‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 3 sur 36 · ACCUSATIONS PERSONNELLES · texte numérisé non relu

ACCUSATIONS PERSONNELLES

Avant d'entrer dans l'historique de cette question, je demanderai à celle honorable Chambre de dégager de la discussion tout ce qu'on a essayé d'y apporter d'étranger pour donner le change à l'opinion et envenimer les débats, tout ce qu'on a répandu dans la presse, toutes les fausses impressions quo i'nn a pu produira par la cabale sourde, obscure et cachée, cabale contre le gouvernement et surtout contre le chef du gouvernement. On a essayé de déplacer la question. On a tout fait pour empêcher la députation de l'examiner avec le calme et la liberté qu'il faut porter dans l'élude des grandes questions de ce genre, élude que le gouvernemental les députés du peuple doivent faire non pas au point de vue d'un parti, mais au point de vue de l'intérêt national.

Ce n'est pas pour rien que les conseillers de Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur ont mis dans le Discours du Trône les paroles suivantes :

" J'ose espérer qu'en s'occupant de cette "grave matière, la Législature la consi- " dérera comme une de ces questions •' nationales, intéressant toute notre pro- " vince, et s'élevant au-dessus des consi- " dératicns ordinaires de la politique."

En étudiant de pareilles questions, il ne faut pas seulement songer à trouver en défaut la tactique d'un gouvernement, ou à lui faire commettre des bévues, pour arriver à lui enlever la direction des affaires. Il faut avant tout penser au pays. C'est avec cette idée-là, M. l'Orateur, que je me lève aujourd'hui pour demander à la Chambre, en examinant cette question, d'éviter toute violence de langage et de juger purement et simplement l'action de ceux qui dirigent le pays. Car il faut que cette politiqne soit dirigée par un gouvernement qui fasse abstraction de tout esprit de parti pris, et qui ne considère que le bien commun de la nation. C'est, dis-je, dans cet esprit que j'aborde la question.

J'aurais peut-être dû céder à la demande qui m'a été faite de laisser à d'autres la

':àche qui m'incombe — mais la raison qui m'a forcé fie me rendre ici, fatigué et indisposé comme je le suis, c'est que je ne pou vais, sans manquer à mes devoirs envers mon parti, laisser plus longtemps circuler dans le public les propos malveillants, les insinuations injurieuses, les accusations infâmes, enfin les outrages que l'on me prodigue depuis quelques mois, mais surtout depuis trois ou quatre semaines.

GOUVERNEMENT CONDAMNÉ AVANT d' AVOIR ÉTÉ ENTENDU.

On a pris le soin malin de correspondre avec des gens de toutes les parties du pays, avant qu'on sût le premier mot des explications que devait donner le gouvernement sur cette question : et cela, dans le but d'induire en erreur les personnes les mieux disposées et les plus honnêtes. J'ai lu des lettres venant de personnes chez lesquelles je n'étais pas habitué de voir la crédulité portée au point d'accuser et même de condamner un homme sans le connaître, des lettres écrites par des hommes dont les actes auraient dû avoir la charité pour premier mobile. Mais . je suis sûr d'une chose : le temps, qui guérit tout, sera ma vengeance. Jl sera celui qui me donnera raison, et je n'ai pas de doute qu'avant quelques mois, ce mouvement -que l'on a essayé de soulever dans le pays aura cessé. Je suis sûr que le concert de malédictions, que l'on cherche à provoquer dans toute la province, se changera en un concert d'approbation et de bénédictions pour la politique vraiment nationale que le gouvernement met devant le pays et devant la Chambre.

M. l'Orateur, il ne faut pas s'étonner de la critique. Il ne faut pas s'étonner si, jugeant trop vite des événements et des faits que l'on présentait au public sous une forme indigne, on s'est préjugé contre le ..gouvernement.

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