‹ Discours de l'Honorable E.-James Flynn, prononcé à l'Assemblée législative aux séances des 8, 13 et 16 mai 1884, en réponse aux reproches de l'opposition d'avoir voté en 1879, contre le gouvernement Joly [microforme]Chapitre 9 sur 10 · PR RE · texte numérisé non relu

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arrêté?s, que, sous prétexte de ne pas compremettre son avenir, où nage entre d'eux eaux. il vaut mieux ne rien dire, plutôt que de courir le risque de tomber dans des contradictions évidentes à tous, et qui nuisent toujours à la réputation politique d’un AT 2 02 à VA SPA EN EP 0 D NP OR RE ne NAN EE RS et fe (Signé) LES AUTRES COLLABORATEURS.

En 1872, il était élu sous les auspices des conservateurs de Rouville. En 1874, il fut éconduit du même comté.

Le chef de l’opposition nva demandé si j’acceptais la responsabilité de tous les actes du parti conservateur. Je n'ai jamais, que je sage, répudié mes actes. En 1879, je n'ai pas fait d'autre chose que de déclarer que le gouvernement au pouvoir n'était pas assez fort pour gouverner. Depuis on ne peut rien trouver qui soit incompatible avec ma conduite d'alors. Je ne suis responsable de la politique que depuis que je suis miniitre. J’approuve les principes conservateurs, et, à Gaspé. je n'ai jamais été d'autre chose qu'un conservateur. dJ’ai toujours dit cela dans ma Circonscription,

En 1878, j'ai aussi déclaré que j'étais prèt à donner franc jeu au gouvernement libéral. Le cabinet Joly n’avait.il pas appui d’ancins conservateurs comme M. Watts, Cameron, Turcotte; Rinfret, Price et Mercier ? Je pouvais bien en faire autant.

Maintenant je citerai un fait qui établit la vérité de cette assertion. C'était en 1877. Mon adversaire et moi, nous parlions à Percé devant une grande assemblée. J'étais candidat, et j'avais écrit mon programme, daus lequel je disais que je ne ferais pas une opposition factieuse au gouvernement de Boucherville. A ce propos, on m’a même dit : ‘ Mais vous êtes un conservateur. ‘ Eh bien, si cela est conservateur, je le suis. Je suis de l’école des libéraux qui ont été les alliés des libéraux du Haut-Canada sous la conduite de Baldwin, et pour le Bas Canada; des Lafontaine et Morin, mais jamais de l’école dite avancée des Dorion, des Dessaulles et autres.

En 1838, ma manière de voir était constamment en conflit avec les opinions de ceux avec qui je marchais. C’est ainsi que j'ai traité le renvoi d'office à un autre point de vue que celui des membres du parti ministériel. Dans le parti libéral, il y a à l'heure qu'il est deux nuances, celle de l'honorable chef de

Bouvernement Joly ; par cela même j'étais tenu en honneur de

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l'opposition et celle des rouges. Elles sont distinctes bien qu'’elles se confondent sur un terrain commun, la guerre à ceux qui sont au pouvoir.

Je viens de mentionner l'affaire Lateltier, je veux en dire un mot afin de répondre à un reproche qui m'a été fait à propos des empiètements du pouvoir fédéral sur les droits des provinces. Je n'avais pas dans l’occasion de sacrifice à faire. Il y a suivant moi une différence énorme entre un acte administratif et un acte politique. C’est ce que l’on a oublié.

Le député de Lotbinière est le type du tory anglais. Quand il a été au pouvoir il s’'appuyait sur les précédents que lui offrait la carrière de Sir Robert Peel. Ce n’est pas un reproche que je lui fais, non, je constate un fait. Ses idées ne sont pas celles de ceux avec qui ils marchent.

En 1878, il m’a fallu accomplir l’un des actes les plus solennels de ma vi»: j'ai dû choisir un parti. Je me suis dit : jamais je ne pourrai sympathiser avec le député de Lotbinière et ses amis. Sur les principes généraux, il faut s'entendre. En jetant les yeux sur l’histoire du pays, peut-on dire que le parti rouge a fait du bien ? Le peuple a bien souvent répondu, non, à cette question, Et si ceux qui l’out abandonné sont des traîtres, je puis dire qu’en 1879, il y a eu des milliers de traîtres dans Gaspé, dans Lévis et ailleurs.

En 1774, les libéraux sont arrivés au pouvoir grâce au con-

cours des conservateurs qui ont laissé leur parti pour les aider À

renverser un gouvernement conservateur.

Les a-t.on insultés, vilipendés, ces députés ? Quoi, mon crime serait donc nire que le leur ! Après m'avoir lancé l’injure, n'’aton pas vu l'Electeur dans son numéro du 14 décembre 1882, dire qu’il n’y a pas de différence entre le député de Saint- Hyacinthe et M. Chapleau ? De plus, le farouche député de Lotbinière n’at-il pas offert un portefeuille dans son cabinet à M. Mathieu, un conservateur, à M. Turcotte, un autre conservateur ? M. McKenzie lui même, n’a:t-il pas pris trois conserva-

teurs dans son gouvernement : MM. Burpee, Smith et Cartwrigh

L'acte du corrupteur est aussi mauvais que celui qui est acheté, s’il y a eu corruption et achat. J'ai contribué à renverser le

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ne pas refuser de prendre la responsabilité de l'administration dans le cabinet qui succédait à celui qui s’en allait. Ce n’est pas moi qui ai fait cette doctrine constitutionnelle. Je la trouve en toutes lettres exposée clairement dans un auteur de droit constitutionele. Hearn,/Gouvernment of England, volume IT, page 219, dit ceci :

«Those persons who overthrow any administration may expect to be required by the king to assist him in the room of those officers whom in consequence of their proceedings he had displaced. Nor is a statesman who is so summoned at liberty Lo refuse ? He has taken upon himself the responsibility of obsiructing the Goverument of the country. Ifhe desires to save himself of the imputation of mere faction, he must endeavour to set upin its place a better Government. The king may fairly address the Commons in the language of the philosophic poet to his friend « si quid novisti rectius. »

Le chef de l'opposition a dit que j'étais en pourparlers avec M. Chapleau pendant que j'avais encore l'offre d’un portefeuille dans le gouvernement Joly. Je le nie formellement. Mon honorable collègue, le cominissaire des terres, sait quand j'ai fait la connaissance de M. Chapleau, et ce n’était pas au temps où on voudrait le faire croire.

Le chef de l'opposition a fouillé dans ma vie privée pour trouver des armes contre moi. Moi, je ne l’ai pas fait à son égard. C’esi un manque de courtoisie et de délicatesse, dont je ne me suis pas rendu coupable. . J'ai dit ici que je ne voulais pas parler de l'affaire de Terrebonne, ni de celle de Jacque-Cartier.

Néanmoins cela ne l’a pas empêché d’écarter le voile qui pro: tége ma vie privée. Il a parité de l’élection de 1874. Alors je me suis présenté comme canpidat indépendant. Le même jour où j'étais mis en nomination, j'étais nommé professeur à l’Université Laval. A ce moment, il y avait un autre candidat à part du candidat oppositionniste, c'était M. LeBouthillier. Je discon: tinuai la lutte, parce que l’exercice de mon professorat n'était pas compatible avec l’accomplissement des devoirs de membre de la Chambre des communes, si j'étais élu.

J’ai toujours été ami avec M. Harper, qui était {candidat en même temps que président £e l’éleéhon.

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Du 8ôté de M. Harper, on avait dépensé des milliers de’"piastres. Dans la contestation devant les tribunaux, M. Le Bouthillier n’a pas ailégué la corruption comme cause suffisante à linvalidation, mais seulement le fait que M. Harper était tout à la fois candidat et président de l'élection. J'ai ici à côté de l’article injurieux la réponse à cet article. Le chef de l'opposition savail, quand il a cité le Canadien, que ce journal était alors mon ennemi. Pourquoi ne l’a-t-il pas dit ?

Dans le cours de l’intruction du procès, on vit qu’on ne pouvait procéder à l'enquête parce qu’on n'avait pas produit de document qu’on nomme le bill of particulars. Q'on lise la preuve et l’on verra la vérité de ce que je dis. Au reste, il n’y a rien dans tout cela qui m’incrimine. Le juge a reconnu plus tard qu’il s'était trompé et qu’il ne pouvait faire de rapport suivant la loi.

J'ai fourni à M. LeBoutillier un compte des argents qu’il m’avait confiés et au sujet duquel il s’est déclaré satisfait. Je n’ai pas été payé comme on l’a insinué. On en est rendu à m’accuser d’avoir pris $200 ! M. Horace LeBouthillier qui m’a suivi depuis, m'a rendu le témoignage suivant. Ce que je vais lire est un extrait d’un magnifique discours prononcé le 17 mars dernier, à Douglastown, et qui aurait mérité d’être publié. Voici ce qu’il disait :

« Mr. chairman and gentlemen. When Mr. Flynn was first spoken of as a candidate for parliament, thuugh of acknowledged ability but still a mere boy, I may say as regards age, Î should certainly not have selected him; and, the reason why ? because he was without experience. This is not a matter acquired by birth, and therefore no fault of his Well, in deference to my neighbours, I waved this objection and joined his colors. He was returned, served his country well, and was recompensed in consequence, by being appointed commissioner of crown lands, the’ most important billet, I believe, in the ministry.

«a He was laid a side, for a while, not through incapaoity ; but, as a proof that his services were indispensable, in the affairs of state, he lately becomes commissioner of railways : this is the position the now occupies.............…. PP TRE PT TE PE OT OT

« You must lay aside all personal and local affairs, in order

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to judge the man by his public character. This I do, and hence my candid opinion is that he is an honest man, and, as you are aware, an honest man is the noblest work of God. That he has benefitted by undue acquisitions, { don't believe ; In fact, circumstances seem to justify my statement ; for, as I hab. pen to be acquainted with M. Senecal, I am aware that he is no friend of Mr. Flynn. Therefore, gentleman, you can draw your conclusions.

« Some people have laid great stress on what they term deserting his party. Now, gentlemen, is not the man to be commended who, recognizing his error, changes the tenor of his ways ? And more particularly, in acting so, he has his country’s interest at heart ; for, gentlemen, it is to my knowiedge, and I defy any one to prove the contrary, that it is to the conservative government that Gaspe owes all that is has obtained from the public treasury. And, to give you the proof thereof, allowed me te quote the words of late Honorable Letellier, the head of the liberal party at the time : « We cannot expect to win over the county of Gaspe. »

« As far as I can remeinber, the county has received nothing from the liberals, but opposition; and, now, gentlemen, I shall relate a marged more of theirs against such a disadvantageously situate county like Gaspé, commercially shut out from access to the markets of the world for seven months of the year, our export produce meanwbile deteriorating in the stores for so long, loosing interest, paying insurance, and, above all , deprivéd of the advantage of the foreign markets duriñg the lenten season. That great boon, the free port was the act of the éoû: servative government as an encouragement to the fisheries, an which the liberals opposed.................... Le RTE et

«Now, gentlemen, for the main subjett, the governmeñt honored the county in the person of M. Flynn's appointmentas commissioner, an honour sought for by many counuties as well as members, and often in vain. Three of the five ministers appointed by the Crowu had.to have their commissions ratifled by the electors of their respective constituencies,; two of the ‘were returned by acclamation as a necessary sequel to théié approval bÿ the Crown. Gentlemen, one has been left oùt'in

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the cold, as 1t were, aud this is the junior member, one of ourselves ; true he was born in a fisherman’s hut, as a scurrilous Quebec street would have it, if would indeed seem to be a crime to have sprung from the best fishing grounds of the coast, the one above all. I say, that should have been returned by acclamation at the court hall of Percé, on the 11th March instant.

« Well, gentlemen, [ leave him in your hands, [ commend him to your care. Treat him, ah! treat him as you did me! Remember thai you then voted ail, all as one man! and what could I have done as a deputy? comparatively nothing. E could not be nor did I aspire to the position Mr. Flynn holds so honorably, not only in the eyes of the province, but of the whole Dominion ; and, of this position of commissioner Flynn we must all rejoice, because he is one of ourselves.

« As for those Quebec city election runners who have been sent down here by their employers, with any amount of ammunition let them fire it away to the four wind ; for, otherwise, they would be doing an injustice to theiremployers. As regards them, I must do them the justice to say that, had they believed that they would have ha 1 to address enlightened communities, they would have stayed at home, as they did in the case of the commissioner’s colleagues, and were there was no distance to travel. But I suppose they considered that «distance lends enchantment to the view. »

«Ah! gentlemen, were it not for private consideration, I could tell you, not only where this more than factious opposition sprung from, but also have used a powerful lever, but I forbear being convinced that, as matters are in the end, a glorious triumph awaïits the honorable commissionersand that the Opposition will be ignominously defeated.

« Well, gentiemen, I shall not detain.you any longer, but let me indulge the hope that an intelligent and independant parist such as I have the honor to address and vrith whom I have alwaÿs maintained the best of relations, shall, at the polls, prove to the world that our junior minister should have been returned by acclamation»

Voilà un témoignage qui réduit ces accusations à néant.

Le chef de l'opposition aurait dû donner, à part l'accusation,

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