POURQUOI UNE SESSION MAINTENANT
Nous aurions bien pu demander de retarder à une nouvelle session. Peutêtre, si nous avions simplement écouté notre intérêt personnel comme ministres, si nous avions tenu à nos portefeuilles autant que l'on veut bien le faire croire, nous l'aurions fait. Ah ! si on savait que c'est une succession peu profitable que celle qui nous a été laissée par nos amis de l'opposition actuelle! Les douceurs du pouvoir sont plutôt du domaine de l'imagination, que du domaine de la réalité.
Nous aurions pu retarder cette session.
L'orage se serait passé, car tous les orages se ressemblent en ce point : ils prennent vite fin. Nous n'avons pas voulu attendre. Nous avons demandé que la session fût convoquée le plus tôt possible. J'ajouterai qu'il existait une considération plus importante encore pour hâter la convocation des Chambres. C'est celle-ci : le gouvernement a encore des travaux considérables à exécuter pour terminer la ligne provinciale, comme le prouve l'état des dépenses nécessaires que nous avons été obligés de fournir
à l'honorable Trésorier de la province pour lui permettre de préparer son budget.
On travaille encore aux ouvrages indispensables pour faire arriver les convois aux casernes, à Montréal — et je me suis dit avec mes collègues que si nous pouvions livrer vers le premier d'avril prochain aux deux syndicats, — si toutefois la législature sanctionne les projets de vente qui lui sont maintenant soumis — les travaux qui nous restent à faire et qui ne marchent aujourd'hui que pour nous permettre de dire qu'ils ne sont pas suspendus, le gouvernement en serait aussitôt déchargé.
.Actuellement il est tenu compte des déboursés faits pour ces travaux depuis la date du contrat avec ia Compagnie du Pacifique, maintenant devant vous, et si ce contrat est délinilivement signé, nous établirons le compte des déboursés faits par le gouvernement pour ces travaux, depuis ]e premier mars. 11 était donc important pour la Province de retarder le moins possible cette session. Comme vous pouvez le voir d'après les cédules attachées aux deux projets de contrat, ces travaux que les syndicats sont tenus d'exécuter s'élèvent à une somme de $1,098,000. Pour l'exécution de travaux aussi considérables, nous allons être obligés de demander des subsides à cette honorable Chambre, et le plus tôt nous serons dispensés de faire ces travaux le mieux ce sera pour le pays.