FRS
SSP à
pays. On ne peut employer un baromètre indiquant d'une façon plus précise la richesse publique, que celui des recettes des chemins de fer du pays. Les chemins de fer sillonnent le Canada dans tous les sens et les recettes augmentent en raison directe de la prospérité du pays et diminuent proportionnellement À la souffrance du commerce. Qu'il me soit permis d'attirer s'attention des honorables représentants de la gauche sur ce qu'établissent les rapports des chemins de fer, et ils verront qu'il n'y a pas raison de s’apitoyer sur le sort des compagnies de chemins de fer, lors même qu'elles auraient ce droit à payer. Le tableau suivant donne un
état comparatif du transport du fret par tonne et des recettes :
nie 1876-77 | 1877-78 | 1878-79 | 1879-80 | 1880-81 | me qe ren | manne mous Nombre de ton. | nes de fret tran- | porté ..... +] 6,869,706 7,883,472| 8,348,810) 9,938,858/12,102,245
$ Rd +
Recettes prove.
nant des voya-
geur ,...., | 6,456,493! 6,386,325 6,459,598| 7,076,340 8,198,274 Recettes prove-
nant du fret... .11,531,264|18,129,191 12,509,691 Li rt Recettes prove-l {
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et messageries.| 744,741 Recettes prove.
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| sources. ......| 217,554] 208,764] 166,448) 102,076 150,257 18,742,052/20,520,077[19,925,066|23,536,639|27,907,719
Ainsi nous avons un total de $1 8,742,052 en 1876- 77, contre $19,925.066 en 1878-70: et lorsque la politique de l'honorable ministre a été changée, . les recettes des chemins de fer dans le pays ont été de $27,907,719, soit une augmentation en 1880-81 sur l'année dans laquelle l'honorable ministre a reçu l'autorisation de se retirer des affaires publiques, d'au moins
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$8,082,453. De sorte que, si les chemins de fer ont à Payer quelques sous de droits par tonne sur le charbon, ils peuvent parfaitement le faire, si l'on considère la position dans laquelle ils se trouvent placés aujourd'hui, grâce à la politique nationale, comparée à celle qu'ils occupaient auparavant,
L'honorable député me permettra peut-être de reporter son attention à l'époque où il a fait son premier exposé financier, Quelles Perspectives nous a-t-il alors fait entrevoir au sujet du chemin de fer Intercolonial ? Il a donné à entendre à la chambre qu'elle pouvait s'attendre à un déficit de $1,250,000 dans l'exploitation de cette voie ferrée. Eh! bien, pendant l'année où son parti abandonna la direction des affaires publiques, le déficit s'éleva à près de $750,000, et, si l'honorable député fût resté assez longtemps au pouvoir, je crois qu'il aurait pu prouver qu'il était un vrai prophète en portant le déficit au chiffre de $1,250,00 qu'il avait annoncé. Nous sommes néanmoins en état d'annoncer aujourd'hui que nous avons augmenté de 42 pour cent le transport du fret, et, au lieu de nous trouver en présence d'un déficit de $z50,000 comme en 1878-70, lorsque la politique suivie par l'honorable député a été changée, nous avons eu une balance, peu considérable il estvrai, mais qui n’en est pas moins une balance, en faveur de l'administration du chemin. L'honorable député dira peut-être que nous avons augmenté le fret de 42 pour cent. Cela est vrai, mais quel résultat cela aurait-il eu s'il était resté au pouvoir? Si le transport d’une tonne de fret eût coûté aussi cher que lorsqu'il était au pouvoir, les déficits auraient augmenté énormément, et l'honorable député aurait pu démontrer triomphalement avec quelle exactitude il avait fait ses estimations, lorsqu'il avait annoncé que le déficit atteindrait $1,250,- 000. De quelque côté que vous tournez les yeux, que voyez-vous ? Vous voyez, comme l'indique le baromêtre des chemins de fer, une énorme augmentation de trafic, de progrès, de prospérité et de confort succédant à la
| pauvreté et à la retrogression, Voilà ce que l'on constate dans tout le pays.
Mon honorable ami le ministre des Finances a eu la grande satisfaction, l’autre soir, de faie de l'état du Canada une peinture bien propre à remplir d'un justé orgueil le cœur de tout Canadien qui aime son pays, Ce tableau n'a cependant pas semblé tout-à-fait produire cet effet sur quelques députés qui ne sont pas à cent milles d'ici. On aurait dit que i'honnrable ministre révélait une des calamités les plus désastreuses qui pût fondre sur le pays, à en juger par la figure allongée de l’ex-ministre des Finances. Personne n'a peut-être jamais souffert plus que lui, en entendant l'honorable ministre des Finances mettre en grand relief, sans toutefois y faire aucune allusion, les résultats heureux de sa politique en opposition à l’insuccès de la politique de l’ex-ministre des Finances. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que, lorsque nous avons adopté notre politique, lorsque la question a été débattue et qu'il s'est agi sérieusement de savoir si nous devrions recourir à la taxe directe ou adopter une politique nationale qui eût pour but de protéger l'industrie canadienne sur le sol canadien ... . L'honorable ex-ministre des finances sourit quand je parle de taxe directe. Oublie-t-il qu'il a luimême admis ici qu'il était au bout de sa chaîne, que toutes ses ressources étaient épuisées, qu'il ne connaissait d'autre moyen d'imposer le peuple appauvri de ce pays que la taxe directe ?
GE VD PEN D VU = Ze
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT. —Non ; je n'ai pas dit cela.
Sir CHARLES TUPPER. L'hon. député oublie que, lorsqu'un grand nombre de personnes du Bas-Canada demandaient avec instance l'adoption d’une politique qui favorisât la culture du tabac canadien, il a répondu à cette demande non en disant qu'elle n'était pas juste, mais en déclarant que cette politique ferait perdre au
revenu $500,000, et qu'il ne voyait pas d'autre moyen de remplacer cette somme que la taxe directe,
Il a fait allusion l'autre soir aux mémoires. I] n'y a rien qu'il ait autant raison de craindre que la mémoire des membres de cette chambre, Ses exposés financiers ont été jetés au rebut, ils y moisirent parce que personne ne tient à faire une lecture aussi peu profitable et aussi malsainc. S'il pouvait seulement effacer le souvenir de ces discours et faire oublier les positions qu'il a prises lorsqu'il €ssayait faiblement de manier ce qu'il était incapable de conduire—les intérêts financiers de ce pays—ce serait en vérité heureux pour-lui, Nous pouvons parfaitement nous rappeler que, lorsque cet honorable Monsieur a présenté son tarif en 1874 et imposé $3,000,000 de taxes additionnelles, et qu'il est revenu deux ans plus tard avec un autre déficit et a demandé l'imposition de $500,000 de nouvelles taxes, il nous à dit qu'il avait atteint la limite de la taxe indirecte, et que s’il trouvait un moyen facile de percevoir une taxe sur les revenus, il serait disposé à l'adopter. Je dis que, lorsque l'honorable chef du gouvérnement est venu à la rescousse, lorsque le peuple luimême est venu à la rescousse et a sauvé le pays des mains incompétentes de l'ex-ministre des Finances et de ses collègues, la taxe directe était à notre seuil ; et si nous n'avons pas à la subir aujourd'hui, c'est parce que ces honorables Messieurs ont perdu la position pour laquelle ils avaient montré leur inaptitude absolue. Mais qu'ont-ils dit lorsque notre politique a été adoptée, lorsque nous les avons forcés d'admettre que nous avions franchement et fidèlement tenu jes promesses au Moyen desquelles nous avions été élus, que nous avions rempli courageusement les engagements que nous avions contractés vis-à-vis du peuple ? L’honorable député suppose-t-il que la mémoire des membres de cette chambre leur a permis d'oublier que, suivant lui,
cette politique ne devait pa= réussir comme tarif de revenu ?
PS ESSAI AE NA AA Ba
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.--C'est ce qui est arrivé.
Sir CHARLES TUPPER.-— L'honorable député oublie-t-il avoir prétendu dans cette chambre que la souffrance du commerce augmenterait d'intensité au lieu. de diminuer? Oublie-t-il que, durant six longs mois, lui et ses partisans, dans cette chambre et ailleurs, ainsi que le (lobe, se sont efforcés de démontrer que la crise augmentait, et que le pays était irrémédiablement ruiné ; et ce n'est qu'après que de toutes parts la preuve du progrès et de la prospérité du pays fût devenue si évidente qu'il n'était plus possible de la nier, que les honorables députés ont rengainé leurs prophéties, et essayé Je découvrir en dehors de la politique nationale quelque cause à laquelle ils pussent attribuer notre grand progrès ? Mais, M. l'Orateur, cette porte ne leur est pas ouverte; ils l'ont fermée eux-mêmes. Ici même, dans cette chambre, lorsyuils discutaient cette grande question de la politique fiscale du Canada, ils ont déclaré que l'adoption de la politique de mon honcrable ami le ministre des Finances ne réussirait pas à accroître le revenu, parce que les articles importés dans ce pays se trouveraient tellement taxés que personne ne pourrait rien importer. Nous avons essayé, dans la mesure de nos faibles forces, de les convaincre qu'ils étaient dans l'erreur. Nous avons tâché de leur démontrer que si nous protégions les intérêts du Canada comme ils devraient l'être, le peu ie pourrait acheter davantage, et que les importations augmenteraient dans la même proportion.
Les honorables députés formulaient d'autres objections. Qu'étaient-elles ? Ils disaient : “Le crédit du pays est ruiné ; votre politique porte aux intérêts impériaux un tel eoup que le marché monétaire du monde vous sera fermé, et que la diminution des revenus vous empéchera davantage de payer la dette publique.” C'étaient là les raisons de l'honorable Monsieur. Où en sommes-
nous aujourd'hui ? Lorsque le ministre des Finances a été en mesure de nous dire de combien le revenu avait augmenté et quel degré inout de prospérité il avait atteint, le député de Huron Centre at-il essayé de prouver que le crédit du Pays avait souffert ? Mais, M. l'Orateur, permettez-moi d'attirer pendant quelques instants l'attention de l'honorable Monsieur sur des chiffres que j'ai sous la main. S'il a quelques doutes sur le crédit du pays, ces chiffres les dissiperont immédiatement et pour toujours, Ge fit-il lorsqu'il fut autorisé à négocier les obligations du Canada sur les marchés monétaires du monde—avant même d'avoir besoin d'argent ? Il se précipita sur le marché monétaire, et, par un procédé dont nous parlerons peut-être plus longuement bientôt, il y plaça les valeurs canadiennes — comme mon honorable ami le ministre des finances, les lança sur le marché public, où la concurrence était libre afin que le Canada pût obtenir leur équivalént ? Non ; il en fixa le prix, l'intérêt, l'échéance : et il fixa le prix beaucoup audessous de celui auquel
ces effets se vendaient en Angleterre, à cette époque,
sur le marché public : et avec quel résultat ? Le résultat
a été tel qu'il devra fermer pour toujours la bouche de
l'honorable député sur la question du crédit du pays.
Quels sont les heureux Possesseu:s des quatre millions
Sterling d'obligations que l'honorable Monsieur est allé chercher de l'autre côté de l'Atlantique en 1874, et qu'il a distribués parmi ses amis.
Sir RICHARD 1 CARTWRIGHT.—Quels amis ?
Sir CHARLES TUPPER.—C'est plus que je ne puis dire. L'honorable député nous a refusé ces renseignements. S'il ne peut être convaincu fpar aucune espèce de preuve, il ne saurait nier le fait que ceux à qui il a donné ces valeurs ont aujourd'hui £600,- 900 sterling de plus qu'ils n'avaient avant de faire sa Connaissance ; que ceux à qui il afdonné pour £4,000,-
000 d'effets publics sont aujourd'hui les heureux possesseurs de $2,920,000 de plus qu'ils ne lui ont payé pour nos valeurs, Je ne m'étonne pas que l'ex-ministre des finances soit très mal à l'aise, mais ce n'est pas tout, Que fit-il en 1876? {1 retourna sur le marché anglais, lorsqu'il n'avait pas besoin d'argent, et vendit ses obligations à un escompte ruineux—4 ou 5 pour cent au-dessous de ce qu'elles rapportaient sur le marché. Les heureux possesseurs de ces obligations qui s'élevaient à la somme de £2,500,000 sterling, ont aujourd’hui $1,825,000 de plus qu'ils n'avaient lorsqu’ils ont acheté ces obligations au prix fixé par 2xministre des finances. Ceci, je crois, dissipera pour toüjours tous les doutes qu'on pourrait entretenir sur le crédit du Canada.
Je ne dis pas que notre position financière actuelle soit due entièrement à mon honorable ami, le ministre des finances ; je fais mes réserves là-dessus. Je ne dis pas qu'elle soit exclusivement le résultat de la politique nationale, parce que, si, à cette époque, nos valeurs avaient eu toutes les chances voulues sur les marchés monétaires du monde, elles n'auraient pas été vendues à ce prix ruineux, quelque satisfaisante qu'ait pu être l'affaire pour ceux avec qui l’ex-ministre des finances a négocié. Mais, M. le président, qu'est-ce que mon honorable ami le Ministre des Finances a été en état de nous montrer ? Il a pu, au lieu de se trouver dans la malheureuse position de son prédécesseur, qui avait accumulé $7,500,000 de déficit en trois ans.........
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT. — Ecoutez !
Ecoutez ! !
Sir CHARLES TUPPER.—Je le répète, M. le président, je dis que si ces honorables ministres n'avaient pas été renvoyés du pouvoir par la grande majorité des électeurs indépendants de ce pays; si l’on n'avait pas enlevé à l'ex-ministre des finances les moyens de con-
tinuer cette politique déraisonnable et absurde, il se serait trouvé, le ter juillet 1879, en présence d'un déficit de $7,500,000, accumulé en trois années. Dans quelle position se trouve l'honorable Ministre des Finances ? Il a la gloire de pouvoir non-seulement constater un progrès remarquable dans la prospérité, le bien-être, le confort et tout ce qu'un pays peut désirer, mais il peut aussi constater, sous l'opération de ce tarif, un surplus de $4,139,000 en 1881: un autre surplus de $4,450,000 en 1882, et il a les meilleures raisons de prédire un surplus de $3,000,000 pour l'exercice de 1883, tout en dégrévant l'impôt de $1,300,000 : il peut donner au pays la meilleure preuve d'habileté que puisse ambitionner un ministre des finances ; au lieu d'un déficit de $7,300,000 accumulé en trois ans, il aura un surplus de $11,5C0,000.
Mais, M. l'Orateur, ces honorables députés n'aiment pas les surplus. Depuis quand ont-ils découvert qu'un surplus était chose si déplorable ? Eux qui n'ont jamais cessé de vanter la position financière de la grande république voisine, prétendent-ils maintenant qu'il est mal d'avoir un surplus, que c'est une mauvaise politique de réduire la dette d’un Pays par centaines de millions ? —l'avant-dernière année la dette des Etats-Unis a été diminuée de $250,000,000,. Cependant, ces messieurs affectent de croire qu’un surplus est une très-mauvaise chose. Eh! M. l'Orateur, ils ont pris le meilleur moyen de convaincre le pays de leur sincérité, ils regardaient un surplus comme la plus grande calamité qui pût fondre sur un pays, et ils ont réussi à montrer l'opposé d’un surplus, à un tel degré que les plus exigeants ont dû être satisfaits. Mais que nous annonce de plus. mon honorable ami? Il nous annonce qu'en dépit des dépenses considérables du service public, le paiement des intérêts à diminué de $90,000 dans le cours de l'année, soit une diminution absoiue de $25,000 dans le service régulier de l'intérêt. L'honorable chef de l'opposition a manifesté beaucoup d'in-
quiétude au sujet de la dette du Canada. Eh bien! il peut remercier Dieu et ne pas désespérer tant que la direction des finances du pays sera entre les mains du ministre actuel des finances, parce que ce dernier a démontré que nous pouvons continuer l'exécution des travaux publics sans augmenter la dette publique ou le fardeau de l'intérêt. Les honorables membres de la gauche se sont beaucoup fatigués, ils ont parcouru le pays en faisant entendre leurs gémissements sur l'énorme augmentation de la dette du pays; mais nous avons pu administrer les affaires publiques en réduisant les dépenses de 23 centins par tête, si on les compare à celles de nos prédécesseurs.
Mais M. l'Orateur, je dis que l’ex-ministre des finances a complètement échoué dans ses efforts pour traiter cette question. Il est vrai qu'il a parlé trois heures, et il a parlé, j'allais dire à des oreilles très mal disposées, mais je ne le dirai pas, vu qu’il n’y avait pas beaucoup d'oreilles ici pour l'écouter. La plupart brillaient par leur absence, et je n’en ai été nullement surpris. Après l'avoir écouté pendant une longue demi-heure, et avoir constaté qu'il brodait toujours sur une vieille histoire qu'il semble avoir apprise par cœur, et qu’il ne peut évidemment chasser desa mémoire, cela m'a rappelé un mot spirituel de Lawrence O'Connor Doyle,dans la législature de la Nouvelle Ecosse. Il y avait un débat animé sur le poisson salé, Ce débât qui tournait à l’acrimonie s’adoucit tout-à-coup, et se continuait sur un ton modéré, lorsque Larry Doyle s’écria : “Nous ferions mieux de revenir à la question, car la saumure est épuisée, et il ne reste plus que des langues et des sons.” Or, pendant la première heure qu'a duré le discours de l’ex-ministre des finances, nous avons goûté les épices, mais quand elles ont été: épuisées, il ne nous est resté que des langues et des sons, et je suis sûr que la chambre s’est sentie soulagée lorsque l’orateur s’est assis,
L'honorabie ministre des finances ne s'est pas borné à faire ce que j'ai raconté ; mais il est en état d’annon-
cer une réduction de $1,000,000 sur les dépenses contrôlables du pays. Les députés de la gauche veulent savoir d'où provient le surplus, et ils disent : “Cela n'at-il pas été payé par le peuple ? ” Je réponds non; $750,000 ont été économisées dans l'administration du chemin de fer Intercolonial, au lieu d’être gaspillées comme vous l'avez fait, et comme vous feriez encore si vous en aviez l’occasion.
L'ex-ministre des finances s’est appesanti sur les dépenses du service des postes. Mais que prouvent ces dépenses ? Elles prouvent que nous avons déboursé plus d'argent pour le service des postes, et que cependant ce service coûte au Canada moins cher que sous l’administration de nos prédécesseurs, parce que, malgré l'énorme développement du service dans le Nord-Ouest, et l’amélioration générale des communications, l'écart entre les revenus provenant de cette source et les dépenses est beaucoup moindre que lorsque la gauche était au pouvoir.
L'honorable ministre des finances a aussi été en état de démontrer que, dès notre arrivée au pouvoir, nous avons pu opérer des économies, et nous en avons donné la mesure en réduisant de $671 par mille les frais d’exploitation de l’Intercolonial, soit en tout une économie d'un demi-million ou de trois quarts de millions de dollars. Il a aussi eu la grande satisfaction d'annoncer qu'en dépit du capital considérable qui a été dépensé, malgré que depuis l'Union jusqu’en 1878-70, la dette eût augmenté de $29 à $34 par tête, cette dette n'a augmenté que d’un dollar par tête depuis que les honorables députés ont perdu le pouvoir, Le ministre des Finances a pu également démontrer que, lorsque le grand chemin de fer du Pacifique Canadien sera complété — et l'on a pourvu à toutes les dépenses — 1a dette du pays—y compris les dépenses des canaux et tout le reste—ne sera que de $203,000,000 : et le surplus—l’argent que le pays est en état de payer, eomme la chose se pratique aux Etats-Unis, pour diminuer
la dette—aura réduit, à cette époque, la dette à $175,000,000.
Sir LEONARD TILLEY.-—-Avec le tonds d’amortissement ?
Sir CHARLES TUPPER.—Oui ; le surplus et le fonds d’amort'ssement l'aura réduite À $175,000,000. Je crois donc que cela va calmer pour beaucoup les inquiétudes du chef de l’opposition au sujet de la dette publique.
L'honorable ministre des Finances a aussi appelé votreattention sur le‘fait.-fait que l'opposition ne contestéra pas—que si nous vendons la moitié des terres riches et fertiles dont nous pouvons disposer au Nord- Ouest à $r l'acre—et les députés de la gauche ne douteront probablement pas de ce calcul—la dette du Canada séra réduite à $100,000,000 ; en d’autres termes, après que l’on aura achevé la grande entreprise nationale, elle sera bien moindre qu'aujourd'hui,
Il nous a démontré que la condition du peuple s'est améliorée à un tel point que, pendant que les députés de la gauche parlent du fardeau qui écrase le pauvre, pendant que l’ex-ministre des finances prétend que la politique fiscale du pays a appauvri davantage le pauvre et que la classe ouvrière a moins de confort, lui le ministre des finances a la preuve que, dans l’espace de trois ans et quatre mois, ces pauvres ouvriers n'ont pas déposé moins de $13,000,000 dans nos banques d'épargne ; on sait que les règlements ferment ces banques aux classes aisées de la société, et excluent certains dépôts que l’on avait coutume de recevoir, Et nonseulement il y a une augmentation de $13,000.000 dans les épargnes, mais l'augmentation des dépôts aux autres banques n'a pas été de moins de $23,000,000, soit une augmentation totale de $ 36,009,000 déposés dans les banques du Canada en trois ans et quatre mois ; et cela est une preuve irréfutable de l'état actuel du pays, en dépit du fait évident pour tout
nor-
membre de cette Chambre que, durant ces trois ans et quatre mois, les capitalistes du Canada ont employé plus d'argent et de capital à l'encouragement, au développement et à la construction de nos manufactures, qu’il n’en a jamais été dépensé dans le même espace de temps.
L'honorable ministre des Finances est, de plus, en état d'allonger la liste des articles admis en franchise ; il est en état de supprimer la taxe sur le thé et le café. Il peut se rendre au désir de nos amis du Bas-Canada, relativement au tabac récolté dans le pays. Il est aussi en état de supprimer l'imposition des timbres sur les billets, qui représentait une somme de $200,000 pat année; et d'accorder aux pêcheurs de ce pays une prime de 150,000 par année. Et nous avons raison de leur donner cette prime. Que font ces pêcheurs ? Ces hardis enfants du travail, M. l'Orateur, ces hommes qui exposent leur vie pour développer les industries du pays, ont créé au Canada un commerce d'exportation d'au moins $6,900,000 par année.
L'ex-ministre des finances a dit que le budget a augmenté. C'est vrai; il a naturellement augmenté, et mon honorable ami a signalé les raisons pour lesquelles il n'a pas augmenté quant aux dépenses contrôlables—car nous avons diminué ces dernières—les autres n'ont augmenté qu’afin de permettre à l'honorable ministre des Knances de remplir fidèlement ses engagements envers le pays
Je crois, M. l'Orateur, que nous avons donné une preuve assez concluante de la bonne position qu'occupe le pays. Je crois que les déclarations de mon honorable ami le Ministre des Finances convaincraient tout homme intelligent que nul pays sous le soleil n’a jamais été en état de se féliciter d'un progrès plus rapide dans une période de même durée, ou n'a été plus heureux et plus prospère que. ne l'est le Canada aujourd'hui. J'ai eu l'occasion de parcourir une plus grande partie du Canada, pendant les six derniers mois, qu'aucun Canadien n'en a
on a
Re nero ticies i Rcpu:g han sien en mn mranianr nn SE
probablement visité dans le même espace de temps. Je me suis rendu jusqu’au littoral du Pacifique, et je suis allé jusqu'à 300 à 400 milles dans l'intérieur de la Colombie Anglaise, revenant par le nord-ouest, les provinces d'Ontario, de Québec et du golfe. J'ai traversé dans toute sa largeur l'Ile du Prince-Edouard, et pour ce qui est de chaque partie du pays que j'ai visité, je puis ajouter mon témoignage à celui que l'honorable Ministre des Fnances a donné d’une manière si concluante, et déclarer qu'il n'y à aujourd'hui, dans aucune partie du monde, un peuple plus uni, plus heureux et plus prospère que le peuple canadien. Voilà, M. l'Orateur, la belle position dans laquelle se trouve mon honorable ami; etila été en état de démontrer que toute cette augmentation s'est effectuée, que tous ces changements dans la politique fiscale du pays ont été accomplis sans que nous fussions exposés à un seul des dangers prédits par l'ex-Ministre des Finances, lorsque cette politique a été proposée.
On disait que cette politique allait être contraire aux intérêts de la Grande-Bretagne. Mais, M. l'Orateur, nous Savons maintenant, par les rapports du commerce, que le résultat, loin d’être celui qu'on avait prédit, en est tout l'opposé. Au lieu d’une politique comme celle qui était en vigueur à cette époque, et qui favorisait hautement nos amis les Américains, alors que nul Canadien ne pouvait entrevoir pour l'avenir l'espoir de sortir de la condition que nous avaient faite les députés qui siégent aujourd’hui à la gauche, savoir celle de scieurs de bois et de porteurs d'eau au service de nos Voisins ; au lieu de voir le commerce du Canada déserter la Grande Bretagne à laquelle nous devons tant, et prendre la route de la République Américaine, pour enrichir ce pays vaste et populeux, le résultat a été ce que mon honorable ami avait prédit qu'il serait, et les rapports du commerce établissent que la moyenne des articles impertés de ja mère-patrie a augmenté, tandis que les
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importations des marchandises américaines ont beaucoup diminué.
Mon honorable ami a pu démontrer non-seulement qu'il en était ainsi, mais de plus que ce changement dans le tarif avait été effectué sans augmenter le prix de tous ces produits et de tous ces articles dont la cherté, allait, disait-on, causer tant de souffrances et de détresse dans tout le pays, si notre politique était adoptée. La concurrence entre nos industries nationales a été telle que nous pouvons établir que jamais les choses nécessaires à la vie et celles qui contribuent au confort et au bonheur du pauvre, ne se sont vendues à meilleur mar-
! ché qu'aujourd'hui, en Canada. Ét l’ex-ministre des Finances n’a pas osé mettre ce fait en doute.
Sir RICHARD CARTWRIGHT.—-Oui, je l'ai mis . 1 en doute,
Sir CHARLES TUPPER.—Non.
Sir RICHARD J. CARTWRIGHT.—-je l'ai nié énergiquement.
Sir CHARLES TUPPER.--L'honorable ex-ministre a simplement dit : “ En supposant qu'il en fût ainsi, il ne s’agit pas de savoir si tous ces articles sont À meilleur marché aujourd'hui qu'en 1878, en Canada, sous l’opération de mon tarif, mais la question est de savoir si nous pouvons les acheter aujourd'hui à meilleur marché en Canada qu'à New-York, ” et s'il en est ainsi, dit-il, “ vous faites tort au pauvre ”. Permettez-moi de dire à l'ex-ministre des Finances qu'il doit être bien à bout de ressources pour critiquer une politique fiscale destinée À encourager et à protèger les industries du Canada, et pour en être rendu à dire que le pauvre souffre, non du fait que mous n'avons pas réduit le prix des marchandises au-dessous du prix de 18 78, sous l'opération de Son tarif, mais parce que les prix ne sont pas aussi bas que dans un pays où le tarif est deux fois aussi élevé
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