservateur, qu’au parti luimême que nous continuons à croire asser prudént pour ne pas laisser s’accomplir, sous sa responsabilité, des évènements importants, d’où dépendent nos destinées, sans que lui-même et le pays soient consultés ; et assez national pour ne pas laisser des chefs exposer impunément, et sans protestation, des intérêts aussi sacrés que Cex qui sout aujourd’hui en danger.

« Les chefs du parti conservateur ont trop compté, dans ces derniers temps, sur leur propre force, et pas assez sur leurs devoirs, comme chefs et comme membres d’une nationalité qu’il importe de ne pas laisser périr ; pour faire triompher un projet qui est devenu ieur rêve habituel, ils paraissent disposés à tout sacrifier. L’ambition plutôt que le patriotisme nous semble de-

venu le guide au moven duquel ils voudraient traverser les difficultés du moment. ”

(Signé) Honoré MERCIER.

Pau DE Cazes.

Saint-Hyacinthe, 23 mai 1866.

Voici la réponse des membres de la collaboration :

« Et à quoi servent toutes leurs belles protestations, leurs sentiments de dévouement, si on ne peut s'y fier !

« Ceci prouve une chose, c'est que quand on n’a pas d'opinions

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