CESAR BARONIUS. PROTONOTAIBE DE LA 3AINCTE EGLISE ROMAINE
désire perpétuelle félicité.
OMME ainsi soit ( Père très sainct) que vous soyez proposé d'ensuivre à vôtre possible, la piélé de tous vos prédécesseurs Papes et soigneusement étudié de marcher selon leurs traces : si est-ce toutefois que portant le nom de Clément, et ayant succédé à la doctrine et à la chaire de S. Pierre,
vous avez eu plus à cœur de vous patroner à l'exemple de Clément disciple et successeur de S. Pierre, que de nul autre. Car à fin que, laissant les autres choses, nous touchions seulement ce pourquoy nous avons entrepris ce discours : Comme iceluy, avisant à l'utilité de l'Église catholique , premier institua sept INotaires pour écrire les faits des SS. Martyrs, et laisser à la postérité les autres choses dignes de mémoire et remarquables de l'Église : ainsi vous, poussé d'un désir semblable, m'avez, quoyqu'indigne, et outre mon mérite, coopté parmy les autres excellens personnages de ce premier ordre destinez à tel œuvre. Mais avec quelle affection vous l'avez fait, chacun le sçait. Car c'est la parole de Nôtre Seigneur : ce qui est fait dans la chambre a été annoncé es lieux publics^. Chacun sçait qu'on y alla
• Luc. i 2.
de violence, lors que (selon le dire du prophète* : Arrache hastivement les despouilles ) on est venu contre moy de grande impétuosité. Mais alors quand vous veites que deux ne pouvoient venir à bout d'un seul, vous pensâtes que pour exécuter vôtre desir, il étoit besoin d'y employer la puissance divine, assavoir l'autorité apostolique par laquelle il vous est loisible de contraindre non seulement la terre, mais aussi les cieux. Enfin vous avez vaincu un cœur rebelle, et avez fléchy une cervelle de fer : mais (ie le confesse ) vous ne l'avez point domté en telle sorte , que ie portasse de bon cœur le ioug de l'honneur imposé' sur moy , lequel préque à tout moment ( Dieu le sçait ) i' eusse ' mis jus, s'il m'eust été loisible.
Toutefois en ces difHcultez ce m'a été une consolation, que chacun disoit que V. S.
I Isaie. 8.
par cette action (pourpensée dès long tems auparavant avec un meur jugement ) avoît donné à entendre, qu'elle ne vouloit pas tant approuver celuy qui écrivoit les choses ecclésiastiques, que montrer, par cette insigne dignité à moy conférée , que ce que i'avoy écrit (comme chose élabourée en grosses lettres et authentiques ) elle Tapprouvoit de son seing, et quasi le fortifioit de son seau. Car qui est celuy qui rechercheroit avec si grand' sollicitude , l'œuvre que quelcun auroit à faire, si icelle long tems auparavant luy ayant été présentée par le même, il ne Pavoit receuc agréablement? A l'égard de quoy tout ainsi que ie fay état de vous remercier à mon pouvoir tant que ie vivray : Ainsi entend- ie qu'il me faut avec plus de soin employer à l'œuvre que i'ay entreprise , et tendre tous mes nerfs à la perfection d'icelle.
Or ce pendant que i'etoy de tout ententif à accomplir le deub de la charge à moy commise et me parforçoy de l'exécuter entièrement, voicy tout à propos arriver une fort digne occasion de pouvoir consacrer à Nôtre Seigneur les prémices de mon labeur, par un si noble sujet. C'est assavoir de l'Ambassade honorable de l'Église de Russie au S. Siège apostolic; par laquelle ayant assopi le schisme malheureux , qui depuis long tems avoit tenu tant de peuples divisez de l'Église, heureusement elle a été receuë à la communion de la S^*** Église romaine. A quoy faire i'ay estimé , m' être mieux séant de r'apporter l'histoire fidèlement et selon la vérité, par un style simple et découvert , que par un discours enflé, pompeux et fardé, comme est préque l'ordinaire de tous ceux qui se mêlent d'écrire. Recevez, Père très sainct, d'une allé-
gresse de eœur, cette gerbe non petite provenue de la semence de vos larmes et la consacrés à Dieu, avec action de grâces très ample, attendant que par une seconde semàison vous puissiez moissonner en son temps la conversion des autres peuples septentrionaux. Ce que Dieu doint, par sa grâce. A Dieu.
DB
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