QUELLE EST LA PERSPECTIVE DES RECETTES *)U CHEMIN
Maintenant, M. l'Orateur, ces recettes de $300,000 que nous donnera le chemin si nous le gardons, se maintiendront-elles à ce chiffre-là ? Si nous gardons notre chemin, nous ne devons compter que sur le tralic local et ceux qui veulent garder le chemin parceqne c'est une propriété qui a coûté $13,000X00 peuvent-ils nous garantir que ce trafic local sera suffisant pour nous indemniser ? Un homme d'affaires très haut pincé dans le monde commercial me disait : m Si vous n'avez pas le Pacifique avec vous, vous pouvez êtie certain que votre trafic local ne fera que diminuer. Si vous repoussez le Pacifique à l'heure qu'il est, vous l'aurez pour ennemi ; il bâtira une ligne au sud de la vôtre et vous perdrez votre trafic local venant d'Ottawa, trafic qui est très considérable " Celui qui me disait cela ne pourrait pas être suspect à mes honorables amis c'était le chef reconnu du parti libéral à Montréal.
On a parlé de la Compagnie du Richelieu et du danger d'un monopole, parce que le président de cette compagnie se trouvait être un des membres du syndicat, et qu'ainsi il n'y aurait pas rivalité, mais entente entre ces deux voies de communication et, par suite, un monopole amenant exaction dans les tarifs. Or, comme il est de mode parmi nos adversaires de f lire de l'administrateur du chemin de fer un épouventail, on a voulu, dans ce cas-ci, ne pas oublier cet usage ; mais l'on a oublié que si la compagnie du Richelieu était l'ennemie de la ligne Provinciale, elle nous ferait une concurrence redoutable et désastreuse pour le tratic de notre chemin de fer, car, entre les mains d'un homme déterminé, la compagnie du Richelieu peut être pour le chemin de Québec un compétiteur extrêmement redoutable. Et le Grand Tronc n'est pas un rival à dédaigner ! Si cette compagnie voyait le chemin de fer de Québec livré à ses seules ressources, pourquoi ne traiterait-elle pas notre ligne comme une rivale ? 11 n'y a pas seulement cela ; vous avez un chemin déjà bâti de Montréal à Sorel, qui sera un compétiteur sérieux, car ce chemin est plus court que le nôtre ; il paraît qu'il doit se rendre jusqu'à la Pointe-Lévi et Québec. Dans ces circ3nstances croirait-on que le Grand Tronc resterait indifférent, et qu'il n'aurait pas les moyens de nous faire du mal ? Ses intérêts le lui commanderont, attendu que nous allons lui enlever par l'arrangement que nous avons obtenu, le monopole de l'Intercolonial. Nous a^ons donc raison de dire que le Grand Tronc sera
un rival terrible pour notre ligne, si elle est laissée à ses propres ressources.
Il y a plus ; dans leur aveuglement haineux, nos ennemis oublient que c'est le parlement qui détermine les taux des chemins de fer et que les exactions sont impossibles.