‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 4 sur 36 · MESURES · texte numérisé non relu

MESURES

Y a-t-il une seule mesure qui ait été introduite dans le pays, je parle des grandes mesures, sans soulever ,les malédictions du public contre elle ? Mais lorsque plus tard, on a été témoin des résultats avantageux qui en découlaient, on s'est étonné de s'être si étrangement trompé, et ces mesures sont devenues pour le gouvernement ■ qui les avait fait adopter le meilleur litre à la reconnaissance du pays.

Si nous jetons un coup-d'œil sur aotre histoire politique des trente-deux dernières

années, je parle de la politique libéraleconservatrice, ne voyons-nous pas que les projets les plus importants ont tous subi une terrible épreuve à leur origine ?

Les mesures relatives à la construction du chemin de fer du G.and-Tronc ont soulevé d'un bout du pays à l'autre des cris et des récriminations ? N'a-t-on pas crié que l'on vendait le pays, qu'on abandonnait les intérêts de la province, qu'on travaillait plus pour les Etats-Unis que pour notre propre pays ? Et cependant quels sont les hommes sensés, à quelque parti qu'ils appartiennent, qui aujourd'hui oseraient dire que cette polit. que concernant le Grand-Tronc n'a pas produit les plus beaux résultats ?

Un jour, en 1862, — on se rappelle toujours ces événements avec douleur, — un chef de parti n'a-t-il pas été battu sur une proposition de loi de milice, la même loi qui en 1867 fut votée par la presque totalité du pays ? On renversait alors un parti, on bouleversait toute une nation, et pendant près de deux ans, on voyait le pays en proie à un gouvernement dont toute la science consistait à économiser quelques bouts de chandelle et à rogner les octrois les plus utiles. Ce fut une ère malheureuse, malheureuse pour le parti, malheureuse pour la nation.

Lue autre question, à cinq années de distance, se présentait ; la grande question delà Confédération. Eh! bien, M. l'Orateur, cette même Confédération n'a-t-elle pas été maudite, — n'a-t-on pas prédit que, dans un avenir très rapproché, elle serait la ruine de la majorité de la province de Québec? Et cependant, depuis 16 ans — bientôt dix-sept ans — que cette Confédération existe, je ne vois ni un homme, ni un groupe national qui s*en plaigne.

A partir de cette époque, un mouvement inconnu jusqu'alors parmi nous s'est produit dans toutes les branches de l'industie. La Confédération a fait du Canada un pays qui peut réclamer sa place au soleil des nations, et qui est lier d'être ce qu'il est. La constitution de 1867 nous laisse nos droits et nos franchises, tout en donnant à nos ressources un champ plus vaste que celui qu'on aurait pu espérer d'aucun autre système de gouvernement, à la condilion touteiois que la chasse aux portefeuilles ne soit pas le dernier mot de l'ambition de nos hommes publics.

Rappelons d'autres souvenirs politiques.

Lorsqu'en 1870 sir George Etienne Cartier annonçait au parlement fédéral que le gouvernement de Sir John A. McDonald avait décidé d'acquérir les possessions de la Cr npagnie de la Baie d'fïudson dans le i Nor Ouest, et plus tard d'acquérir même

les possessions du Nord-Ouest, — de quelle manière a-t-on accueilli en Chambre celte demande ? C'est encore là un point de ressemblance avec ce qui se passe aujourd'hui. Dans ce tempe-là, on a essayé de fausser l'opinion des gens. La nouveauté de lamesure effraya même des hommes dont la droiture et la haute intelligence étaient pourtant au-dessus de toute pensée mesquine. Je pourrais citer un homme plus connu que tous les autres, un homme dont la science, la bonne volonté, la vertu, je dirai même la sainteté, avaient fait l'admiration du Nord-Ouest, et qui avait converti des bourgades sauvages entières, je puis nommer Mgr l'archevêque de i^t.

Boniface, qui croyait que réellement cette acquisition serait désavantageuse au Canada, — que cette région n'avait pas la valeur qu'on lui prêtait, — et que cette acquisition ne serait pas profitable au pays.

Lors de celle acquisition, on vit quelques chefs conservateurs hésitant, entr'autres celui qui depuis quelque temps a été oblige de quitter la curière politique, un homme qui fut notre chef à nous, conservateurs, non-seulement exprimer ses craintes à ce sujet, mais faire même un commencement d'opposition à cette mesure. Et qui dirait aujourd'hui que le million et demi que nous avons paye pour ce territoire n'a pas été fructueux et d'une immense portée pour le bien du pays? C'est par centaines de millions de dollars que l'on évalue aujourd'hui cette propriété destinée à faire du Canada un grand empire. Lorsque nous donnions quelques millions d'acres de terre pour la construction du chemin de fer du Pacifique, on disait que ces terres ne va'aient pas un dollar de l'acre. Mais aujourd'hui ces mêmes hommes disent qu'une seule parcelle de cet immense territoire acheté pour une bagatelle, vaut plus de $150,000,000. Et pourtant quelles clameurs d'indignation et quels cris n'a pas soulevés cette mesure qui, un moment, a menacé de faire taire tous les autres intérêts, toutes Us autres questions, et a même failli renverser le gouvernement?

Cela a duré jusqu'au moment où se dégagea des mille incertitudes répandues et cultivées cette grande vérité comprise du peuple, que l'on doit aux hommes qui ont travaillé et qui se sont livrés aux études politiques pour le bien de leurs compatriotes, confiance dans leur savoir et dans leurs actes.

Lorsque le gouvernement annonça sa politique quant à la construction du Pacifique, en 1872, on vit se déchaîner cet orage qui menaça l'aven r de notre parti, et conduisit au tombeau le plus grand homme politique que ie Canada français

ait produit ; on vit dans la division Est de Montréal cet homme qui avait mérite (jue l'on se mît à genoux devant lui pour le bien qu'il avait fait à son pays, cet homme qui avait prévu que la baie d'Hochelaga serait un jour le grand port des navires océaniques, on vil cet homme, dis-je, battu par plus de 1,500 voix.

Quand la question du Pacique souleva les préjugés et les passions populaires, on cria au pillage, au vol, à la malhonnêteté. Finalement le gouvernement lomba. Mais le pays en fut bien puni. Pendant ci: q ans le Canada a vu un régime qui, je l'espère , ne reviendra pas de sitôt, un régime qui n'a pas été de nature à nous donner du relief à l'étranger, ni le comfort dans nos familles. A la suite de la chute du gouvernement après 1873, la question du Pacifique fut presque reléguée dans l'oubli. Ce ne fut qu'en 1879 et en 1880 qu'on la ressuscita. Et dans la session de 1881, cette même politique du Pacifique fut proposée à la Chambre. Je me rappelle que j'assistais à cette session. Au commencement tout le monde approuvait cette mesure, on n'avait pas encore jeté le cri d'alarme. Celte politique avait été admise par les deux partis et par les deux gouvernements qui s'étaient succédés de 1870 à 1878, époque qui vit le gouvernement Mackenzie disparaître sous le souffle du suffrage populaire. Jusqu'à cette époque, dis-je, les deux gouvernements s'étaient occupés de cette quesuon, et avaient dit :

11 faut que la chose se fasse tout comme

dans le cas actuel.

Mais en 1881, on réussit à produire une espèce de vertige des esprils : " On ne sait " pas ce qui peut arriver disait-on ; nedon- " nerions-nous pas trop à ces capitalistes, " ne donnerions-nous pas un monopole trop ll considérable à ces étrangers et une occa- " sion de faire une fortune colossale aux. " dépens du pays ? Est-ce que ce n'est pas "purement et simplement un job gigan- " tesque, une immense fraude ? "

Encore une fois, la discussion et les explications données par le gouvernement, appuyées par la réflexion et le bon sens, finirent par amener les gens à dire qu'il fallait écarter île cette question tout ce qui était de nature à l'obscurcir, et lorsque la lumière se fut faite dans 1 s esprits, la mesure proposée par le gouvernement fut adoptée pir une écrasante majorité dans la Chambre des Communes. Et aujourd'hui lout le monde se demande si la construction de cette voie ferrée ne doit pas être pour le pays une ère de régénération.

Depuis quelque temps j'ai été l'objet d'accusations personnelles que je ne puis passer sous silence, dont je dois parler avant

d'entrer dans le mérite de la question. On dit ; ** qui s'excuse s'accuse, " et " l'on ne se rléfend que lorsque l'on se croit coupable." Je ne suis pas de cet avis, et je vais faire comme d'habitude, je vais vous parler à cœur ouvert- Ire accusation : Pouvoir occulte.

Des accusations ont été répandues dans la presse, sur les hustings, et dans le secret de la correspondance privée. On est venu vous trouver, et l'on vous a chuchoté à l'oreille ces accusations. On s'est même permis de vous inviter à causer à huiscios, en se prévalant du litre de compagnon qu'on vous donnait, et là on vous a glissé dans l'oreille des imputations et des calomnies atroces contre moi, non pas seulement des accusations politiques, mais des accusations personnelles, perlides, contre plus d'un membre du gouvernement, mais surtout contre l'un d'eux qui a le privilège d'être toujours le plus maltraité.

Que n'a-t-on pas écrit contre me i dans la presse ? On a dit ceci, par exemple : " Il y a un chei', et ce chef c'est le Premier. Mais il n'est que l'instrument d'un autre homme. Il y a un pouvoir derrière le trône, qui fait mouvoir le chef, et ce pouvoir n'est pas l'expression de la volonté du peuple, mais l'expression de la volonté d'un •' particulier!"

Eh bien ! M. l'Orateur, ceux qui ont dit ces choses connaissent bien peu leur homme, et ce dont il est capable quand il a une idée en tête, et je défierai qui que ce soit d'avoir le courage de parler vivement comme je l'ai fait à, ceux que je respecte, auprès desquels j'ai mon franc parler, et qui ne m'en estiment que plus pour cela. Moi ! être le serviteur de quelqu'un ?... Je n'ai pas le temps d'être esclave. Je n'ai pas l'échiné assez souple pour plier devant qui que ce soit, et je n'ai jamais fléchi le genou que devant Celui devant qui tout genou fléchit.

Je n'ai pas honte de dire que j'ai pris les conseils et les avis et prolité <Je l'expérience d'un homme qui, depuis plus de deux ans, a administré notre plus belle propriété provinciale, laquelle aujourd'hui est cotée si haut, grâce à l'intelligente direction et à l'élan progressif qu'il lui a donnés, ainsi qi''à la fidélité qu'il a mise à l'administrer.

On a fait sur la question du chemin de fer les dernières élections provinciales. Pendant ces élections, je me suis transporté dans toutes les parties de la province, depuis Montmagny jusqu'à Ottawa, pour aider mes amis à défendre la bonne cause, et partout j'ai constaté que nos adver-

( saires n'avaient pas de programme politique. N'ayant aucune politique sérieuse à nous opposer, ils se sont rues d'un bout du pays à l'autre, la calomnie à la bouche. On a laissé élire presque sans opposition les membres du gouvernement. Mais le chef de ce gouvernement a été traqué partout, et on a fait de la politique du ministère une affaire personnelle contre le premier ministre. Mais nous avons compté sur le peuple. Le peuple nous a approuvés, et le peuple, dans son vote, ne peut pas constitutionnellement

| se tromper.

i '2e accusation : Le Premier Ministre fait i sa fortune et cette de ses parents

On m'a accusé d'avoir cherché à faire ma fortune et celle de quelques membres de ma famille, au moyen des entreprises que j'ai aujourd'hui l'honneur de soumettre à la considération de cette Chambre.

Et dans plus d'un journal, on a répété des accusations du genre de celle-ci :

" Avec cette vente, conduite de manière à faire vendre le chemin des Laurentides, les vendeurs ont réalisé $300,000. et les vendeurs sont M. Sénécal et l'honorable M. King, le beau-père du premier-ministre. »

Ceci a été dit et publié depuis plus d'un mois. Or, c'est le mensonge le plus parfait et le plus niais. Ceux qui l'ont dit savaient qu'ils mentaient.

Ces journalistes sont les meilleurs disciples de Voltaire; qui disait : " Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. " Car, malheureusement, le côté mauvais chez l'homme est trop souvent le côté le plus fort. Et c'est pourquoi l'homme est toujours porté à penser du mal de son prochain. Ceux qui ont répandu dés accusations du genre de celle que je viens de citer, connaissant ce côté faible de l'humanité, sachant qu'il est toujours des crédules pour entendre et croire du mal des autres, l'ont fait sans vergogne et sans honte.

Permettez-moi, M. l'Orateur, un petit détail de famille. Mais, d'abord, laissez-moi vous dire que les auteurs de ces accusations ne viennent pas de loin de £aint-Lin. Je sais qui a été les y chercher, qui les a protégés, qui les a confortablement installés dans le journal dont Us se servent aujourd'hui pour insulter ceux qui les ont d'abord faits quelque chose.

Le chemin de feainl-Lin a été demandé par les localités de mon comté. Je me suis jeté avec ardeur dans cette entreprise. Nous étions là plusieurs jeunes gens, nous avions formé une société. Nous pensions qu'en émettant des débentures, notre entreprise réussirait. Nous avions la certitu-

de du succès, mais quand vint le temps de payer, les municipalités se firent tirer -l'oreille, les constructeurs étaient ruinés, et l'entreprise en resta là. Les terrains expropriés avaient été cotés très-haut, une somme considérable avait été dépensée, et les créanciers de Montréal qui avaient fait des avances, se trouvaient sans espoir de remboursement. A ce momenl-la, un homme se présenta, qui, sur ma parole, s'offrit à fournir l'argent nécessaire à la comlruction de la voie, espérant que lorsqu'elle serait complétée, cette ligne vaudrait quelque chose. Cet homme, c'était le colonel King, de Sherbrooke, mon beau-père. Il plaça dans cette affaire la somme de $40,000, et de 1876 à 1880, — qu'on remarque bien les dates, — les difficultés, les procès, la politique s'en mêlant, les paroisses refusant de payer, les poursuites judiciaires contre les paroisses intervenant, la personne qui avait fait les avances, sur ma parole, disait : " Vous m'avez trompé. Dans l'entreprise que vous m'avez recommandée, j ai englouti une grande partie de ma fortune." Et pouvait-on blâmer un homme de tenir ce langage, lorsque cet homme avait fait une avance aussi considérable, sur ma pirole ? J'en appellerai ici à l'honorable député qui représente le comté où va finir cette . voie, et il rendra le témoignage que l'affaire était d'une importance majeure, et a considérablement profilé à cette partie de la Province. Depuis que le chemin est organisé, il s'est fait dans une seule paroisse, en sus des bénélices ordinaires que les cultivateurs faisaient en vendant leurs produits lorsqu'ils étaient obligés de les transporter au marché dans leurs voitures, un bénétice réel de plus de $2,500 par année.

En 1880, le colonel King, fatigué des lenteurs et des difficultés qu'il avait à subir depuis 4 ans, au sujet de son avance de $40,000, me dit : m Il vaut mieux que je perde les intérêts auxquels j'ai droit, et que j'en finisse. " 11 lit comme il le disait, et depuis deux ans, il n'a pas eu plus de part dans ce chemin que le Grand Turc. Et mes accusateurs le savaient. Mais on sait aussi que ces choses font leur effet dans le public, et ou les dit. On répand môme ces accusations au sein des familles, dans des temples tù la bonne foi et la vertu ont établi leur séjour : prèchées par des journaux qui se disent catholiques, elles sont acceptées pour des vérités.

J'aurais pu devenir riche en restant chez moi, en me livrant exclusivement à l'exercice de ma profession. J'aurais pu m'y faire un avenir; ce n'est pas là de la vantardise, je pouvais me créer une

position de fortune autrement belle que celle que la politique m'a donnée. Je n'en rougis pas, au contraire je le dis presque avec orgueil, le plus fort de mon capital est celui de mes dettes. J'aurais pu, en profitant des occasions que la politique a mises à ma disposition, tirer profit des circonstances, et faire de l'argent, si j'étais bâti comme ceux qui m'ont accusé. Mais je n'avais pas les dispositions de certain journaliste, ex-député, mettant son nom à un acte, quand il savait que cet acte était une flagrante violation de son mandat et de son serment de député du peuple.

Ceux qui m'accusent, ceux qui lancent contre les autres des accusations comme celles dont il est question, ont besoin d'avoir en dedans d'eux-mêmes, d'avoir au cœur, si tant est qu'ils en ont un, un fondsde bassesse et de vice tel, qu'ils puissent y puiser chaque jour pour eux-mêmes, et qu'il en reste encore assez pour en déverser sans cesse sur leurs adversaires.

3e accusation : Le Premier Ministre sxn va à Ottawa.

Un ami m'écrivait l'autre jour que j'avais eu tort de dire en plusieurs occasions que j'irais à Ottawa. On m'en a fait un crime. On a crié partout que peu m'importait le résultat de ma politique ici, puisque je devais entrer dans le ministère fédéral après la session. Ceux qui ont dit ces choses ne devaient pas ignorer que j'ai refusé deux fois d'aller à Ottawa dans des conditions parfaitement honorables pour moi. Deux fois j'ai refusé une position dans le cabinet fédéral, parce que j'ai cru que mon devoir me retenait ici. Etait-ce aux jours de soleil ? Etait-ce aux jours de la moisson? Eiait-ce aux jours de gloire ? Non ! c'était à l'heure du danger, à l'heure où il s'agissait de combattre pour le pays. El j'ai combattu. Je n'étais alorsque lieutenant dans la grande armée conservatrice, et au milieu des dangers, et pendant les luttes de l'opposition, j'ai refusé les honneurs, et pourquoi ? Pour travailler aux intérêts de la province de Québec, qui avait besoin de l'aide de tous s^s amis. Voilà comment on apprécie quelquefois les meilleurs actes, les plus pures intentions.

4e accusation : Le gouvernement n'a jamais fait d'efforts auprès du gouvernement d' Ottawa. — Le Pacifique.

Mais il est un autre reproche que l'on m'a fait, et ce reproche touche d'assez prêt à la politique pour que je ne le passe pas sous silence. I! y a quelque temps, je li-

sais dans un journal un extrait que je citerai tout à l'heure.

Kemarquez, M. l'Orateur, que cela était écrit en vue du chemin de fer fie Québec, et en vue de la politique que nous venons aujourd'hui exposer devant cette Chambre. On m'a accusé dans maints et maints articles, depuis plusieurs mois, on nous a accusés, moi et mes collègues, d'avoir été indifférents aux intérêts de la province de Québec, et de n'avoir rien fait auprès des autorités fédérales pour assurer une meilleure position à notre gran le entreprise nationale, et obtenir une meilleure vente ; je lisais dans le journal en question, ce qui suit :

" Nous avons été jusqu'ici sous l'im- " pression que Sir John, M. Langevin, etc, " portant un grand intérêt à la province de •' Québec, et qu'ils eussent été heureux de •'prendre en considération toute offre qui " leur aurait été faite d'acheter notre che- " min. Ces offres n'ont pas été faites, et la " Minerve dit maintenant qu'il est trop tard. " A qui la faute ? Pas au gouvernement " fédéral qui n'était pas tenu de s'adresser " au cabnet local pour offrir des faveurs.

" Il eut sans doute été relativement fa- " cile à Sir John et à ses collègues d'in- " dure notre chemin dans le marché avec •* le syndical et d'obtenir pour nous une " dizaine de millions de piastres.

" Aucune offre de vente n'ayant été " faite au gouvernement fédéral, il n'a pu "rendre à la province les services qu'il ••■ eut sans doute aimé à nous rendre dans " cette grave affaire. "

J'en suis humilié, mais si nous ne voulons laisser aucun prétexte à la malveillance, nous sommes obligés de nous défendre de cette accusation. Dès le 13 mai 1880, le gouvernement local se rendait auprès du gouvernement fédéral pour lui demander de l'aide pour notre chemin, et comme, dans le temps, il était question de la ligne du Pacifique, et que le Pacifique avait toujours été donné comme devant se reiier au chemin de fer de la Province, nous allions demander que le gouvernement fédéral fit son possible pour faire de notre ligne Provinciale une partie intégrante de cette grande voie ferrée.

Ceci se passait en 1880, comme je viens de le dire. On nous répondit qu'il ne fallait pas songer à un achat du chemin par le gouvernement fédéral. La politique de ce dernier gouvernement étant alors de céder la partie déjà construite du Pacifique à une Cie. qui s'engagerait de terminer ce dernier chemin, on ne devait pas s'attendre à voir ce gouvernement se faire l'acquéreur de nouvelles voies ferrées. Mais on nous assurait que dans le cours des négociations que

les délégués du gouvernement d'Ottawa allaient entamer en Angleterre pour la construction du Pacilique Canadien, on n'oublierait pas que le chemin de fer Provincial devait être, suivant la pensée de ses auteurs, un des chaînons du Pacifique. On nous demanda quel prix le gouvernement de Québec mettait à son entreprise. Je répondis que si l'on pouvait nous assurer une somme de $7,000 000. nous serions disposés à donner le chemin pour cette somme. Sir John me dit aiors que, dans son opinion, le prix n'était pas exhorbitant, si, pour cette somme, nous nous engagions à livrer le chemin complété, d'après les plans préparés pour sa construction.

Avant de quitter Ottawa, je laissai entre les mains du chef du gouvernement un.

mémoire relatif à la vente que nous proposions et dans lequel j'énumérais les points principaux de la politique que le gouver» nement de Québec avait suivie à cet égard,

Avec la permission de cette Ohambre, je lirai quelques extraits de ce mémoire confidentiel, mais dont j'ai eu l'autorisation de me servir :

<4A l'heure qu'il est, le gouvernement a " déjà dépense onze millions de dollars " dans la construction de ce chemin, et on " a calculé que pour le compléter, avec " toutes les facilités de terminus à Québec, " Montréal et Ottawa, une somme addition- " nelle de trois quarts de million de dollars •■ sera nécessaire pour !a construction seule " avec de plus une mise de fonds supplé- " mentaired'im quart de milliandedi llars " pour pourvoir le chemin d'un matériel " roulant suffisant et de première classe. 11 Lorsqu'il sera ainsi complété et pourvu, " le chemin aura coûté près de douze mil- " lions de dollars; mais il pourra sans " crainte être mis au rang des chemins de " fer les mieux construis du continent.

" Il est inutile pour moi d'insister sur " l'importance future de ce coemin. C'est " assez de dire qu'il sera u e des fractions " les plus impo lames du chemin de fer du *• Pacilique Canadien.

" La plus grande partie, je pourrais dire la " presque totalité de notre dette provin* " ciale a été contractée pour la construc* •' tion de ce chemin ; et bien que le gou- " vernement de Québec soit sûr que, dans " un temps peu éloigné l'augmentation 11 considérable du trafic (\u chemin nous " assurera un revenu suffisant pour le paye* " ment d'une bonne part des intérêts dûs " sur le montant payé pour sa coiislruc* " tion, il lu: est impossible de se cacfier le " fait que le fardeau qui lui e-t imposé " aujourd'hui par le montant énorme d'i'n* " térèts à rencontrer, est trop louni pour " la Province de Québec.

" En plusieurs ciroons'ances, j'ai eu " l'occasion de déclarer, en chambre et ail- " leurs, que le gouvernement de Québec " épuiserait toutes ses autres ressources " avant de céder le chemin à une compagnie. " étrangère. Toutefois nous n'avons pu 44 faire autrement que de prendre connais- 44 sance des propositions qui nous ont été " faites pour l'achat ou l'aîlérmage du che- *' min. Mais avant de prendre une déci- " sion à ce sujet, j'ai cru qu'il était de mon " devoir, comme chef du gouvernement " de Q :ebec, d'informer le gouvernement 41 f-déral de la po-ition où nous sommes i( et de la décision à laquelle il est possible " que nous arrivions.

" Avant d'entrer en négociations avec " les personnes qui nous ont fait des "offres, je désire faire au gouvernement " fédéral, au nom du gouvernement de " Quéhec, la proposition suivante :

44 Que le gouvernement fédéral fasse l'ac- " quisition de notre propriété provinciale " pour une somme de $7,000,000. Cette " somme représenterait, au taux auquel 44 votre gouvernement peut obtenir de " l'argent en Angleterre, un intérêt de 44 $280,000 ; avec un fonds d'amortisse- 44 ment, cela ferait en tout $350.000.

44 Ceci ferait encourir à la Province une 44 perte de plus de $i,000,000, mais Québec 44 ferait volontiers ce sacrifice pour assurer 44 une ligne indépendante au trafic futur 44 du chemin de \'er du Pacifique,et en même 44 temps donner un élan considérable à 44 la prosj éiité commerciale de la Province.

" Je suis sûr que\olre gouvernement 44 comprend toute l'importance qu'il y a à " assurer au trafic du Pacifique un dé- 44 bouché à travers le territoire canadien " jusqu'aux ports de mer.

44 Le montant énorme payé pour la cons- 44 truction de l'Intercoloni i! doit amener 44 le gouvernement fédéral à assurer à cette 44 ligne autant de trafic que possible.

44 Les hommes d'affaires de tomes les partl lies du pays ont les yeux fixés sur l'avenir '* du chemin de fer du Pacifique, et votre 44 gouvernement ne l'a pas perdu de vue, 44 car il s'est assuré la bonne volonté d'une 11 autre compagnie de manière à avoir une 44 ligne indépendante jusqu'à Ottawa par •' le Cana la Central.''

J'eus occasion de réitérer avec instance ma demande à Sir John, avant son départ pour l'Angleterre. La réponse qu'il me donna fut à peu près la même que celle qu'il nous avait faite le 13 mai, savoir: qu'il ferait son possible pour induire les capitalistes anglais qui voudraient se charger de la construction du Pacifique, à

inclure le chemin de fer provincial dans leur tr ansaction avec le gouvernement fédéral, et qu'il soumettrait la proposition d'i gouvernement de Québec aux capitalistes anglais ; mais il me fit en même temps remarquer que la compagnie avec laquelle le gouvernement fédéral devait transiger, étant une compagnie privée, il ne pourrait que suggérer d'accepter notre proposition, et que si elle n'était pas agréée, ou si l'offre que la compagnie pourrait nous faire ne nous convenait pas, il n'y aurait pas eu de temps dj perdu. Au retour de Sir John, j'eus occasion de faire avec lui le voyage de Québec à Montréal et immédiatement après je lui écrivis une lettre dont je citerai quelques extraits :

44 Durant le mois de mai dernier, lorsque 44 j'étais à Ottawa avec mes collègues du 44 gouvernement de Québec, j'eus lhonneur 44 de soumettre à votre considération un " mémoire sur l'achat du Q . M., O. et O. '' par le gouvernement fédéral.

41 Cette question est d'une importance 44 considérable et interesse, je pourrais dire, 44 l'avenir financier de la province de Qué- 14 b*'C l'on ne pourrait en retarder la 4t solution sans exposer notre trésor au dé- 44 sastre. Lorsqu'elle vous a été soumise, 44 vous m'avez dit qnexotre gouvernement 44 ne serait pas, avant quelque temps.en me- 44 sure de me repondre s'il pourrait prendre 44 cette soumission en considération, s'il la 44 verrait d'un œil làv< rabie ; et, a l.i vei.le 44 de votre dèpait pour l'Angleterre, vous 44 m'avez laisse connaître que le projet de 4* faire de noire chemin provincial un dé- 44 bouché jusqu'à l'océan pour ie commerce 44 du chemin de 1er du Pacifique serait 44 vraisemblablement pris en considération 44 lors des négociations en Anglrterre con- 44 cernant le chemin de fer du Pacifique. 44 A votre retour, l'autre jour, vous m'avez 44 répété qu'il vaudrait mieux pour nous 41 attendre l'arrivée au Canada des déle- 44 gués du syndicat du Pacifique avant de 41 prendre une décision quant à la vente ou 44 à l'aîlérmage de notre chemin de fer pro- 44 vincial.

14 Comme j'ai déjà eu l'honneur de vous 44 le dire, cette question est actuellement 44 d'une importance majeure pour notre 44 Province. Cette importance e*t telle 44 qu'elle justifiera pleinement auprès de 44 vous, j'en suis sûr, mes démarches réité- 41 rées. Depuis le jour où je déclarai devant 44 l'Assemblée Législative de Québec que 44 le gouvernement avait déjà reçu des 44 offres considérables pour la vente ou 44 l'affermage du chemin, je n'ai pas reçu 44 moins de trois nouvelles propositions 44 différentes pour les mêmes fins. Vous 44 comprendrez aisément la perplexité dans

c :aquelle nous nous trouvons , .'e ne "[«use pas que je serais justdiable du •4 perdre une occa^on certain* d assurer " à notre province une transaction qui la «« favoriserait largement dans sa condition " financière actuelle ; en même temps je ne " voudrais pas disposer de notre < hemin "sans melire votre gouvt riment eu '• demeure d'assurer au syndical, avec '.* lequel des négociations oui de;à été " entamée-, une ligne indépendante jusqu'à " l'Océan Atlantique pour le chtunn de 44 fer du Pacifique.

•'Je crois donc qu'il est de mon devoir " de vous informer que l'on me fait une ollre " de $6.500,000 Lour notre chemin de fer 14 Provincial, tel que le chemin sera après 44 5a complétion du pont des Chaudières.

" Dans ces circonstances, j'eï-j ère que " vous me permettrez de vous demander :

" t° Si votre gouvernement sciaii disposé 44 à garantir à notre Province, -comme pi ix " de notre chemin, un montant déterminé " qui vous permettrait de le passer au syn- " dicat comme une portion du grand ch - 44 min du pacifique canadien?

44 2o. Si vous croyez que le syndicat 44 serait disp se à nous olfrir un ] rix plus " '^levé que celui que je viens de mentionner '• pour l'achat, ou des conditions plus 41 avantageuses pour l'affermage de notre • chemin de fer provincial?

44 3o. Si dans le eas où le gouvernement '* de Québec garderait son chemin de fer •• Q. M. O et O.), vous seriez disposé à '• recommander au gouvernement d'Olia- '• wa l'octroi d'un bonus égal à celui ac- 44 cordé au Canada Central, à la condition 44 uue les arrangements de parcours soient 44 les mêmes en faveur du chemin de fer 44 du Pacilique Canadien que ceux impo- 41 ses au Canada Central ? "

M. l'Orateur, je n'ai pas besoin d'énumérer devant cette Chambre les démarches du gouvernement, dans le but de réussir auprès des autorités fédérales. Qu'il me suffise de vous dire que nous n'avons pas, un seul instant, perdu de vue les intérêts que nous représentions, et que tout ce qu'il était en notre pouvoir de faire, nous l'avons fait. J'ai été bien plus loin que ceux qui se font aujourd'hui nos accusateurs. Et si l'on prenait connaissance du mémoire imprimé que je tiens à la main, on verrait que la grande amitié, le grand dévouement que j'éprouve en ma qualité de membre du parti conservateur pour le chef du gouvernement d'Ottawa, l'ont cédé au devoir que ma position m'imposait. Je n'y référerai pas davantage, seulement je puis vous dire qu'entre autres choses, à l'appui de nos prétentions, nous exposions le danger qu'il y avait à ne pas faire de

notre ligne provinciale la continuation du Pacifique, tel qu'on nous l'avait promis, et comme nous a\ ions le droit ne l'espérer. Nous indiquions le nombre toujours croissant des lignes qui nous menaçaient de leur rivalité. En voici l'énumération :

41 lo. La ligne du Canada Central de 44 Renfrew à Brockville sur le Grand- 14 Tronc, mettant le Pacifique en relation " avec les chemins de fer américains

•• 2o. La li-'ne projetée depuis Pem- 44 broke, ou tout autre point plus rappro- " ehé sur le Canada Central, à? Kingston,

" 3o. Le chemin de fer de St. -Laurent et 44 Ottawa, conduisant le traiic à Prescott, " puis à Ogdensburg ou sur le Grand Tronc,

•' 4o. Le chemin de fer du Coteau, con- " duisant directement par le pont du Cô- " t au le commerce du Pacifique sur les 14 lignes américdi :es,

" 5o. Le chemin de W de l'Atlantique et 14 -le l'Ouest pariant d'Ottawa en ligne di- " rec e. passant sur le St. -Laurent à La- '• chine par un r> >nt, H se dirigeant par '• tout tracé que l'on dé>irera, soit à Poft- " land, soit à B>ngor, soit à Saint-J^an, N. 44 B , ou par aucune des ligues déjà en 44 existence. "

Ce n'est pas d'aujourd'hui que nous avons étudié cette question. Dans la presse et dans nos relations officielles, nous avons sans cesse travaillé au triomphe de l'idée de faire du Q. M. O. et O. une partie intégrante du chemin de fer du Pacifique Canadien.

Le 3 janvier dernier, je crus que je devais faire un dernier effort pour donner une nouvelle occasion à la compagnie du Pacifique d'acquérir notre chemin. Je me rendis ce jour-là à Ottawa, et j'y passai deux jours dans ce but. J'allai trouver Sir John A. McDonald et lui demandai, s'il ne pouvait pas faire un effort auprès du syndicat du Pacifique Canadien pour lui faire acheter notre ligne provinciale, lui décl irant que nous avions reçu des propositions d'achat, mais que nous ne voulions pas décider de ces soumissions, sans tenter une dernière démarche auprès de la compagnie du Pacifique Canadien.

Voici les conditions que je posais au gouvernement d'Ottawa :

Prix, 8 millions de piastres, intérè', 5 0/0; il y a à peu près pour sept à huit cent mille piastres de travaux à faire sur la ligne Q M. et O. Certaines compagnies s'offrent de faire ces travaux, mais le gouvernement n'obligera la compagnie du Pacifique à faire des travaux, que jusqu'au montant de $400,000 ce qui portera le prix total du chemin à $8,000,000. Termes de paiement les plus accommodants, car le gouverne-

ment de Québec ne veut que diminuer les oharges des intérêts sur sa dette.

Ces propositions furent soumises d'une manière confidentielle à la compagnie du Pacifique, et en réponse nous avons reçu l'offre que voici :

On offrait huit millions et trois-quarts portant intérêt à 4 q/0, le capital payable en cinquante ans ; le gouvernement devait dépenser $750,000 pour linir le chemin.

Je dis ces cljoses au courant d'une explication, et bien que cet énoncé n'ait peutêtre pas sa place ici, je veux que les députés en soient bien saisis dès à présent On me dira que c'est quelque chose d'ellrayant que nous n'ayions pas voulu vendre à ce prix là. Voici pourquoi nous ne l'avons pas fait. C'est que ces 8| millions, payables dans cinquante ans, ne portaient qu'un intérêt de 4 0/q, ce qui donne tout simplement l'intérêt de $7,000,000 à 5 0/0.

La Compagnie du Pacifique faisait de plus payer au gouvernement $750,000 pour le6 travaux restant à l'aire.

En ôtant ces $750 000 sur le montant offert, il reslait une somme nette de $8,- 000,000.

Ces $8,000,000 du Pacifique nous auraient rapporté annuellement à 4 q/0 la somme de $320,000, tandis que les $7,600,- 000 offerts aujourd'hui nous donneront à 5 0/0 $380,000, soit une différence de $60,000 par année. Or, sait-on ce que $60,000 par année pendant 50 ans, à intérêts composés, représentent pour le gouvernement/ Et il n'y a pas un sou à déduire : j'en détie les calculateurs les plus habiles. Ces $69.000, au bout de 50 ans, donnent $12,560,000. Je vous dis que l'on ne peut retrancher la moindre parcelle de cette somme de $12,560,000, et elle représente le montant que nous aurions perdu, en acceptant l'offre des 8| millions de préférence à celle des $7,600,000.

Lorsque l'honorable M. Kobertson fit son emprunt de $4,000,000 à raison de 5 0/o par an pour 30 ans, nous nous engagions à payer $200,000 d'intérêts, plus 1 0/0 d'amortissement, ce qui faisait en outre $40,000 par année. Au bout des 30 ans, nous nous trouverons avoir payé $6,000,000 d'intérêts, et les $4,000,000 seraient encore dus, si l'on n'y pourvoyait tous les ans par le payement d'un fonds d'amortissement.

Voilà ce que savent tous ceux qui ont étudié ces questions de finances.

J'ai donc fait toutes les démarches possibles auprès des autorités et du gouvernement fédérale et du Pacifique, et je n'ai pu réussir. J'ai fait peut être plus que je n'étais tenu de laire, car j'ai peut être un peu

trahi le secret de ceux qui m'avaient fait des propositions, mais j'en agissais ainsi dnns l'intérêt de notre Province, et dans l'intérêt général du pays.

Monsieur l'Orateur, on nous a demandé s'il y avait eu des correspondances officielles entre la compagnie du Pacifique et le gouvernement ; je dois répondre qu'il n'y en a pas eu au sujet du contrat qui nous occupe. Il y a eu une correspondance avec la conrpagnie du Pacifique en 1881, mais cette correspondance était au sujet d'arrangements relatifs à l'échange du trafic ; quant aux autres négociations, elles ont été conduites de vive voix, dans des entrevues qui ont eu lieu à Québec, à Montréal et à Ottawa, entre les intéressés, tant avec la compagnie qu'avec le gouvernement fédéral, dont l'assislance nous a été précieuse ; nous avons discuté le projet d'arrangement, nous l'avons examiné sous toutes ses faces.et lorsque nous en sommes arrivés à des conclusions délinitives, nous les avons rédigées, et quand cette honorable Chambre aura pris connaissance de es documents, elle sera en mesure d'apprécier notre travail. Un homme qui s'y connaît disait : " J'ai rarement vu des documents aussi clairs et aussi concis que " ces deux contrats " Je ne m'en attribue pas le mérite, je le donne volontiers à l'honorable procureur-général qui occupe une position si distinguée dans la profession légale, à l'avocat eminent dont nous avons demandé les conseils, l'hon. M. Lacoste, et aussi au concours des aviseurs et des officiers de la Compagnie du Pacifique et des syndicats qui ont transigé avec le gouvernement.

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